Falaises, roman d'Olivier Adam

Publié le par muet_comme_un_carpe_diem

http://www.buzz-litteraire.com/images/falaises-olivier-adam.jpghttp://www.decitre.fr/gi/04/9782020631204FS.gifFaut-il comparer le romancier à l'artisan perfectionniste qui cent fois remet son ouvrage sur le métier pour peaufiner sa création au risque d'être perpétuellement insatisfait ?

Faut-il comparer le romancier au laboureur qui creuse son sillon toujours plus profondément dans l'espoir d'une meilleure récolte quitte à ébrécher la lame de sa charrue sur les pierres du terrain ?

Faut-il comparer le romancier au meurtrier qui ne peut que céder à l'envie irrépressible de revenir sur le lieu de son crime tout en sachant que cela pourrait causer sa perte ?

Faut-il comparer le romancier à la victime qui pour surmonter un traumatisme devra bon gré mal gré affronter des images obsédantes à la manière de Sysiphe poussant son rocher ?

http://francois.faurant.free.fr/livres_b_citee/a_l_ouest.jpgToujours est-il qu'au fur et à mesure que l'on découvre l'oeuvre d'un auteur on ne peut ignorer la récurrence de certains thèmes d'un texte à l'autre.

Comme le faisait remarquer une lectrice sur le site des rats de bibliothèque, Olivier Adam développe dans Falaises des situations d'ores et déjà abordées dans ses romans pour la littérature de jeunesse : la perte d'un ami au sein du groupe (La messe anniversaire), Lorette l'adolescente mal dans sa peau (On ira voir la mer), et la maman dépressive qui part seule la nuit caresser les arbres (Sous la pluie).

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/6/2/5/9782266168526.jpgOn pourrait ajouter à cette liste le rapport conflictuel au père qui pousse un frère à prendre la tangente et la complicité fraternelle quasi incestueuse qui avaient d'ores et déjà évoqués dans Je vais bien ne t'en fais pas, l'invitation à se pencher sur la vie des Sans-papiers qui sera le thème principal dans A l'abri de rien, l'anorexie comme façon de s'effacer du monde décrite dans A l'ouest, la scène de bagarre durant un enterrement comme dans Poids léger, l'alcoolisme qui rampe dans le recueil de nouvelles Passer l'hiver.

http://www.rue89.com/files/u1836/20070825olivieradamcouv.jpg
Mais cette liste de topos n'aurait aucun intérêt si elle n'était pas au service d'un leitmotiv constant chez Olivier Adam : derrière les failles qui tendent aux abîmes de ses personnages se profile une aptitude à rencontrer l'autre, à le comprendre, à l'accompagner sans chercher à se substituer à lui, à préserver du vent glacial du cynisme ces braises fragiles de tendresse qui maintiennent en vie en dépit des vagues à l'âme qui viennent se fracasser sur les falaises du désespoir.



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R
Amitiés d’un petit poète qui s’enquiert de toute lumière…et vous convie au partage des émotions…
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