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Vendredi 2 mai 2008
L'image “http://www.parents.fr/var/parents/storage/images/les-essentiels/loisirs/biblio-enfants/trouver-un-livre/18-mois-a-3-ans/la-petite-princesse-nulle/137192-1-fre-FR/la_petite_princesse_nulle_L179_H255.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.


Si vous en avez assez des princesses sirupeuses qui  entre deux leçons de maintien et deux cours de chants attendent à la fenêtre du château la venue de leur prince charmant, la lecture de la Petite princesse nulle de Nadja va vous combler d'aise.

Après avoir en 1990 illustré Barbe-rose de Grégoire Solotareff où l'on découvrait comment le malicieux et astucieux frère de Barbe-bleue s'opposa à sa cruauté et devint polygame, Nadja a commis en 2006, et cette fois seule, un nouveau pastiche de conte.

Les parents de cette princesse hors-norme se désespèrent car leur fille unique n'a décidemment rien pour elle. Sa beauté laisse à désirer, ses aptitudes intellectuelles sont limitées et ses talents culinaires sont pour le moins douteux. Dans ces conditions la marier s'avère très vite être une gageure et les princes qui se présentent renoncent tous. Tous sauf un, qui, lui, la trouvera à son goût et ne semblera pas rebuté par ce manque apparent d'atout.

Tout simplement car là où les autres voyaient des défauts ou des manques, il ne voit, quant à lui, que des qualités et des richesses.

L'amour n'est pas aveugle semble nous dire Nadja. Au contraire, il est clairvoyant puisqu'il permet à chacun de trouver la personne qui lui convient.

http://www.lab-elle.org/uploads/images/lab_couvertures/LaPrincesseFinemouche.png

A l'inverse, la Princesse Finemouche de Babette Cole s'ingénie à fournir à ses prétendants des épreuves inaccessibles pour qu'ils ne viennent pas briser sa chère quiétude au milieu de ses animaux. De quoi saper à la base le mythe du Prince charmant devant lequel se pâmerait toutes ces demoiselles et de son absolu nécessité pour l'épanouissement d'une femme.



La princesse coquette de Christine Naumann-Villemin a bien du mal à accepter de porter les vêtements chauds mais si peu seyants que lui impose sa mère mais elle découvre que pour crapahuter dans la neige avec son amie, ils sont bien utiles. Ce qui lui permet de découvrir qu'elle peut aspirer à autre chose que d'être belle.

http://www.t-cap.com/blog/images/mademoiselleZazie.jpg

A l'heure où la mixité scolaire est remise en cause il est urgentissime de faire lire ces albums sans oublier le magistral Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ? de Thierry Lenain et Delphine Durand pour se rappeler s'il en était besoin qu'il n'y a pas d'un côté les avec-zizi et de l'autre les sans-zizi mais bien plutôt les avec-zizi et les avec-zézette et qu'il ne faut pas enfermer les filles dans un modèle stéréotypé !

Certain(e)s avaient avancé, y compris dans les milieux féministes, que la mixité était préjuciable aux filles mais attention à ce que cet argument ne serve pas de prétexte à quelques politiciens pour faire revenir la société tout entière quelques décennies en arrière et compromettre justement des droits acquis de haute lutte par les femmes.
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par christophe fétat publié dans : Chronique de littérature de jeunesse

Samedi 29 mars 2008
http://ecx.images-amazon.com/images/I/51BGQK91WVL._AA240_.jpgDe prime abord , le rhinocéros décrit par  Jorge Zentner et Sergio Mora n'apparaît pas très sympathique en dépit de sa peau multicolore qui tranche sur le gris monochrome et monotone de tous les autres animaux. En effet,  il refuse catégoriquement de donner  quelques touches de ses couleurs aux animaux qui  viennent le lui demander pour réhausser leur pelage, leur plumage ou leurs écailles. Qui plus est,  il  le fait d'une  manière  condescendante et  blessante.

Néanmoins ce rhinocéros intrigue car en dépit de cette peau  chamarrée et chatoyante que tout le monde semble lui envier, il est perpétuellement malheureux. Ce qui semble un comble pour tous ces animaux  qui  sont  réduits  à accepter leur grisaille  à cause de son  avarice.

Kipling supputait dans l'un de ses contes que pour se venger d'un rhinocéros qui avait mangé son gâteau, un Parsi avait volé la peau du voleur pendant qu'il était parti se baigner. Il y incrusta une multitude de miettes  sèches et rêches ainsi que des groseilles brûlées.  Ce qui  valut  au rhinocéros d'être  toujours de méchante  humeur tant cela  le gratte depuis.

Mais dans le  rêve  du rhinocéros  si l'animal est malheureux c'est parce qu'il n'a pas d'ami. La nuit portant conseil comme on dit, il réalise durant son sommeil qu'il serait bien plus heureux s'il partageait ses couleurs pour répandre le bonheur autour de lui quitte à devenir gris. La fable paraît jolie, mais on peut s'interroger un peu plus longtemps sur l'interprétation que l'on peut en donner.


Rhinoc--ros-de-D--rer.pngEn dernière instance, pour ma part, j'ai envie de renvoyer dos à dos les animaux gris et le rhinocéros de toutes les couleurs dans un débat dialectique car à tout prendre  qu'est-ce qui est le mieux ?  Un monde où tout le monde est de la même couleur  pour gommer les différences et éviter les conflits comme dans l'album  le nuage bleu de Tomi Ungerer ou un  monde où les couleurs jaillissent  pour  en finir  avec le gris comme dans le Magicien des couleurs d'Arnold Lobel ?


Les amateurs de théâtre, quant à eux, repenseront à l'acte final de la pièce de Ionesco portant le nom de cet animal imposant où Béranger envie lui aussi la couleur et la robustesse du rhinocéros mais décide néanmoins d'assumer son humanité telle qu'elle est et se refuse à céder aux sirènes du conditionnement qui gagne ses compagnons.

Contrairement aux autres personnages de Rhinocéros, Béranger n'a pas été atteint par la rhinocérite qui transforme les humains en ces mastodontes à cornes qui symbolisent pour Eugène Ionesco le totalitarisme.

" Malheur à celui qui veut garder son originalité !
Eh, bien tant pis ! Je me défendrai contre tout le monde ! [ ....]
Contre tout le monde, je me défendrai !
Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu'au bout !
Je ne capitule pas !
".

http://www.bedetheque.com/thb_couv/NuageBleuLe.jpghttp://lacatapulte.viabloga.com/images/lemagiciendescouleurs.jpghttp://etoiledemer.canalblog.com/images/t-rhinoceros.jpg

Pour lire un article sur le rhinocéros dans l'art de Dürer à Dali cliquez ICI

Pour lire une histoire d'hippopotame qui n'en est pas un cliquez ICI

Pour lire un article sur le chien dans la littérature cliquez ICI
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par christophe fétat publié dans : Chronique de littérature de jeunesse

Jeudi 8 novembre 2007


Pour éviter que l'on en vienne à vivre des matins bruns tels que ceux que nous décrit Franck Pavloff on peut lire aux enfants cet album de Tomi Ungerer.

Nuage bleu est l'histoire d'un nuage plutôt mafflu et carrément rebelle qui refuse de pleuvoir et d'une façon générale de se conformer aux us et coutumes de ses pairs. Il préfère voguer au gré du vent tout en bleuissant tout ce qu'il touche.

Néanmoins en survolant le monde il est ému par les guerres fratricides auxquelles se livrent les hommes parce qu'ils ne sont pas de la même couleur de peau. Aussi pour éteindre les incendies et mettre un terme aux carnages, il décide de se sacrifier. Il se vide de sa substance pour répandre une pluie bleue sur les hommes qui les rendra tous bleus. La vie en bleue ramène la paix.

Les cyniques pourraient rappeler la blague de Coluche sur l'apartheid où un chauffeur de bus irrité des disputes entre passagers noirs et passagers blancs,  tempête que désormais ils sont tous bleus pour rajouter ensuite que les bleus clairs doivent s'installer devant et les bleus foncés derrière.

Il va sans dire mais cela va mieux en le disant :  les choses ne changeront pas par le cynisme mais par la solidarité et les mouvements sociaux.

Cela devient de plus en plus urgent dans un pays qui se targue de 18000 expulsions de Sans papiers cette année et qui prévoit d'atteindre l'objectif de 25000 expulsions avant la fin de l'année.

POur lire une chronique sur un autre album autour de la couleur cliquez ICI
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par christophe fétat publié dans : Chronique de littérature de jeunesse

Lundi 13 août 2007




"Auprès de mon arbre je vivais heureux, je n'aurais jamais du m'éloigner de mon arbre" chantait Georges Brassens. Shel Silverstein a écrit au début des années 60 une fable qui pourrait bien être l'histoire de cet arbre.

Après quelques années idylliques où un jeune garçon prend plaisir à jouer dans ses branches, il le voit s'éloigner de lui de plus en plus au fur et à mesure qu'il vieillit ne revenant auprès de lui que par intérêt.

Sans regimber,et même avec joie et bonheur, l'arbre lui offre successivement en dépit de l'ingratitude de l'enfant qui n'en est plus un  son écorce pour qu'il y immortalise ses premiers amours, ses fruits pour qu'il puisse les vendre, ses branches pour qu'il puisse construire sa maison, son tronc pour y creuser un bateau et finalement sa souche pour qu'il puisse se reposer.

On peut s'interroger sur ce don de soi poussé à l'extrême qui ne réclame aucune reconnaissance. Est-ce une parabole christique, une mise en garde sur les conséquences de l'absence de respect de la nature, un rappel de la condition humaine, un avatar du syndrôme du pélican, une mise en garde contre ceux qui ne savent que prendre et qui vampirisent les autres sans soucis des états d'âmes des autres ?

Libre aux lecteurs de cette fable d'y voir ce qu'ils veulent mais une histoire philosophique qui prendra racine en vous pour longtemps.

Dans un commentaire Zolurne signale à juste titre qu'une autre chanson de Brassens, Le grand chêne,  pourrait être rapprochée de cette fable : cf les paroles à l'adresse suivante : http://www.paroles.net/chansons/15462.htm
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par christophe fétat publié dans : Chronique de littérature de jeunesse

Dimanche 11 mars 2007

 

 

L'an dernier mon plus grand coup de cœur en littérature de jeunesse avait été Le Géranium sur la fenêtre vient de mourir mais toi, maîtresse, tu ne t’en es pas aperçue, aux éditions Harlin Quist qui s'interrogeait sur la place de l'élève à l'école (attention il existe deux éditions de cet album dont la deuxième fait plus la part plus belle hélas au politiquement correct). En 2007, l’album de littérature de jeunesse qui m’a le plus touché pour l'instant est Ulysse au pays des fous de Marjane Satrapi & Jean-Pierre Duffour aux éditions Nathan qui est comme le titre l’indique, à mi chemin entre Alice au pays des merveilles et le sonnet de Du Bellay à l’heureux Ulysse qui après avoir fait un long voyage a le mal du pays.

 Il n'est sans doute pas un hasard que celle qui a écrit Persépolis , l'une des BD les plus importantes  des dernières annés, soit à l'origine de ce texte. En effet, les amis d’Ulysse ont tous un comportement pour le moins étrange qui va à l’encontre du bon sens. Renonçant à comprendre quelle mouche les a piqué pour avoir de telles araignées au plafond, Ulysse préfère prendre la poudre d’escampette et aller à la recherche d’individus à l’esprit plus saint

 Mais durant son périple, il va de surprise en surprise et découvre que le grain de folie de son village natal n’est rien en comparaison de l’épi qui pousse chez bien d’autres. Dans un premier village tout est percé, dans le second plutôt que de se pencher pour rentrer par une porte trop basse on envisage de démolir aussi bien la porte que le mur, dans un troisième les reliefs du terrain mettent à plat les habitants, et enfin l'absurde est à son comble dans le château où la coutume veut que l’on s’enferme chaque soir pour  se sentir libre le lendemain matin.

 Finalement Zoé qui se pavane avec ses chaussettes dans les oreilles et sa jupe sur la tête lui semble moins folle et Ulysse finira par rentrer !

S’il fallait donner une morale à cette jolie fable, on pourrait dire qu’il faut toujours se désaltérer à l’altérité pour mieux se connaître.

Pour en savoir plus sur Marjane Satrapi http://legenepietlargousier.over-blog.com/article-4349951.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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par christophe fétat publié dans : Chronique de littérature de jeunesse

Dimanche 18 février 2007

Papon est mort. Je ne vais pas m'en réjouir car son décès ne ramenera ni les Juifs de Bordeaux déportés à cause de sa collaboration avec l'occupant nazi ni les manifestants algériens d'octobre 1961 tués sous son ordre à Charonne lorsqu'il était préfet de police.

Je me contenterai d'espérer que personne n'oubliera cette part sombre de l'histoire française et que de plus en plus de personnes porteront les valeurs de solidarité et d'entraide de ces milliers d'anonymes qui ont resisté notamment en cachant des enfants juifs.

Pour que vos propres enfants comprennent les tenants et les aboutissants de cette période trouble vous pouvez les inviter à lire La balafre de Jean-Claude Mourlevat qui est l'un des auteurs de littérature de jeunesse les plus intéressants que je connaisse.

Dans ce livre, on suit Olivier qui a treize ans doit suivre bon gré mal gré ses parents qui emménagent à La Goupil , un trou perdu. Il enrage d'avoir dû quitter ses copains du collège mais très vite il a d'autres chats à fouetter ou plus exactement il a le chien de la maison voisine à éviter. Le problème c'est que la maison est abandonnée depuis des lustres. Ce chien s'avèrera être un fantôme qui cherche à faire comprendre ce qui s'est passé pour une petite Juive durant l'occupation.

Les grands-parents de Mourlevat ont eux-mêmes caché une petite Juive à la campagne, quand je vous dis que c'est quelqu'un de bien.

www.jcmourlevat.com

pour une courte chronologie du procès Papon : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article168

pour en savoir plus sur les événements du 17 octobre 1961: http://17octobre1961.free.fr/pages/Histoire.htm

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par christophe fétat publié dans : Chronique de littérature de jeunesse

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