Pygmalion de Paul Delvaux de 1939
Depuis le mythe de
Pygmalion qui avait donné vie à sa scuplture, bon nombre d'auteurs se sont emparés du thème de l'oeuvre d'art
qui s'anime. Pour n'en citer que quelques-uns
La Vénus d'Ille de Mérimée,
Omphale de Théophile Gautier,
Le géant égoïste d'Oscar Wilde,
Le roi et
l'oiseau de Jacques Prévert,
L'extraordinaire tableau de Félix Clousseau de Jon Agee.




Par contre, je connaissais peu d'écrivains de science fiction qui se soient essayés à décliner dans leur genre littéraire cette oeuvre d'art qui prend vie. Juliette Canche, un des personnages
de
Bref rapport sur une très fugitive beauté de Jérôme Leroy, a créé une
simulation en trois dimensions de trois tableaux du peintre surréaliste Paul Delvaux.(
L'Aube sur la ville,
La Vénus endormie et
La ville rouge) où le spectateur peut
"
se promener, caresser les personnages, parler avec eux, éprouver la fraîcheur du marbre et la richesse des étoffes".

La Vénus endormie,
Paul Delvaux 1944
Avec la nouvelle
La caresse comprise dans le recueil
Axiomatique Greg Egan va
plus loin en imaginant qu'un esthète est tellement passionné par une oeuvre qu'il n'a de cesse de lui donner corps. Non seulement il va imiter le Docteur Moreau d'H.G. Wells en donnant vie par
manipulation génétique à une femme léopard identique à celle peinte par Fernand Khnopff en 1986 mais il va pousser le zèle jusqu'à s'efforcer de rétablir tout le contexte du tableau fut-ce au prix
d'une longue et minutieuse préparation qui le contraindra à transférer sa mémoire dans un clone pour mener à terme son projet. "
C'est le réseau des relations entre les sujets d'une part, et
entre les sujets et les décors d'autre part qui consiste le défi de la génération à venir".

Les caresses ou le sphinx de Fernand Khnopff 1896
Une monomanie qui plus est quelque peu en marge de la légalité puisqu'il n'hésitera pas à enlever un homme et à modifier son apparence pour qu'il ressemble à l'homme qui colle sa joue contre celle
de la sphinx.
La tentation de l'impossible de René Magritte, 1928
Retour à la page d'accueil
Commentaires