Le cri, roman de Laurent Graff

Publié le par muet_comme_un_carpe_diem

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Pourquoi est-ce que le flux ininterrompu de voitures se réduit subrepticement comme peau de chagrin sur cette autoroute ?
Pourquoi est-ce qu'un employé du péage, un gendarme et un cuisinier du restaurant de l'aire voisine demeurent fidèles à leur poste alors que pratiquement plus personne ne passe par ici ?
Pourquoi est-ce qu'un jeune couple de surfers plante sa tente dans la pelouse située à proximité de ce même poste de péage ?
Pourquoi cette femme sans un sou s'entête-t-elle à prendre l'autoroute tous les jours ?
Pourquoi les voleurs du célèbre tableau Le cri d'Edvar  Munch l'ont-ils abandonné dans le coffre de leur voiture ?

"La vue que [nous] propose le hasard ne varie pas beaucoup, entre l'autoroute dans un sens ou dans l'autre et la barrière de péage. Pourtant [nous avons] l'impression d'être à un point stratégique, à un pivot du monde. Il est des lieux d'apparence anodine, qui touchent secrètement un nerf vital, qui sont en vérité une cote privilégié de la vastitude."

Fable ubuesque absurde qui provoque l'hilarité ou réflexions graves sur la condition humaine ramenée à une sorte d'acouphène lancinant ? Dans Le cri  comme dans Il est des nôtres, Laurent Graff excelle à faire surgir  de la banalité l'inquiétude, l'étrangeté, le mystère. Une écriture tendue comme un fil du rasoir prêt à trancher dans le vif du réel que vous teniez pourtant à l'oeil.


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F
Drôle d’observatoire que celui d’une cabine de péage d’autoroute. C’est
pourtant de là que, sans réel ennui ni sentiment de solitude, le
narrateur voit changer et se raréfier le monde, et ce depuis qu’un
bruit étrange et indéfini a commencé à se faire entendre.Bonne journéeAmitiés, Flo
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M


Avec ce copié-collé de critique-livres, tu mets le doigt sur un des vecteurs de l'étrangeté de ce récit. Beaucoup d'entre nous à la place de l'employé du péage se sentiraient effectivement
submergés par l'ennui et la solitude mais lui se contente d'observer les changements inéluctables sans angoisse véritable face à ce qui ressemble a minima à une crise voire à une fin du
monde.
Bonne journée à toi aussi



V
Graff ça me dit quelque chose , je vais voir ce qu'il à écrit d'autre , bonne journée Christophe .
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M


J'ai d'ores et déjà chroniqué un autre livre de lui les jours derniers. Il faudra que je fasse également un commentaire de Jours heureux le plus déstabilisant des trois que j'ai lus.
Bonne journée à toi aussi



L
Je me le note.
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M


Un livre qui effectivement est susceptible de t'intéresser !