Rien n'est grave puisque tout est aigu.
Les journaux télévisés ne cessent de montrer les déboires des usagers dans la panade. Ce service public est vital
pour la population et c'est bien pour cela qu'il faut en maintenir la qualité et refuser qu'il soit livré aux spéculateurs tranche par
tranche.
Ce train de mesures sur les régimes spéciaux en cache bien d'autres, ne soyons pas dupes ! Cette réforme est un cheval de Troie pour aller encore plus loin ensuite pour le régime
général.
Par contre le gouvernement se garde bien de réformer en profondeur le régime spécial des parlementaires qui est des plus avantageux lorsque l'on voit à combien se monte la retraite d'un
député (pour vous faire une idée consultez le site de Rue89 ou du figaro entre autres) qui a exercé un seul mandat de cinq ans. Bien des
cheminots qui ont côtisé 37,5 ans aimeraient pouvoir toucher une retraite similaire !
Tandis que les cadeaux fiscaux pleuvent pour les plus riches on ne cesse de demander aux plus pauvres de se serrer la ceinture. L'objectif à terme de cette droite décomplexée est de tendre
vers le modèle américain avec les risques que l'on sait au vu de la crise immobilière en vigueur aux Etats unis et autres scandales liés aux fonds de pension.
J'ai reçu récemment un communiqué d'usagers qui
soutiennent le mouvement des cheminots. Je pense qu'il est intéressant de le diffuser pour contribuer à contrecarrer la propagande
gouvernementale.
Grève des cheminots :
Qui nous prend en otage ?
« Pas un jour sans qu'il y ait des retards ou des suppressions de trains ! »
Vrai !
98% des retards et des suppressions de trains correspondent à des problèmes techniques induits par les économies effectuées sur l'entretien et la surveillance des trains et du réseau ferré
(2% seulement sont dus aux grèves !).
De plus, quand il y a panne ou retard, les informations passent mal depuis l'automatisation de l'accueil et des guichets.
Le désengagement de l'Etat par décentralisation aux régions, avant-goût de la privatisation pur et simple de la SNCF, annonce un désastre digne de celui qui fait, depuis sa privatisation, la
réputation du chemin de fer britannique.
Dans ce contexte, les cheminots sont très souvent les premières cibles de la colère légitime des usagers, pendant que les vrais responsables (l'Etat et la direction de la SNCF), saboteurs de
ce service public fondamental, organisent la propagande médiatique anti-cheminot, et s'enrichissent à nos dépends des non-remboursements de plus en plus fréquents des billets pour cause de
retard…
« Les cheminots sont des privilégiés ! »
Faux ! Le régime spécial a été créé en 1909 pour tenir compte des
contraintes du métier de cheminot : spécificité des tâches, obligations de sécurité, continuité du service public. Nous ne sommes plus au temps de la vapeur, mais ces contraintes existent
toujours.
120 000 cheminots ont des horaires atypiques ou décalés (de nuit, les weekends end et jours fériés), des conditions de travail qui n'ont rien à voir avec les « privilèges ». En
échange de la possibilité de partir à 55 ou 50 ans, les cheminots touchent de plus petites retraites que les autres salariés à qualification égale.
62 % des pensionnés de la SNCF touchent moins de 1500 euros brut par mois. Or on leur demande maintenant de travailler plus longtemps et de toucher moins encore : L'introduction de la
décote va se traduire par une baisse des retraites de près de 30 %.
Chacun peut donc comprendre la légitimité de leur colère et de leur volonté de défense. Il faut défendre l'égalité et l'équité entre régimes de retraites, mais par le haut, pas par le bas.
Les salariés qui ont des métiers difficiles, pénibles ou dangereux doivent pouvoir partir à 55 ans.
En 1995, on a parlé de grève par procuration. Aujourd'hui le
gouvernement prévoit une nouvelle attaque du système de retraite pour tous les salariés, public et privé, après les municipales de 2008 : entre autres, tous les salariés passeront à 41
puis 42 ans de cotisations.
Il y a aujourd'hui une communauté d'intérêts entre ceux qui défendent les régimes spéciaux et ceux qui refusent une nouvelle remise en cause du régime général… Nous sommes tous concernés, et
c'est maintenant qu'il faut être solidaires !
L'ex-numéro 2 du MEDEF l'annonce clairement ( Challenges, 4 octobre 2007) : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance, un compromis entre gaullistes et communistes.
Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie ».
Quand tous les acquis sociaux auront été alignés par le bas, le gouvernement et le MEDEF n'auront plus qu'à qualifier de « privilèges » nos retraites et nos congés
payés !
Novembre 2007
Collectif Lillois d'Usagers Solidaires des Cheminots en lutte
usagers.solidaires@gmail.com
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