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Vendredi 16 février 2007

Pour de multiples raisons diverses et peut-être avariées, je ne vais pas souvent au théatre et encore moins dans les scènes nationales. Exception qui confirme la règle, je suis ce soir allé  voir la création de Julien Bouffier Remenber The Misfits à la Rose des vents. Je suis encore médusé par la débauche de moyens du dispositif scénique. Des projections sur grand écran de courts métrages se mêlent à des scènes fimées en direct par les acteurs eux-mêmes au moyen d'un caméscope autour d'un décor de maison de poupée et à une interview d'une comédienne que l'on sent déstabilisée qui vient d'interpréter le rôle de Marylin Monroe par une caméra fixe. Tantôt l'écran laisse entrevoir les comédiens présents sur scène, tantôt les acteurs se placent devant l'écran qui donne à voir ou non. Jeux de faux semblants où la fiction se place parfois dans l'évocation du souvenir intime dont il faudrait se méfier,  parfois dans l'univers de l'imaginaire du cinéma. Un metteur en scène devise du rapport entre théâtre et cinéma, le même metteur en scène haut des quelques mètres de l'écran dialogue avec les acteurs  sur scène. Tout cela finit avec des écrans miniatures de formes géométriques suspendus à la façon d'un mobile de Calder qui dansent avec un des comédiens, une pluie qui vient tremper ou rafraîchir le couple selon comment on a envie de percevoir la scène. Rajoutons à cela quelques phrases qui restent suspendues en l'air au sens propre puisque projetées sur écran et la surprise de voir une comédienne enceinte jusqu'aux yeux et il y aurait matière à trouver que ce spectacle était des plus interessants et pourtant je reste sur ma faim car avec autant de moyen on serait en droit de se dire qu'il y avait mieux à faire ou plus précisément que l'auteur pouvait développer, renforcer ces effets de mise en abîme autour du rapport entre la réalité et la fiction comme par exemple cette scène où la fille de la comédienne préfère parler à la projection sur écran de sa mère plutôt que de s'adresser à elle directement. Des associations avec l'invention de Morel  de Bioy Casaeres ou Le château des Carpathes  de Jules Verne se forment et me laissent à penser que ce thème avait été mieux abordé par ces oeuvres littéraires que par le spectacle de ce soir. Mais bon la critique est aisée et l'art est difficile ! Au moins Julien Bouffier cherche à rendre le spectacle vivant.

http://www.larosedesvents-scenenationale.com/index.php?idStarter=11075

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par christophe fétat publié dans : Chronique de pièce de théâtre
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