


Si vous cherchiez une apologie de la famille dans la littérature inutile de la rechercher dans les nouvelles de Maud Tabachnik contenues dans le recueil Home, Sweet Home.
A moins d'imaginer comme certains l'avaient fait à propos des chants de Maldoror qu'il faille faire une lecture en creux pour trouver la vision réelle de la romancière, les différentes situations familiales qu'elle évoque donnent des frissons de déplaisirs tant elles sont glaçantes.
Un froid qui réveille des douleurs universelles qui viennent contredire les images d'Epinal sur la famille chaleureuse et aimante.
Un homme qui s'interroge sur ses enfants et leur impact sur sa vie de couple, qui se fait du mauvais sang, cela peut paraître banal mais avec Maud Tabachnik cela vire au drame brutal en moins de cinq pages.
Comment une grossesse désirée peut-elle virer au cauchemar et briser les rêves d'une jeune femme alors que son mari est aimant et courtois et que les membres de sa belle famille rivalisent de gentillesse à son égard ?
Face à une actualité de plus en plus alarmante où des menaces d'attaques nucléaires et chimiques planent, il devient clair pour une famille jusqu'ici trés unie qu'il va falloir quitter le pays le plus rapidement possible. Mais ce projet de départ va cristalliser toutes les crispations larvées comme si cette décision de franchir la frontière leur faisait passer un rubicon sous-jacent.
Tout le recueil est ainsi, ça grince, ça dérange que l'histoire se place au sein d'une famille de la grande bourgeoisie européenne ou dans la brousse africaine.
Une façon de dire que dans la famille il y a toujours une faille.

Si vous avez surmonté la nausée que ces récits vous infligeront lisez ensuite Un été pourri pour connaître son opinion sur les rapports hommes-femmes et plongez-vous dans Le festin de l'araignée pour avoir une idée de ce que Maud Tabachnik pense d'une certaine forme d'éducation dans l'Amérique profonde.
par christophe fétat publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles













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