Pour les rolistes quadragénaires qui ont passé quantité de nuits blanches à jouer des personnages de solos ou de techies dans de frénétiques parties de Cyberpunk bien avant que la trilogie Matrix
ne déchaînent les passions, le monde futuriste de Greg Egan sera un bain de jouvence.
Les implants éléctroniques associés aux drogues en tout genre et à la chirurgie permettent à tout un chacun d'apprendre instantanément une langue étrangère, de maîtriser la caméra occulaire
directement reliée au cerveau (cf l'excellent roman
L'enigme de l'univers disponible en livre de poche) et diverses interfaces de navigation sur la toile du village global, mais également
d'améliorer considérablement les performances physiques à l'aide de messages biochimiques en mesure d'anihiler toutes sensations de fatigue (cf le roman
Isolation lui aussi disponible en
poche).

Une fois "réveillé" l'implant est placé dans une narine comme si c'était une prise de tabac. Les nanomachines qui le composent se frayent ensuite par elles-mêmes un chemin jusqu'aux connections
neuronales idoines.
Jusqu'ici, me direz-vous, rien de très nouveau sous le soleil de la science fiction mais dans la nouvelle éponyme du recueil
Axiomatique, Greg Egan prédit également que les
implants électroniques et les nouvelles drogues seront d'abord plebiscités pour leurs applications hallucinogènes et érotiques et pire encore dans le coaching psychologique à dimension plus ou
moins religieuse.
Le romancier australien apporte une dimension supplémentaire pour questionner le lecteur sur ce qui fonde l'humain au-delà de toutes ces prothèses électroniques ou biochimiques en employant un
procédé qui rappelle en creux le thème de la nouvelle d'Isaac Asimov "
L'homme bicentenaire" ou le
film
Je suis un cyborg de Park Chan-Wook

Un implant peut-il contribuer à aider quelqu'un à faire son deuil en levant tout ou partie de ses interdits moraux et/ou éthiques ?
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