La grammaire que j'appelle souvent la grand-mère est une vieille dame vénérable qui force le respect. Mais le respect à trop être forcé finit par être ennuyeux aussi pensant qu'il y a du bon sens
dans l'adage qui proclame que qui aime bien chatie bien, nombreux sont les auteurs qui connaissant parfaitement leurs régles ont pris un malin plaisir à montrer qu'elles avaient du jeu et qu'il
était possible de rendre sa pratique plus rébarbative que sa théorie dans un langage plus ou moins châtié mais à coup sûr chatoyant
Néanmoins pour pouvoir détourner les règles il faut dans un premier temps les assimiler aussi je préconise de les revoir à l'aide de la Grammaire française et
impertinente de Jean-Louis Fournier qui définit son ouvrage comme "l'ensemble des règles à suivre pour dire et écrire correctement des bêtises, des
grossièretés et quelques horreurs... Une grammaire qui donne peut-être le mauvais exemple mais toujours la bonne règle."
Effectivement les exemples flirtent avec l'absurde, l'ironie, la culture partagée, le politiquement incorrect à la limite du mauvais goût pour illustrer des règles parfois arides et étancher notre
soif d'humour. Ils flirtent mais ne filtrent pas aussi ne vous étonnez pas d'y trouver tout et n'importe quoi du plus que subtil à la scatologie de potâche. Les exemples ne sont pas tous excellents
loin s'en faut mais vous trouverez quelques perles qui vous feront à minima sourire et vous communiqueront l'envie d'en écrire à votre tour.
Je vous livre un petit florilège :
Pour illustrer la notion de sujet : Le gai laboureur est incommodé par les pets incessants de son percheron. Qui est incommodé par les pets incessants du percheron ? Le gai laboureur parce qu'il
est juste derrière et il a le nez à hauteur du cul de la bête donc le gai laboureur est bien le sujet.
Pour illustrer l'accord en nombre des noms qui se terminent en ou : Le Pape a fait des papouiles aux petits Papous.
Pour distinguer l'attribut de l'épithète : Le condamné à mort est morose, il n'a pas reçu de voeux pour l'année nouvelle.
Pour ce qui est des verbes qui ont des formes inusitées, Jean-Louis Fournier est de sage conseil puisque plutôt que de tomber sur les difficultés du verbe choir les élèves se voient recommandés
l'usage du verbe "se casser la gueule" de sens équivalent.
Le plus-que-parfait : Pendant sa vie, il avait beaucoup ciré les pompes, il en avait gardé les mains sales.
Les pronoms relatifs : les ouvriers sidérurgistes qui font grève ont un moral d'acier.
L'adverbe : les aveugles profitent de leur infirmité pour jouer fréquemment à colin-maillard.
La conjonction : Au bal costumé, les moutons, les brebis et les agneaux mettent des loups.
Pour la subordonnée conjonctive : Depuis qu'il a des hémorroïdes, le paon refuse de faire la roue.
Jean-Louis Fournier dans la lignée de Yak Rivais, de l'Oulipo ou des animateurs de sites ou de blogs indiqués dans la rubrique des liens (fous à lier) ci-contre à gauche détourne sa langue
sept fois dans sa bouche avant de parler de grammaire !
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