
Si vous en avez assez des princesses sirupeuses qui entre deux leçons de maintien et deux cours de chants attendent à la fenêtre du château la venue de leur prince charmant, la lecture de la Petite princesse nulle de Nadja va vous combler d'aise.
Après avoir en 1990 illustré Barbe-rose de Grégoire Solotareff où l'on découvrait comment le malicieux et astucieux frère de Barbe-bleue s'opposa à sa cruauté et devint polygame, Nadja a commis en 2006, et cette fois seule, un nouveau pastiche de conte.
Les parents de cette princesse hors-norme se désespèrent car leur fille unique n'a décidemment rien pour elle. Sa beauté laisse à désirer, ses aptitudes intellectuelles sont limitées et ses talents culinaires sont pour le moins douteux. Dans ces conditions la marier s'avère très vite être une gageure et les princes qui se présentent renoncent tous. Tous sauf un, qui, lui, la trouvera à son goût et ne semblera pas rebuté par ce manque apparent d'atout.
Tout simplement car là où les autres voyaient des défauts ou des manques, il ne voit, quant à lui, que des qualités et des richesses.
L'amour n'est pas aveugle semble nous dire Nadja. Au contraire, il est clairvoyant puisqu'il permet à chacun de trouver la personne qui lui convient.

A l'inverse, la Princesse Finemouche de Babette Cole s'ingénie à fournir à ses prétendants des épreuves inaccessibles pour qu'ils ne viennent pas briser sa chère quiétude au milieu de ses animaux. De quoi saper à la base le mythe du Prince charmant devant lequel se pâmerait toutes ces demoiselles et de son absolu nécessité pour l'épanouissement d'une femme.

La princesse coquette de Christine Naumann-Villemin a bien du mal à accepter de porter les vêtements chauds mais si peu seyants que lui impose sa mère mais elle découvre que pour crapahuter dans la neige avec son amie, ils sont bien utiles. Ce qui lui permet de découvrir qu'elle peut aspirer à autre chose que d'être belle.

A l'heure où la mixité scolaire est remise en cause il est urgentissime de faire lire ces albums sans oublier le magistral Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ? de Thierry Lenain et Delphine Durand pour se rappeler s'il en était besoin qu'il n'y a pas d'un côté les avec-zizi et de l'autre les sans-zizi mais bien plutôt les avec-zizi et les avec-zézette et qu'il ne faut pas enfermer les filles dans un modèle stéréotypé !
Certain(e)s avaient avancé, y compris dans les milieux féministes, que la mixité était préjuciable aux filles mais attention à ce que cet argument ne serve pas de prétexte à quelques politiciens pour faire revenir la société tout entière quelques décennies en arrière et compromettre justement des droits acquis de haute lutte par les femmes.
par christophe fétat publié dans : Chronique de littérature de jeunesse

En dernière instance, pour ma part,
j'ai envie de renvoyer dos à dos les animaux gris et le rhinocéros de toutes les couleurs dans un débat dialectique car à tout prendre qu'est-ce qui est le mieux ? Un monde où tout le
monde est de la même couleur pour gommer les différences et éviter les conflits comme dans l'album l











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