Profil

  • : christophe fétat
  • muet-comme-un-carpe-diem
  • : Homme
  • : 21/08/1969
  • : France Nord Lille
  • : Célibataire
  • : cinéma Littérature curieux culture actualité
  • : Qui je suis ? Je ne suis ni la mode ni le guide pas plus que je ne suis la trace ou le mouvement. Je préfère être.

Présentation

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Combien ?

<img src="http://perso0.free.fr/cgi-bin/wwwcount.cgi?df=[muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com].dat&ft=2&st=1&dd=ainv">

Jeudi 30 août 2007
A l'abri de rien, d'Olivier Adam



















L'oeuvre d'Olivier Adam est  jalonnée de ces Bras cassés sur lesquels la vie s'acharne encore et encore et qui pourtant continuent à avancer vaille que vaille, foutu pour foutu,quitte à instiller dans leur vie cette poésie dont le quotiden semble manquer si cruellement.

L'héroïne de A l'abri de rien vient de perdre son emploi de caissière car elle a envoyé paître un client qui comme tant d'autres passait ses nerfs sur elle et qui avait tout du petit chef vicieux qui pourrit la vie de tout le monde. Du coup, la voilà confinée entre les quatre murs de cette maison de lotissement où elle vient d'emmenager avec son mari Stéphane et leurs deux enfants Lucas et Lise.

Marie et Stéphane s'aiment mais c'était planqué sous la graisse du quotidien et des emmerdes, une couche comme on en a tous. Marie lui est redevable de l'avoir ramassée à la petite cuiller lorsque sa soeur Clara est morte dans un accident de voiture avec un groupe d'amis mais elle n'en peut plus de cette vie où tout n'est qu'uniformité, où les yeux sont vides, les gestes absents, où ceux qu'elle croise ont l'air tout comme elle d'ailleurs de robots, de créatures déshumanisées à force d'encaisser, de faire face aux fins de mois difficiles et aux soucis en tout genre sans espoir que cela puisse changer ne serait-ce qu'un peu.

Elle s'essaie de s'accrocher à la façon de cette mère dans La petite chartreuse  de Pierre Péju qui chaque jour parcourt un peu plus de kilomètres en voiture en attendant l'heure d'aller chercher sa fille à l'école. Comme elle un jour elle finit par ne pas y aller.

Pourquoi ? Parce qu'en découvrant le centre d'aide qui distribue des repas chauds aux Sans Papiers qui attendent de trouver le moyen de passer en Angleterre, elle a fini par donner un coup de main. Elle y a retrouvé Jallal qui l'avait aidé à changer sa roue sous une pluie battante et qu'elle n'avait pas su remercier parce que comme tout le monde elle avait peur de ces hommes qui luttent contre le froid et errent autour de la ville entre deux rafles et passages à tabac, entre deux bagarres.

Peu à peu, elle délaisse son foyer, ses enfants et son ami pour passer de plus en plus de temps avec Jallal, Drago, Béchir et les autres. Entre deux souvenirs de sa jeunesse insouciante avant la mort de Clara où elle passait son temps à danser, à boire et à se frotter aux jeunes Anglais venus faire la fête sur le littoral français, Marie s'investit de plus en plus aux côtés de Josy et d'Isabelle.

Des distributions devant la mairie, elle en vient à suivre les démarches de demande d'asile, à aider Isabelle qui accueille illégalement mais on ne peut plus humainement quelques Kosovars chez elle tous les soirs pour qu'ils puissent prendre une douche, faire une partie de cartes, danser, rire, boire un peu d'alcool en dépit des interdits religieux, dormir au chaud et oublier un peu leurs infortunes.

Alors forcément cet engagement finit par avoir de plus en plus de répercussions sur son couple, ses enfants, sa vie sociale. Le quartier la montre du doigt, les camarades de son fils aîné qui trouvaient déjà que Lucas était trop couvé par sa mère et ne se privaient pas de lui faire sentir, se déchaînent littéralement lorsqu'elle vient en aide aux réfugiés. Son mari risque de perdre lui aussi son emploi car il commence à péter un plomb devant l'attitude de sa femme.

Marie est-elle comme tous ces gens qui viennent faire un don au centre d'aide plus pour qu'on leur dise qu'ils sont formidables que par réelle solidarité ? Qu'est-ce qui la lie aussi fortement à ce militantisme dont elle ignorait tout hier ? Jusqu'où ira t-elle ? Finira-t-elle par rentrer dans le rang ?

Olivier Adam est passé maître pour mettre à ciel ouvert les failles des individus et de notre société. Ses phrases qui oublient les virgules comme on oublie de respirer sont comme la pluie, elles griffent mais c'est salutaire.


Pour lire la chronique sur le téléfilm tiré de ce roman : http://muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com/article-13864570.html
ajouter un commentaire commentaires (13)   
par christophe fétat publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Mardi 28 août 2007
http://www.indigenes-republique.org/IMG/cache-146x99/arton704-146x99.jpg

Mercredi 29 aout à partir de 14h sur la place de la République à Lille des groupes locaux s'engagent auprès des sans papiers lillois grévistes de la faim (musique latino, hip hop, slam, capoeira, etc.)

A 18h manifestation et à 20h Concert du groupe Ministère des affaires populaires groupe de Rap, Hip hop musette (si si ça existe et c'est très festif !) dont vous trouverez plusieurs vidéos sur daily motion dont la suivante

http://www.dailymotion.com/relevance/search/minist%C3%A8re+affaires+populaire/video/x1puby_balle-populaire_music


ajouter un commentaire commentaires (6)   
par christophe fétat publié dans : Lire l'actualité

Samedi 25 août 2007

SANSPAPIER.jpgdessin extrait du blog http://fils2prof.over-blog.com/

Les Sans papiers lillois sont en lutte depuis onze ans maintenant. Je copie ci-dessous un des derniers communiqués de leur comité qui appelait à la commémoration du 11ème anniversaire du coup de hache de Saint Bernard à Paris ce samedi 25 aout 2007 ainsi que le 70ème jour de grève de la faim pour des dizaines de Sans papiers lillois. La manifestation lilloise a réuni un millier de personnes et fut on ne peut plus festive !

Pour en savoir plus au jour le jour lisez le site indymédia de Lille



Comité des Sans Papiers 59 (CSP59), 42 rue Bernos- Lille- 59800- tél : 06.80.57.50.61- fax : 03.20.74.16.68 - e-mail : csp59 MBe wanadoo.fr -

SAMEDI 25 AOUT 07, 70éme JOUR DE LA GREVE DE LA FAIM,

11éme ANNIVERSAIRE DU COUP DE HACHE DE SAINT BERNARD,

PLACE DE LA REPUBLIQUE A LILLE,

JEUNE DE SOLIDARITE D’EX-SANS PAPIERS A PARTIR DE 6H ET MANIFESTATION REGIONALE A 15H !

Le Président SARKOZY a décidé la mise à mort des grévistes de la faim en déclarant à l’Ambassadeur de Guinée : « si les Guinéens ne changent pas d’attitude, il n’ y aura plus de visas, officiels ou non et même si les grévistes meurent, il n’ y aura aucune régularisation massive, ni visa » ( source : courrier référencé SFA N°/AGPAR/07 en date du 14/08/07 du Chargé d’Affaires de l’Ambassade de Guinée Conakry à Paris adressé à « son excellence Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Guinées de l’Etranger »). Incroyable, mais vrai, un Président de la République française fait du chantage à un Etat souverain d’Afrique menaçant de pousser à la mort ses ressortissants grévistes de la faim.

La gravité et l’énormité du crime d’Etat annoncé par le Président SARKOZY lui même est un scandale indigne du GRAND PEUPLE FRANÇAIS. Chaque jour qui passe avec son lot d’acharnements répressifs du Président de la République et du Préfet contre les grévistes de la faim à plus de 60 jours jetés à la rue, le rapport alarmant fait hier au 65éme jour par le médecin BELGE, qui en a examiné une vingtaine à terre devant les hôpitaux de Roubaix et Tourcoing, le signal d’alerte « d’un mort possible sous les couvertures » du médecin urgentiste du CHR, R. G., dans le journal Libération, la complicité des « serpents » associatifs collabos, kapos, harkis («  Parce que des hommes y vivent », « Safia », « Voix de nanas », « Aida »,« Emmaüs » et le Président Régional de la « Cimade »), lesquels après un rejet net des grévistes de la faim continuent de les harceler en leur « prenant la tête » permettant au Préfet de faire durer leur calvaire en détruisant leur corps et progressivement leur vie, l’envoi auprès des grévistes de la faim de voyous provocateurs saouls qui cherchent bagarre avec les soutiens et les sans papiers pour donner un prétexte «  légal » à une intervention policière, ces nervis au service d’un Etat, d’une Préfecture, prêts au pire, insultent aussi les portes parole du CSP59, font courir des rumeurs pour tenter en vain de discréditer la lutte sociale, citoyenne, démocratique, anti-raciste et antifasciste des sans papiers, etc. On assiste présentement à la mise en application du slogan « avec SARKOZY, tout est possible », c’est à dire le pire, l’horreur, la monstruosité de l’assassinat programmé de grévistes de la faim sur l’autel des désirs cannibales de l’extrême droite fasciste.


L’humanité entière, le peuple français, les peuples des pays qui subissent l’émigration forcée, notamment la Guinée, l’Algérie, le Maroc, la Côte d’ivoire, pays d’où sont originaires les grévistes de la faim, sont informés de la décision énorme de mise à mort des grévistes de la faim sans papiers dont l’unique « tort » est d’avoir refusé la clandestinité imposée par l’Etat français au profit de patrons négriers du travail dissimulé.

Nous ex-sans papiers, nous soutiens, nous citoyens parrains et marraines appelons le peuple français à mettre fin à ce scandale insupportable que le Président SARKOZY, démocratiquement élu, et le Préfet CANEPA commettent au NOM de la France.



Le Président SARKOZY a déclaré vouloir « rendre à la France, tout ce qu’elle lui a donné », mais où et quand a t-il appris de la France qu’un Président de la République du pays berceau des droits de l’homme peut t-il décider la mise à mort de sans papiers grévistes de la faim parce qu’ils sont tout simplement étrangers ? A qui peut-il faire croire une telle horreur, une telle folie ?

Les prétendus « documents de circulation » que les associations traîtres ont concoctés avec le Préfet CANEPA pour duper les sans papiers à plus de 60 jours de grève de la faim obéissent à la logique mensongère qui fait des sans papiers, de l’immigration des « profiteurs de la Sécu, du RMI, de l’assistanat social ». Les associations serpents, parasites et mouchards, le Préfet CANEPA et le Président SARKOZY doivent savoir que nous sans papiers ne cherchons qu’UN SEUL ET UNIQUE DROIT  : celui de travailler dans la légalité et la dignité.






















C’est pour cela que nos camarades sont en grève de la faim et supportent dans la dignité toutes les exactions honteuses que vous leur faites subir.

C’est pour cela que notre volonté de vivre et travailler avec des papiers qui nous confèrent le droit à l’existence légale est et sera toujours plus forte que votre barbarie répressive.

C’est pour cela que le peuple français par son adhésion REPUBLICAINE à la devise «  LIBERTE, FRANTERNITE, EGALITE » et au principe selon lequel « les hommes naissent libres et égaux en droit et en dignité » est avec nous contre votre ignorance dangereuse de la différence entre valeurs de la République et abjections racistes de l’extrême droite.

Fait à Lille le 19/08/07

ajouter un commentaire commentaires (6)   
par christophe fétat publié dans : Lire l'actualité

Mercredi 22 août 2007
Acide sulfurique

 














Reliquat de snobisme ou refus de me soumettre aux diktats du buzz commercial des médias qui ont élevé au statut d'icône la romancière de L'hygiène de l'assassin , toujours est-il que j'ai longtemps boudé les romans d'Amélie Nothomb.  Néanmoins, je viens d'achever la lecture d'Acide sulfurique et j'ai apprécié d'y trouver une réflexion qui à défaut d'être exhaustive est nourrie sur la téléréalité et ses implications.

Il y a quelques années le Loft faisait une arrivée fracassante sur le paysage audiovisuel français et suscitait des débats houleux mais aujourd'hui les émissions de ce type ont fait florès et bien peu semblent s'en formaliser. Pire elles sont même devenues le mode de recrutement privilégié des animateurs ou des stars de demain, ce qui accélère la crétinisation progressive d'une télévision que certains n'hésitent plus à qualifier de poubelle. Comme si une résignation galopante avait saisi les téléspectateurs français à l'instar de cet électorat qui peine à imaginer que l'on puisse concevoir une société qui refuse le capitalisme qu'il vote à gauche ou à droite d'ailleurs.

Acide sulfurique propose un sorte de huis clos autour des plateaux de l'émission Concentration. Flattant le téléphage dans ce qu'il a de plus sordide, les promoteurs de ce rendez-vous télévisuel ignoble ont choisi de filmer au jour le jour des personnes retenues arbitairement dans un camp et les sévices quotidiens que leur assènent des kapos recrutés pour leur adéquation avec ce projet dément.

Tout comme dans Mygale de Thierry Jonquet ou dans L'obsédé de John Fowles on assiste à la déshumanisation progressive des individus privés de leur liberté. Elle commence par la suppression des prénoms remplacés comme dans le film THX 1138 de Georges Lucas par des matricules et se prolonge dans l'abandon de toutes veillités de résistance sous les coups répétés de la schlague et l'exécution quotidienne de deux prisonniers désignés par les kapos.

Lorsque Pannonique à la beautée si éloignée des canons en vigueur démontre son refus de se soumettre en refusant de parler à la Kapo Zdena et à ses comparses et en vouvoyant les autres prisonniers pour restaurer l'estime de soi et de l'autre, elle suscite un élan de sympathie dans le public et dans le camp. Afin d'obtenir quelques plaques de chocolat pour son unité puis de sauver l'une des détenues, la jeune étudiante en paléontogie va retrouver peu à peu le pouvoir des mots.

Mais son statut d'égérie ne sera pas sans retour de bâton car ses prises de parole devant la caméra pour interpeller les spectateurs sur l'inhumanité de Concentration alimentent sans qu'elle s'en rende compte l'intérêt pour l'émission ce qui réjouit les producteurs qui constatent avec joie la montée de l'audimat. Amélie Nothomb restitue très bien l'hypocrisie et la tartufferie de la presse comme des particuliers devant la téléréalité et isole bon nombre des termes de la dialectique entre la fascination et l'horreur suscitée par ce spectacle d'une rare violence qui permet aux tenants du système de le faire perdurer et aux téléspectateurs d'en oublier le poids.

Lorsque les organisateurs décident que cela sera désormais le public qui désignera les deux victimes du jour et non plus les kapos afin de relancer l'audience, la tension au sein du camp n'en sera que plus forte et il faudra à Pannonique savoir tourner sa langue sept fois dans sa bouche pour savoir comment persuader Zdena visiblement attirée par elle d'organiser une évasion. Ce qui sera d'autant moins facile que les autres prisonniers font pression sur elle pour qu'elle lui cède et qu'elle a fait l'amer expérience des limites du pouvoir de la parole.

La conclusion du livre m'a laissé quelques peu perplexe car si elle remet fortement en cause la téléréalité et questionne au travers elle bon nombre de tendances lourdes de l'humain Amélie Nothomb raisonne apparemment avec un maintien du statu quo politique actuel.

Pour autant Acide sulfurique présente à mes yeux avec des films comme Truman Show une manière efficace de réfléchir au pouvoir de l'image sur les foules.

ajouter un commentaire commentaires (11)   
par christophe fétat publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Dimanche 19 août 2007
Choke de Chuck Palahniuk est à mon sens un ovni littéraire. Je n'avais jamais  lu quelque chose de semblable. Après le film You kill me où un tueur à gage d'un gang polonais de Buffalo cotoie les alcooliques anonymes pour essayer de retrouver la possibiilité de descendre autre chose que des bouteilles, lire le récit de Victor Mancini fait considérer que finalement l'assassin professionnel était plutôt sain de corps et d'esprit en comparaison. Raconter ce livre tient de la gageure et c'est la force de l'écriture de Palahniuk de donner une cohérence à ce qui pourrait paraître de prime abord un flirt permanent avec la folie et le non sens - et pour cause - grâce à une écriture qui sait passer de la liste au récit selon les besoins de l'histoire.

En effet, Victor suit au sein voire aux seins des sexooliques anonymes une thérapie pour venir à bout de ses comportements sexuels compulsifs. Mais cette lutte contre cette addiction interlope n'est finalement qu'un problème parmi d'autres puisque dans le même temps où il s'efforce de noter toutes ses expériences passées pour mettre à jour ce qui est à la source de sa maladie, il va devoir trouver de quoi financer l'hospitalisation de sa mère qui n'a plus toute sa tête et s'avère incapable de reconnaître son propre fils.

Son salaire  de figurant dans le musée vivant de la colonie de Dunsboro où il interprète le rôle d'un serviteur irlandais sous contrat au 18ème siècle en charge du poulailler n'étant pas suffisant élevé pour s'acquitter des factures astronomiques de la résidence St Anthony où est soignée sa mère, Victor arrondit ses fins de mois à l'aide d'un stratagème à couper le souffle si je puis dire.

S'appuyant sur le désir de tout un chacun  de donner un sens à sa vie,  de devenir un héros, Victor Mancini feint de s'ettouffer dans un restaurant différent tous les soirs ou presque. Ses "sauveurs" après lui avoir appliqué la technique de Heimlich ne savent pas s'empêcher dans la majorité des cas de continuer à prendre des nouvelles de celui à qui ils pensent avoir éviter l'asphyxie et n'hésitent pas le plus souvent à lui délivrer lorsque Victor leur demande un chèque substantiel pour faire face à de prétendus soucis passagers. Ils le font d'autant plus facilement que cela entretient à leurs yeux l'illusion qu'ils sont utiles, importants.

Parallèlement, il lui faut également accompagner les solutions complètement farfelues que son meilleur ami Denny met successivement en branle  pour résister aux tentations répétées de la veuve poignet : se mettre en infraction systématique avec le réglement du musée vivant qui interdit tout anachronisme afin de se retrouver quotidiennement au pilori puis lorsqu'il en aura été licencié, accumuler dans la maison de Victor les pierres qu'il transporte emmaillotées dans une couverture rose pour les faire passer pour des nourrissons. Cette frénésie à entreposer les pierres qui fait ressembler la maison à la partie basse d'un sablier finira par s'arrêter lorsque Denny en vient à marcher dans les pas du facteur cheval pour transporter ses pierres dans un terrain vague et y bâtir ce qui pourrait "être n'importe quoi".

Ceci tout en endossant successivement tous les rôles que veulent lui attribuer sa mère et les femmes qui sont internées avec elle afin de soulager leurs délires. Cette attitude quasi christique de Victor est systématiquement  contrebalancée  par de nouvelles aventures sexuelles avec des femmes tout aussi barrées que lui où il lui tient à coeur de n'éprouver aucun sentiment sauf peut-être avec l'étrange doctoresse Paige Marschall. Certaines scènes sont à se tordre de rire ou de consternation.

Pour corser le tout le voilà qui plus est atteint d'une occlusion intestinale contractée dans des conditions aussi folles que le reste de sa vie.

Si quelques pages de ce roman inclassable mettent le feu aux joues ce n'est pas toujours, loin s'en faut,  pour les raisons que la maladie de Victor pourrait laisser imaginer car Chuck Palahniuk jalonne ce récit de propos qui oscillent entre la tentation du nihilisme et le désir de donner du sens à l'existence. La chute du livre ne vous apparaîtra pas si imprévisble que cela si vous avez lu ou vu l'adaptation cinématographique de Fight club avec Brad Pitt qui a lui aussi été écrit par Chuck Palahniuk.

Echanger mon livre - Nid de poulets







Si vous désirez lire un roman plus conventionnel - encore que - où le geste d'Heimlich a également son importance, je vous recommande Nid de poulets d'Ed Mc Bain


Autres textes de Palhaniuk chroniqué sur Muet comme un carpe diem :

Survivant
ajouter un commentaire commentaires (7)   
par christophe fétat publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Samedi 18 août 2007
Quelques-uns

Car les mots pansent : eux par quoi s'élaborent la pensée - on disait autrefois le pensement - prennent soin de nos blessures. Je parle ici de la langue écrite : pour qu'une langue soit apaisante, en effet, il faut qu'elle ait le temps de penser.  Camille Laurens,  Quelques-uns, POL


Un article du grain des mots de Camile Laurens est consacré au verbe penser
ajouter un commentaire commentaires (3)   
par christophe fétat publié dans : Divers et variés

Lundi 13 août 2007




"Auprès de mon arbre je vivais heureux, je n'aurais jamais du m'éloigner de mon arbre" chantait Georges Brassens. Shel Silverstein a écrit au début des années 60 une fable qui pourrait bien être l'histoire de cet arbre.

Après quelques années idylliques où un jeune garçon prend plaisir à jouer dans ses branches, il le voit s'éloigner de lui de plus en plus au fur et à mesure qu'il vieillit ne revenant auprès de lui que par intérêt.

Sans regimber,et même avec joie et bonheur, l'arbre lui offre successivement en dépit de l'ingratitude de l'enfant qui n'en est plus un  son écorce pour qu'il y immortalise ses premiers amours, ses fruits pour qu'il puisse les vendre, ses branches pour qu'il puisse construire sa maison, son tronc pour y creuser un bateau et finalement sa souche pour qu'il puisse se reposer.

On peut s'interroger sur ce don de soi poussé à l'extrême qui ne réclame aucune reconnaissance. Est-ce une parabole christique, une mise en garde sur les conséquences de l'absence de respect de la nature, un rappel de la condition humaine, un avatar du syndrôme du pélican, une mise en garde contre ceux qui ne savent que prendre et qui vampirisent les autres sans soucis des états d'âmes des autres ?

Libre aux lecteurs de cette fable d'y voir ce qu'ils veulent mais une histoire philosophique qui prendra racine en vous pour longtemps.

Dans un commentaire Zolurne signale à juste titre qu'une autre chanson de Brassens, Le grand chêne,  pourrait être rapprochée de cette fable : cf les paroles à l'adresse suivante : http://www.paroles.net/chansons/15462.htm
ajouter un commentaire commentaires (12)   
par christophe fétat publié dans : Chronique de littérature de jeunesse

Vendredi 3 août 2007
You Kill Me

Un chef de gang  polonais installé à Buffalo a fort a faire pour maintenir  son influence face à des gangs concurrents de plus en plus gourmands.  Aussi  charge-t-il son neveu Franck de  dessouder  son adversaire le  plus dangereux. Mais le tueur a tendance a descendre plus vite les bouteilles de vodka et de gin que ses cibles et du coup son dernier objectif parvient à prendre son train sans encombre tandis qu'il cuve dans sa voiture.

C'est la goutte d'alcool qui fait déborder le vase de nuit. Franck est sommé d'aller faire passer l'arme à gauche à son alcoolisme dans l'antenne de San Francisco des Alcooliques anonymes tout en occupant temporairement un poste de préparateur de cadavres dans une agence de pompes funèbres, histoire de passer d'une mise en bière à une autre.

Le spectateur suit médusé l'acteur Ben Kingsley qui campe le rôle de cet alcoolique atypique dans ces séances où chacun témoigne des réussites et des rechutes dans sa quête de sobriété où le malaise oscille, titube avec l'espoir.

D'un sujet qui aurait pu être sinistre et glauque au possible John Dahl parvient à faire avec You kill me un film subtil qui vient interroger nos représentations et nos préjugés pour montrer que l'alcoolique a moins besoin de condamnations et de sermons que d'amour et d'écoute.

L'humour et la réflexion vont toujours de paire dans You kill me comme dans ces scènes ubuesques où les alcooliques qui écoutent Franck venu au pupitre narrer ses difficultés à gérer conjointement goulot et boulot de tueur car il est des leurs et qu'en dépit de son activité interlope ils comprennent ses affres tout comme il comprend les leurs qui vont de la difficulté à s'accepter soi-même à l'illusion de maitrise totale de leur addiction en passant par les pièges de la convivialité. Leur capacité à se décentrer pour aller à la rencontre des autres pour voir que derrière les parcours individuels se cachent des universaux interroge une société qui flatte l'individualisme voire l'égotisme.

Les déclarations de Franck sur son amour du travail bien fait et sa volonté d'offrir une réparation aux familles des victimes qu'il a "mal tuées"  valent également leur pesant d'or tout comme la romance que Franck va entretenir avec une commerciale esseulée (Téa Léoni), qui dans son boulot comme dans sa vie privée supporte difficilement le non permet qui plus est de s'interroger sur d'autres fragilités et d'autres dépendances qui ne sont pas sans concéquences elles non plus.
ajouter un commentaire commentaires (7)   
par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Calendrier

Août 2007
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Recherche

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
 
renouvellement nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus