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Mardi 23 octobre 2007




Tous ceux qui ont  vécu  leur adolescence dans les années 80  en écoutant à en user le saphir de leur pick-up les vynils de Trisomie  21, Bérurier noir , Ludwig von 88 entre deux morceaux d'Hubert Félix Thiéfaine vont trouver dans le film This is england - dont le titre est d'ailleurs emprunté à un morceau de Clash - l'occasion de se replonger dans leurs souvenirs.

Aujourd'hui comme hier il n'y a a pas foule qui sache que le mouvement skinhead ne se limitait pas et ne se limite toujours pas aux nervis de l'extrême droite européenne qui ont multipliés les exactions racistes et pas seulement en marge des défilés du 1er mai du Front national.

Selon l'article de Wikipédia consacré à ce film   "Shane Meadows ayant appartenu à une bande de skinheads au début des années 1980. Le cinéaste anglais a expliqué qu'il avait voulu faire un film sur cette culture parce que les longs-métrages antérieurement réalisés sur le même sujet, Romper Stomper et American History X n'en montraient que « l'aspect négatif », et omettaient « la vraie culture skinhead, qui est née de l'amour pour la musique reggae".

Sur l'article consacré à This is England sur le site de Rue 89 , les skinheads marxistes  ou anarchistes, Redskins, Sharps et autres Rashs,  n'ont de cesse de clamer leurs différences avec les Boneheads fascistes et racistes et de rappeller les racines du mouvement proche des rudeboys jamaïcains. En effet, en dehors des apolitiques qui naviguent d'un camp à l'autre au gré des opportunités de fêtes, les Redskins militent dans les milieux antifascistes et autonomes ou s'impliquent dans les syndicats révolutionnaires.

Les Boneheads sont apparus plus tard tout en s'inspirant des mêmes codes vestimentaires  bombers, docs marteens coquées, chemisettes Fred Perry, bretelles ce qui rend pour le simple quidam non initié la distinction entre les uns et les autres on ne peut plus difficile.

En Angleterre, le mouvement est à l'origine prolétaire, passionné de foot, de reggae et de ska. Le crâne rasé avait dans les premiers temps du mouvement pour vocation d'éviter aux skinheads d'être attrapés par les cheveux par la police montée anglaise.

Comme dans le film La chute de  Bernd Eichinger qui s'attache à montrer l'entourage d'Hitler dans les dernières semaines avant sa mort, on peut s'interroger sur le risque indéniable de banalisation que représente la mise au second plan des exactions commises pour donner à voir les personnages sous un jour quasiment sympathique. Une banalisation dangereuse à une période où Eva Herman, ancienne présentatrice allemande n'a pas hésité à regretter la politique familiale nazie et à mettre en avant que le réseau autoroutier d'Outre-Rhin avait été voulu par Hitler. Ce qui  a donné lieu à des sondages qui donneraient à entendre que plus de 20% de la population allemande tomberait d'acccord avec l'idée que tout ne serait pas mauvais dans le national socialisme.

Il convient d'être vigilant contre toute véilleité d'instrumentalisation de l'histoire de la lecture de la lettre de Guy Mocquet demandée par Sarkozy à la tentative de mettre en avant de prétendus aspects positifs du colonialisme réclamée entre autres par Christian Vanneste, député du Nord, réélu depuis.

Pour autant, le film a ceci d'intéressant qu'il montre comment dans un climat économique et social tendu tel qu'il l'était durant la période tatchérienne, une jeunesse qui cherche ses marques essaie de trouver dans la marge des repères qu'elle ne trouve plus ailleurs.

Si la mère de Shaun s'inquiète de le voir rentrer tard, rechigne à lui acheter les docs marteens qu'il lui réclame avec insistance ou s'indigne de la boule à zéro que lui ont faite ses nouveaux copains, elle comprend vite que si son fils a rejoint la bande de Woody c'est avant tout parce que ce groupe est le seul à l'accepter, à lui prêter attention, à  lui donner  l'occasion de rire, de  construire des liens sociaux aussi contestables soient-ils. Le père du jeune garçon étant mort durant le conflit des Malouines, elle est elle-même mal en point et délègue à ce groupe de jeunes skinheads la prise en charge de Shaun y compris jusqu'à des heures très tardives.

Le retour de prison de Combo va obliger le groupe à prendre position face à ses déclarations racistes et sa proximité avec le National Front. Mais le réalisateur Shane Meadows a choisi de montrer Combo sous un jour psychologisant qui a tendance à le dédouaner  tandis que l'attitude de Woody se limite à l'évitement du conflit. Au final, ils ne seraient tous que des paumés.

Si le contexte de chômage, de guerre des Malouines est mise en avant pour légitimer les errements de ces skinheads avec une critique à peine voilée du nationalisme d'Etat, il manque une condamnation claire et nette de ce glissement des relations entre jeunes marginaux en quête d'amour et de sens vers des exactions racistes inacceptables qui vont du pillage au meurtre. Il manque une mise en lumière du fait que dans le même contexte des jeunes ont choisi non pas de s'en prendre aux Pakistanais désignés comme des boucs émissaires de la crise mais de construire des solidarités, de s'impliquer dans les luttes sociales qui ont fait rage.

Récemment une amie me disait à propos de mon article sur Matin brun de Franck Pavloff  que "la jeunesse n'est pas une excuse". Des jeunes allemands tels que Sophie Scholl et son frère se sont opposés au nazisme.

A lire sur ce film l'article intéressant de liens socio, le portail francophone des sciences sociales.
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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Lundi 15 octobre 2007

Couverture du livre Matin brun de Franck Pavloff aux Editions Cheyne.

Matin brun
de Franck Pavloff fait partie de ces textes qui vous hantent. Moins de dix pages qui suffisent à l'auteur pour montrer combien la liberté est fragile et combien il faut être vigilant si l'on veut la préserver.

Une fable où le conseil insistant du pouvoir de posséder de préférence un chien brun devient rapidement un ordre avant de devenir une menace.

"Résister davantage, mais comment ? ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non ?"

A une époque où les préfets ont des quotas d'expulsions de sans-papiers à tenir, où l'ADN est débattu à l'assemblée, où il est urgent de faire rimer grève avec rêve, relire ce texte qui date de 1998 mais qui n'a pas pris une ride est nécessaire.

Si l'on préfère on peut aussi écouter des comédiens de la compagnie des Farfadets l'interpréter à la médiathèque A. Malraux de Tourcoing le 26 octobre à 17h (gratuit)

Le texte intégral est disponible sur le site de l'humanité : http://www.humanite.fr/2002-07-27_Cultures_-Matin-brun-Franck-Pavloff

Pour découvrir sur ce blog d'autres textes de littérature qui mettent le chien en avant pour servir une réflexion consulter http://muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com/article-14933770.html

NB : expressions comportant le mot chien

- avoir du chien
- un chien de fusil
- dormir en chien de fusil
- un temps à ne pas mettre un chien dehors
- ne pas être chien avec quelqu'un
- réserver un chien de sa chienne à quelqu'un
- chien perdu sans collier
- chien policier
- chien d'aveugle
- chien gâleux
- chien pelé
- chien d'arrêt
- chien de chasse
- chien meilleur ami de l'homme
- chien méchant
- chien errant
- chien de berger
- chien de traineau
- qui veut tuer, noyer son chien l'accuse de la rage
- chien enragé
- chien de garde
- chien de race
- chien-loup
- meute, harde de chiens
- chien d'appartement
- chien de manchon (petit chien que l'on peut placer dans un manchon)
- pâtée pour chien
- museler un chien
- Combien pour le petit chien dans la vitrine ? (chanson)
- pedigree d'un chien
- les chiens aboient, la caravane passe
- se regarder en chiens de faïence
- recevoir quelqu'un comme un chien dans un jeu de quilles
- les chiens ne font pas des chats
- cela n'est pas fait pour les chiens
- le chien-chien à sa mémère
- ne pas attacher son chioen avec des saucisses
- entre chien et loup
- un chien regarde bien un évêque
- avoir, éprouver un mal de chien
- métier, travail de chien
- chienne de vie
- humeur, caractère de chien
- nom d'un chien
- traiter quelqu'un comme un chien
- ah les chiens !
- quelle bande de chien !
- tuer quelqu'un comme un chien
- le chien du jeu de tarot
- chiendent
- chien-assis (lucarne en charpente pour éclairer un comble)

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par christophe fétat publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Samedi 6 octobre 2007
"Quand on a plus l'immunité de la jeunesse, mais pas encore l'excuse de l'âge... Quand on se retrouve, comme l'adolescent le cul entre deux chaises... Quand un début de fatigue commence à éliminer ce qu'il subsiste d'envie."  



Grâce aux relations de l'un d'entre eux, cinq  amis se retrouvent  quelques jours dans une superbe propriété en passe d'être vendue à un Anglais.  L'objectif prétendu de cette escapade à la campagne est d'attendre  l'arrivée de l'éclipse mais à y regarder de plus près, il s'agit de bien autre chose.

Dominique, Isabelle, Jean-Pierre, Héléna et Hubert  vont profiter de ce séjour pour faire le point sur leur vie respective et réfléchir aux avantages et aux limites de l'amitié.

Jean-Pierre, âgé de trente-neuf ans, aime sa femme Claire et ses deux filles mais pourtant  chatte depuis deux ans avec Jan qui a tout juste la vingtaine et le piercing à l'arcade.  A l'occasion de  cette virée, il  impose sa présence  à  ses potes de toujours et leur demande de couvrir bon gré mal gré son infidélité. Ce qui, on s'en doute,  n'est pas sans susciter quelques grincements de dents tout en renforçant paradoxalement dans le même temps leur complicité  du fait de cette clandestinité partagée.

Jean-Pierre oscille entre la détermination de donner corps à ses envies et le désir de retourner dans le giron de son couple légitime avant de franchir le Rubicon avec la jeune femme qu'il voit en fait pour la première fois. Comme tant d'autres, il se demande si dans une vie de couple " on a une quantité de choses à vivre" et s'il est "possible que tout ça se tarisse comme une source asséchée, un fil déroulé", que l'on soit "usés l'un de l'autre".

Le démon de minuit n'a pas de prise sur Dominique mais pour autant sa vie n'en est pas plus simple car il trompe sa femme avec Héléna  une de ses meilleures amies et n'a rien trouvé de mieux pour se rabibocher avec elle que d'inviter sa maîtresse à cette excursion "amicale" alors qu'Isabelle s'efforçait de tourner tant bien que mal la page pour que son couple perdure.

Hubert assiste à ce charivari amoureux comme un biaffré condamné à observer de loin un festin auquel il n'aurait pas été invité. Fleur bleue, fan des classiques ringards des années 70, Il va permettre au grand dam de ses amis de faire rimer ce huis clos avec Cloclo et Adamo. Hubert qui est un homosexuel désireux de trouver l'âme soeur sur les sites de rencontre, se demande ce qu'il fout là jusqu'à ce qu'il découvre le cyber-café-restaurant-bazar de Marcel.

Qu'est-ce que l'amour, qu'est-ce que l'amitié, quel sens donner à l'existence ? Des questions éculées et qui pourtant n'en ont pas fini de torturer ces personnages hauts en couleurs et en douleurs. Fort heureusement, Ils n'en oublient pas de rire, de picoler, de jouer entre deux engueulades ou coups de blues car c'est ainsi que va la vie clopin clopant, cahin-caha à hue et à dia. Chacun fait comme il peut voilà tout...

Comme vous et moi, non ?

Avec des dessins en nuances de gris comme pour dire que rien n'est manichéen et des dialogues tantôt d'une banalité à faire peur tant ils évoquent notre quotidien tantôt d'une profondeur quasi philosophiques, Fane et Jim réussissent là une merveille à partager entre amis !
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par christophe fétat publié dans : Chronique de bande dessinée

Samedi 6 octobre 2007
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Pour ceux et celles qui veulent en savoir plus au quotidien sur la lutte des Sans papiers  de la métropole lilloise vous pourrez désormais consulter le blog du CSP 59.

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Dans les derniers articles publiés un compte-rendu du concert de soutien du 30 septembre 2007 qui a réuni plusieurs milliers de personnes (voir les photos de Philippe Revelli), un témoignage de Miloud l'un des grévistes de la faim de cet été qui a été expulsé vers le Maroc, la déclaration de plusieurs associations, organisations et syndicats lillois sur cette lutte.
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par christophe fétat publié dans : Lire l'actualité

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