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Dimanche 3 juin 2007


Retour

"Les livres sont faits pour explorer des moments de bascule, des gouttes d'eau qui font déborder le vase, des failles" Olivier Adam

En matière de lecture, nous autres « lecteurs », nous nous accordons tous les droits, à commencer par ceux que nous refusons aux jeunes gens que nous prétendons initier à la lecture :

  1. Le droit de ne pas lire.

  2. Le droit de sauter des pages.

  3. Le droit de ne pas finir un livre.

  4. Le droit de relire.

  5. Le droit de lire n’importe quoi.

  6. Le droit au bovarysme.

  7. Le droit de lire n’importe où.

  8. Le droit de grappiller.

  9. Le droit de lire à voix haute.

  10. Le droit de nous taire.

Je m’en tiendrai arbitrairement au chiffre 10, d’abord parce que c’est un compte rond, ensuite parce que c’est le nombre sacré des fameux commandements et qu’il est plaisant de le voir pour une fois servir à une liste d’autorisations.

Car si nous voulons que mon fils, que ma fille, que la jeunesse lisent, il est urgent de leur octroyer les droits que nous nous accordons.

Daniel Pennac, Comme un roman

 

La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres.
Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux!
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature!
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs!
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots!

Mallarmé


Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé.

Montesquieu, Mes pensées

 

Moi-même je cherche à comprendre, et c’est en partie l’objet de ce livre : comment les livres, qui sont des choses, ont-ils ce pouvoir d’aider les hommes à vivre – car il s’agissait bien de cela pour moi : ne pas mourir de douleur ? […] Car les mots pansent : eux par quoi s’élaborent la pensée – on disait autrefois le pensement – prennent soin aussi de nos blessures.[…] Car si les mots ne sont pas mes seules amours, seuls ils rendent possibles tout amour : s’ils me quittent, je sais avec certitude que je n’aimerai plus après eux rien ni personne. Les mots seront mon dernier amour.

Camille Laurens, Quelques-uns

 

Les invités partis, Peter déclara, citant Goethe ou quelque autre célébrité : « Ces gens sont plutôt agréables, mais, eussent-ils été des livres, je ne les aurais jamais lus. »

Ruth Rendell,

Jeux de mains

 

Il n’y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré.

Marcel Proust, Pastiches et Mélanges

 

Je sentis avant de penser : c’est le sort commun de l’humanité. Je l’éprouvais plus qu’un autre. J’ignore ce que je fis jusqu’à cinq ou six ans ; je ne sais comment j’appris à lire ; je ne me souviens que de mes premières lectures et de leur effet sur moi : c’est le temps d’où date sans interruption la conscience de moi-même.

Jean-Jacques Rousseau,

Les confessions

 

J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres. Dans le bureau de mon grand-père, il y en avait partout ; défense était faite de les épousseter sauf une fois l’an, avant la rentrée d’octobre. Je ne savais pas encore lire que, déjà, je les révérais ces pierres levées ; droites ou penchées, serrées comme des briques sur les rayons de la bibliothèque ou noblement espacées en allées de menhirs, je sentais que la prospérité de notre famille en dépendait.

Jean-Paul Sartre, Les mots

 

Les livres me donnaient confiance. Sentiment assez indéfinissable. Ils représentaient une force sûre, un secours permanent. Toujours réceptif, un livre ! A la première lecture on a laissé une marque à telle ou telle page, le coin plié, c’est le passage qui répondait à une préoccupation, à un doute. Le dialogue est ininterrompu. D’autant plus vaste qu’on y ajoute tout ce qu’on veut. L’auteur ne fait que poser les jalons indispensables.

Louis Calaferte, Septentrion

 

- […] Est-ce que les livres peuvent nous aider ?

- Seulement si le troisième élément nécessaire nous est donné. Un, comme je l’ai dit, la qualité de l’information. Deux : le loisir de l’assimiler. Et trois : le droit d’accomplir des actions fondées sur ce que nous apprend l’interaction des deux autres éléments.

Ray Bradbury,

Farenheit 451

 

Je décidai de copier mot à mot mes passages préférés d’Ursule Mirouët. C’était la première fois de ma vie que j’avais envie de copier un livre. Je cherchais du papier partout dans la chambre, mais je ne pus trouver que quelques feuilles de papier à lettre, destinées à écrire à nos parents.

Je choisis alors de copier le texte directement sur la peau de mouton de ma veste. […] Je passai un long moment à choisir le texte, à cause de la superficie limitée de ma veste, dont la peau, par endroits, était abîmée, crevassée.

Dai Sijie,

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

 

Pour subvenir un peu à la trahison de ma mémoire et à son défaut, si extrême qu’il m’est advenu plus d’une fois de reprendre en main des livres comme récents et à moi inconnus, que j’avais lu soigneusement quelques années auparavant et barbouillés de mes notes, j’ai pris en coutume depuis quelques temps, d’ajouter au bout de chaque livre (je dis de ceux desquels je ne veux me servir qu’une fois) le temps auquel j’ai achevé de le lire et le jugement que j’en ai retiré en gros, afin que cela me représente au moins l’air et l’idée générale que j’avais conçue de l’auteur en le lisant.

Michel de Montaigne, Essais II

 

Dans les dernières années du XXe, et les premières années du siècle suivant, on prophétisait en ricanant que ce genre de lieu n’en avait plus pour longtemps. Fini les petites librairies ! Moribond, ce type de commerce… C’est surtout au papier qu’on en voulait, et à l’encre. L’encre des stylos comme l’encre d’imprimerie : une vieillerie salissante. Mais on en voulait aussi à ces petits réservoirs de pensées, de visions, de paroles qui se déploient, de page en page, tout en demeurant extraordinairement compacts, bien fermés sur eux-mêmes, prêts à être cachés dans une poche, emportés en voyage, et ouverts n’importe où, n’importe quand. Parcourus. Dévorés. Feuilletés. Sans électricité. Sans écrans. « Devine où je suis en train de lire les Stances d’Agrippé d’Aubigné ou le traité de la réforme à l’entendement ! » Dans un train. Le creux d’un rocher au bord de la mer. Dans mon lit. Dans une foule. Dans des chiottes. Un bain moussant. A la lumière d’une lampe frontale au pied d’une dune, en plein vent.

Chaleur des livres achetés dans des librairies, livres précieusement gardés, offerts ou abandonnés à leur destin surprenant. Déchirures, jaunissement, oubli et redécouverte.

[…] Vollard n’avait jamais conçu la littérature comme un apaisement, ni la lecture comme une consolation. Au contraire. Lire follement, comme il avait toujours lu, consistait plutôt à découvrir la blessure d’un autre. Blessure d’un type seul, désarroi d’une femme seule. Lire consistait à descendre en cette blessure, à la parcourir. Derrière les phrases, toujours entendre des cris.

Pierre Péju, La petite Chartreuse

 

On ne lirait pas, rien, si ce n’était par peur. Ou pour renvoyer à plus tard la tentation d’un désir destructeur auquel, on le sait, on ne saura pas résister. On lit pour ne pas lever les yeux vers la fenêtre, voilà la vérité. Un livre ouvert c’est toujours la présence assurée d’un lâche – les yeux cloués sur ces lignes pour ne pas se laisser voler le regard par la brûlure du monde – les mots qui l’un après l’autre poussent le fracas du monde vers un sourd entonnoir par où il s’écoulera dans ces petites formes de verre que sont les livres – le moyen le plus raffinés de battre en retraite, voilà la vérité. Une obscénité. Et cependant : la plus douce. […] Qui peut comprendre quelque chose à la douceur s’il n’a jamais penché sa vie, sa vie tout entière, sur la première ligne de la première page d’un livre ? Non, l’unique, la plus douce protection contre toutes les peurs c’est celle-là – un livre qui commence.

Alessandro Barrico,

Le château de la colère

Les livres ne sont pas des saintes reliques, lui avait dit Tréfusis. Les mots sont peut-être ma religion, mais quand il s'agit de culte je suis vraiment de la basse Eglise. Les temples et les images gravées ne m'intéressent pas. La superstition mammaire qu'éprouve le bourgeois obsédé par les livres, je trouve ça du dernier ennui. Songez combien d'enfants sont dégoûtés de la lecture par ces petits gens bégueules qui les enguirlandent chaque fois qu'ils tournent une page sans fiare attention. Le monde aime tellement rabâcher qu'il "faut traiter les livres avec respect" ! Mais quand nous dit-on que les mots doivent être traités avec respect ? Depuis notre plus jeune âge, on nous apprend à ne révérer que l'extérieur et le visible. Ces littéraires blafards qui divaguent sur l'"objet" livre.. Eh bien oui, il se trouve que c'est une édition originale. Un cadeau de Noël Annan, pour vous dire. Mais je vous assure qu'un infect livre de poche à la couverture jaune m'aurait été aussi utile.

Stephen Fry, Mensonges, Mensonges


Cliquez ICI pour lire des citations sur le pouvoir et la magie des mots
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par christophe fétat publié dans : Divers et variés

Jeudi 31 mai 2007

Image trouvée sur le blog de Gigistudio
http://gigistudio.over-blog.com/article-6018882-6.html

 

Ce que veulent les mots,

On ne le sait pas quand ils viennent ;

Il faut qu’ils se parlent, se trouvent,

Qu’ils se découvrent, qu’ils s’apprennent.

Ce que veulent dire les mots,
Ils ne le savent même pas eux-mêmes,
Mais les voilà qui se regroupent,
Qui s’interpellent, se répondent,
Et si l’on sait tendre l’oreille,
On entend parler le poème.
 

Jacques Chapentreau,

 

Ce que les mots veulent dire,

 

Ed. Vie ouvrière

 

 

Le créant : Vous jouez sur les mots, c’est facile.
 
 

Le mécréant : Je ne joue pas sur les mots, je joue parfois avec et j’ajoute que sans moi ou d’autres, ils jouent très bien tout seuls. Les mots sont les enfants du vocabulaire, il n’y a qu’à les voir sortir des cours de création et se précipiter dans la cour de récréation. Là ils se réinventent et se travestissent, ils éclatent de rire et leurs éclats de rire sont les morceaux d’un puzzle, d’une agressive et tendre mosaïque.

 

Contre les maîtres mots, les mots tabous, le tam-tam des mots-mots. Les mots sacrés se désacralisent et les mots secrets se créent.

 

Le créant : Les mots, toujours les mots, vous m’agacez et si vous continuez comme ça, nous allons, comme on dit en venir aux mots.

 
Jacques Prévert, Imaginaires

Ce que j’écoutais, ce que je guettais, c’était les mots : car j’avais la passion des mots ; en secret, sur un petit carnet, j’en faisais une collection, comme d’autres font pour les timbres.
J’adorais grenade, fumée, bourru, vermoulu et surtout manivelle : et je me les répétais souvent, quand j’étais seul, pour le plaisir de les entendre.
 

Marcel Pagnol,La Gloire de mon père

 

Mon maître mot, c’était maman. Puis venaient ceux qui désignaient des objets ronds : œuf, pomme, lune, bille, orange, roue, plaisir de l’œil et de l’esprit. […] Ceux qui évoquaient la lumière et la chaleur : lampe, feu, soleil. Ceux de la nourriture : pain, lait, miel, omelette, lard, confiture, et de la tendresse, où Monete, réservée à Simone, m’était le plus cher. Je me délectais aussi des mots dont je ne connaissais pas le sens. Le soir avant le sommeil, je me les répétais en litanie : délire, conciliabule, mélancolie, ostensoir, crépuscule, équateur, baldaquin, suaire, arche, taciturne et j’en passe. Je me gardais bien d’en demander le sens car je leur en attribuais un ou plusieurs selon ma fantaisie. Quand je lus : « Les hirondelles sur le toit se tiennent des conciliabules », j’imaginais que ces oiseaux se réunissaient pour faire des concours de bulles de savon ou qu’ils tenaient des libellules dans leur bec.
 
 

Jeanne Cressange, La petite fille aux doigts tachés d’encre

 

 

Bien placés, bien choisis
Quelques mots font une poésie
 Les mots il suffit qu’on les aime
 Pour écrire un poème
 On sait toujours ce qu’on dit
  Lorsque naît la poésie
  Faut ensuite rechercher le thème
  Pour intituler le poème
  Mais d’autre fois on pleure on rit
  En écrivant la poésie
 Ça a toujours kékchose d’extrême
Un poème
 

Raymond Queneau, Bien placés, bien choisis, pour un art poétique in L’instant fatal, Gallimard

 

(Certains mots sont tellement élimés, distendus, que l’on peut voir le jour au travers. Immenses lieux communs, légers comme des nappes de brouillard – par cela même difficiles à manœuvrer. Mais ces hautes figures vidées, termes interchangeables, déjà prêts de passer dans le camp des signes algébriques, ne prenant un sens que par leur place et leur fonction, semblent propres à des combinaisons précises chaque fois que l’esprit touche au mystère de l’apparition et de l’évanouissement des objets.)

 

Jean Tardieu, Jours pétrifiés

 

 

 

Il faut se méfier des mots. Ils sont toujours trop beaux, trop rutilants et leur rythme vous entraîne, prêt à vous faire prendre un murmure pour une pensée.

 

Il faut tirer sur les mots sans cesse, de peur que ces trop bouillants coursiers ne s’emballent.

 

J’ai longtemps cherché les mots les plus simples, les plus usés, même les plus plats. Mais ce n’est pas encore cela : c’est leur juste assemblage qui compte.

 

Quiconque saurait le secret usage des mots de tous les jours aurait un pouvoir illimité, - et il ferait peur.

 

Jean Tardieu , Pages d’écritures



Elle ne dispose d'aucun souvenir même imaginaire, elle n'a aucune idée de cet inconnu. Mais ce qu'elle croit, c'est qu'elle devait y pénétrer, que c'était ce qu'il lui fallait faire, que ç'aurait été pour toujours, pour sa tête et pour son corps, leur plus grande douleur et leur plus grande joie confondues jusque dans leur définition devenue unique mais innommable faute d'un mot. J'aime à croire, comme je l'aime, que si Lol est silencieuse dans la vie c'est qu'elle a cru, l'espace d'un éclair, que ce mot pouvait exister. Faute de son existence, elle se tait. C'aurait été un mot-absence, un mot-trou, creusé en son centre d'un trou, de ce trou où tous les autres mots auraient été enterrés. On n'aurait pas pu le dire mais on aurait pu le faire résonner. Immense, sans fin, un gong vide, il aurait retenu ceux qui voulaient partir, il les aurait assourdis à tout autre vocable que lui-même, en une fois il les aurait nommés, eux, l'avenir et l'instant. Manquant, ce mot gâche tous les autres, les contamine, c'est aussi le chien mort de la plage en plein midi, ce trou de chair. Comment ont-ils été trouvés les autres ? Au décrochez-moi-ça de quelles aventures parallèles à celle de Lol V. Stein, étouffées dans l'oeuf, piétinées et des massacres, oh qu'il y en a, que d'inachèvements sanglants, le long des horizons, amoncelés, et parmi eux, ce mot qui n'existe pas, et pourtant est là : il vous attend au tournant du langage, il vous défie, il n'a jamais servi, de le soulever, et de le faire surgir hors de son royaume pércé de toute part à travers duquel s'écoule la mer et le sable, l'éternité du bal dans le cinéma de Lol V. Stein.

Marguerite Duras, Le ravissement de Lol V. Stein.

 

Aimer les mots. Aimer un mot, le répéter, s'en gargariser. Comme un peintre aime une ligne, une forme, une couleur.

Max Jacob


Il y a dans le mot, dans le verbe , quelque chose de sacré qui nous défend d'en faire un jeu de hasard. Manier savamment une langue, c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire.
Baudelaire , in " Théophile Gautier "


Ce ne sont ni les hommes, ni les passions, encore moins les idées qui mènent le monde. Mais les mots, rien que les mots. Bruno Terrarech, La machine à écrire

Pour lire des citations sur le rôle des livres cliquez ICI

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par christophe fétat publié dans : Divers et variés

Mercredi 30 mai 2007

Portrait de Vésale


Pour mener une activité d'écriture, j'avais recensé avec l'aide d'amis les expressions autour du corps. Après on s'étonnera que l'on puisse somatiser à la façon de la chanson de Gaston Ouvrard qui a la rate qui se dilate parce qu'il n'est pas bien portant ! Je viendrai régulièrement mettre à jour cette liste avec les expressions qui me reviendront en tête donc n'hésitez pas à revenir la consulter de loin en loin si cette thématique vous tient à coeur.
Si vous en connaissez qui ne sont pas dans cette liste à corps perdu n'hésitez pas à me les mettre en commentaires pour que je puisse la compléter ! D'ores et déjà merci à celles et ceux qui l'ont déjà fait et merci d'avance à celles et ceux qui le feront à l'avenir !

Par ailleurs je propose également sur ce blog un article sur le rapport à l'intériorité du corps chez quelques écrivains et quelques artistes (Emmanuèle Bernheim, Jean-Paul Sartre, Wim Delvoye, Nabokov, Jacques Prévert) pour le découvrir cliquez ICi


Entrailles
le fruit de mes entrailles
lire les entrailles
le fruit de vos entrailles est béni


Corps
Avoir le diable au corps
Prendre un problème à bras le corps
un corps à corps
un corps sain et vigoureux
un corps sain dans un esprit sain
trembler de tout son corps
porter un corps en terre
à son corps défendant
se jeter à corps perdu dans une aventure
à bras-le-corps
un garde du corps
perdu corps et bien
un corps céleste
un corps d’athlète
un corps d’Apollon
un corps de texte
la chute des corps
un corps noir (absorbe les radiations)
un corps étranger
prendre corps (devenir réel)
faire corps avec
anticorps
corps de ballet
corps d’armée
avoir l’esprit de corps
Le corps politique
travailler au corps
un corps de métier
un corpus
un corpuscule
justaucorps
il faudra me passer sur le corps
un corps électoral
le corps enseignant
Un corps de garde
un corps de rêve
(ne pas confondre avec à cor et à cri)


Peau
avoir la peau d'orange
avoir une peau de pêche
Etre à fleur de peau
Coûter la peau des fesses
Vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué
vendre, défendre chèrement sa peau
Partir en peau de chagrin
Peau d’âne
Faire peau neuve
Avoir la peau mate
irriter la peau
N’avoir que la peau sur les os
Attraper quelqu’un par la peau du cou
Avoir la peau dure
Risquer sa peau
Se faire crever la peau
Faire la peau à quelqu’un
Avoir quelqu'un dans la peau
Vieille peau
Des gants de peau
Un peau rouge
Peau de vache/d’hareng
Peau de balle
Enlever la peau du lait
Peau de chamois
Etre mal dans sa peau
Un oripeau
Se faire une seconde peau
avoir la peau dure

Cheveux
cheveux raides, souples, frisés, bruns, châtains, crépus, bouclés
des cheveux d’ange (gâteau)
avoir le cheveu fin
tirer les cheveux à quelqu’un
une mèche de cheveux
une boucle de cheveux
cheveux poivre et sel
à la naissance des cheveux
cheveux hirsutes
Une coupe de cheveux
Avoir les cheveux au vent
Se faire des cheveux blancs
Se prendre aux cheveux
S’arracher les cheveux
Avoir mal aux cheveux (cuite)
A un cheveu près
Ne pas toucher à un cheveu de quelqu’un
se couper, se teindre les cheveux
Tomber comme un cheveu sur la soupe
Avoir un cheveu sur la langue
Une histoire tirée par les cheveux
Une histoire à dresser les cheveux sur la tête
Cheveux carottes
Couper les cheveux en quatre
Avoir les cheveux en pétard, en foufelle
Rater d’un cheveu
Avoir les cheveux en bataille
tomber comme un cheveu dans la soupe
cheveux poivre et sel

Oeil yeux
Bon pied, bon œil
Œil pour œil dent pour dent
Il a des yeux derrière la tête
Un œil de verre
Les yeux de la soupe, du bouillon
Il/elle  n'a d'yeux que pour elle/lui
Avoir l’œil (compétence)
Les yeux de Chimène
L’œil de Caïn
Un clin d’œil
L’œil qui frise
Etre sourcilleux
Avoir les sourcils froncés
Ne dormir que d’un œil
Taper dans l’œil de quelqu’un
Fermer les yeux sur quelque chose
Avoir l’œil lubrique
L’œil de Moscou
Attirer l’œil
L’œil du maître
Voir quelque chose d’un bon ou d’un mauvais œil
Faire de l’œil à quelqu’un
Tourner de l’œil
rouler des yeux
Avoir l’œil à tout
Je m’en bats l’œil
Parler entre quatre yeux
Mon œil !
Oeil-de-perdrix (cor entre les orteils)
L’œil d’une aiguille, du gruyère
Voir la paille dans l’œil du voisin sans voir la poutre qui est dans le sien
Au royaume des aveugles les borgnes sont rois
Etre sourcilleux
Avoir les sourcils froncés
S’user les yeux à lire
Les yeux globuleux
Faire pour les beaux yeux de quelqu’un
Baisser les yeux
Ouvrir les yeux sur une situation
Ne pas fermer l’œil de la nuit
Ne dormir que d’un œil
Taper dans l’œil de quelqu’un
Fermer les yeux sur quelque chose
Avoir l’œil
Faire quelque chose les yeux fermés
Ouvrir l’œil et le bon !
Voir quelque chose de ses propres yeux
Le mauvais œil
Jeter un coup d’œil
Ne pas avoir les yeux en face des trous
Voir à l’œil nu
Grandir à vue d’œil
Regarder du coin de l’œil
Suivre quelqu’un des yeux
Faire quelque chose aux yeux de tous
Etre tout yeux, tout oreille
Œil de pomme de terre
Jeter de la poudre aux yeux
Entrer à l’œil
Œil de lynx
Avoir l’œil vif
Regarder droit dans les yeux
Les yeux dans les yeux
Faire les yeux doux
Coûter les yeux de la tête
Avoir les yeux plus gros que le ventre
Tenir à quelque chose comme à la prunelle de ses yeux
Avoir quelqu’un à l’œil
Faire les gros yeux
Avoir l’œil noir
Faire des yeux ronds
Avoir des yeux de chat
Un œil de bœuf
avoir l'oeil polisson
Obéir au doigt et à l’œil
oeil du cyclone
faire de l’œil
je n’ai d’yeux que pour vous
se rincer l'oeil
Brun à tin cul merde dint’noeul
une pupille de la nation
avoir la pupille dilatée
des yeux de lynx
battement de cils
arcade sourcilière
se mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude
avoir le compas dans l'oeil (attention cela peut faire mal)
un oeil au beurre noir
l'oeil vif
avoir l'oeil qui frise
avoir des poches sous les yeux
déciller les yeux
faire des yeux de merlan frit
froncer les sourcils
battre des cils

Paupières
avoir les paupières lourdes
fermer les paupières
battre des paupières
"Faïre leï parpelles d'agace" (expression provencale communiquée par Gold : Faire les paupières de pie. Se dit d'une personne qui "parpélège" c'est à dire qui cligne rapidement des yeux en inclinant la tête pour faire sa mijaurée. L'inclinaison de la tête faisant penser à la pie qui prend souvent cette attitude quand elle est intriguée par quelque chose.)


Lèvres babines
Lèvres cousues
Lèvres pincées
Du bout des lèvres
Avoir quelque chose, une idée au bout des lèvres
Avoir des lèvres pulpeuses, charnues
Les lèvres gercées
Il y a loin de la coupe aux lèvres
être suspendu aux lèvres de quelqu'un
petites et grandes lèvres
Se lécher les babines
Retrousser les babines
babines retroussées
Avoir des lèvres pulpeuses
Rouges à lèvres
Lèvres gercées
il y a loin de la coupe aux lèvres
s'en mordre les lèvres
accepter du bout des lèvres
le sourire aux lèvres
lire sur les lèvres
le cigare au bord des lèvres

Dents crocs

Avoir les dents longues
Claquer des dents
Avoir une dent creuse
Serrer les dents
Ne pas desserrer les dents
Croquer/mordre à belles dents
Se faire les dents
Avoir une dent creuse
Dent de scie
Avoir une dent contre quelqu’un
Ne rien avoir à se mettre sous la dent
Montrer les dents
Grincer des dents
Mentir comme un arracheur de dents
Dents de loup
Œil pour œil dent pour dent
Une dent de lait
Les dents de la mer
Se casser les dents sur un problème
Avoir les crocs
Avoir les dents du fond qui baignent
Avoir les dents qui rayent le parquet
Avoir les dents du bonheur
une dent en or
quand les poules auront des dents


Nez
Faire quelque chose au nez et à la barbe de quelqu’un
Avoir le nez creux
poil au nez
tirer les vers du nez
son nez s’allonge
le nez de Cléopâtre
Nez en trompette
Nez crochu
Avoir du nez
Avoir le nez au vent
Mener quelqu’un par le bout du nez
Crottes de nez
Avoir le nez en l’air
Un bourre-pif
Avoir un coup dans le nez
Avoir quelqu’un dans le nez
Avoir le nez fin
Tomber nez à nez
avoir le nez trop près de la bouche
Nez aquilin
Nez grec
Cela se voit comme le nez au milieu du visage
Mettre son nez dans les affaires des autres
Fourrer son nez partout
Au nez et à la barbe
Lorsque tu craches en l’air ça finit toujours par te retomber sur le nez
tourner son nez (ne pas apprécier qqchose)
Montrer le bout de son nez
Gagner les doigts dans le nez
réussir quelque chose les doigts dans le nez
Ne pas voir plus loin que le bout de son nez
Se casser le nez
Mettre le nez dehors
Piquer du nez
Sentir à plein nez
être, se trouver, tomber nez à nez
nez de marche

Front
c'est pas marqué sur mon front
le front dégarni
avoir le front de

Bouche
Tourner sa langue sept fois dans sa bouche
En avoir l’eau à la bouche
Faire du bouche à bouche
Bouche de métro
Bouche d’égout
Avoir la bouche en cœur
Etre bouche bée
Bouche cousue
De bouche à oreilles
Embrasser à pleine bouche
Bouc’à suc (expression ch'timie "bouche à sucre")
Ferm’t’bouc tin nez y va quier en d’dans ( "ferme ta bouche ton nez va tomber dedans")
bouche à pipe
être né avec une cuillère en argent dans la bouche
bouche en cul de poule
papilles gustatives
gencives de porc
se prendre ça dans les gencives

Cerveau cervelle méninges
avoir une cervelle d'oiseau
un cerveau
la fuite des cerveaux
faire travailler ses méninges
se creuser la cervelle
se creuser les méninges
le cerveau de la bande
le cerveau du groupe
le cerveau de l'affaire
avoir le cerveau en feu

Tête crâne cap tronche gueule faciès minois fugure visage
crâne d’œuf
tempête sous un crâne
tête de gondole
tête de veau
Tête de train
Tête de peloton
Tête de classe
avoir la tête dans le cul
apportez-moi sa tête sur un platea
foncer bille en tête
Mettre la tête en arrière
avoir la gueule de coin
avoir les pommettes saillantes
chercher une tête d’épingle dans une botte de foin
Par tête de pipe
Faire un tête-à-queue
Un tête-à-tête
Dormir tête-bêche
Une tête-de-loup
donner un coup de boule
Tête-de-nègre (gâteaux)
Avoir une idée derrière la tête
Il a des yeux derrière la tête
Une tête d’affiche
Passer en tête
Tête de pioche
avoir la tête dans les nuages
Se prendre la tête
Agir sur un coup de Tête
Une forte tête
Faire une tête au carré
Tête bêche
Tête de linotte
Tête de piaf
Ne pas se mettre martel en tête
Etre en tête
Tête de liste
Tête à claque
Se taper la tête contre les murs
Tu en fais une tête !
Avoir la tête à l’envers
Faire la tête
Faire sa tête de cochon
Se creuser la tête
Tête de mule
Cul par dessus tête
Tête en l’air
Avoir une bonne bouille
Tronche de cake
Avoir la gueule de bois
Des pieds à la tête/de la tête au pied
De pied en cap
La tête haute
Hocher la tête
Un signe de tête
Tête basse
Détourner la tête
Foncer /donner tête baissée
Etre tête nue
Ne pas savoir où donner de la tête
Etre tombée sur la tête
Tenir tête à quelqu’un
En avoir par-dessus la tête
Avoir la tête qui tourne
Avoir mal à la tête
Avoir des maux de tête
Donner sa tête à couper
Avoir une bonne tête
Faire une tête de six pieds de long
Tête de mort
Tête de pipe
Tête de Turc
Avoir une tête de plus/de moins que
Tête de lit
Faire une tête (foot)
Avoir une tête sans cervelle
Avoir une petite tête (idem)
Avoir la grosse tête
Nos chères têtes blondes
Il n’a pas de tête (oubli)
quand on n'a pas de tête on a des jambes (si on oublie de prendre quelque chose on doit retourner le chercher)
Calculer de tête
Se fourrer quelque chose en tête
Se mettre en tête (il s’est mis en tête)
Perdre la tête/la boule
Avoir la tête à ce que l’on fait
Une tête couronnée
Tête brûlée
Il est à la tête d’une entreprise
Têtes de bétail
grande gueule petits bras
Têtes d’ail
La tête/ la cime des arbres
Tête de lecture
Tête chercheuse
Tête de nœud
Une tête d’affiche
Passer en tête
Si quelque chose vous revient en tête (en mémoire)
Un tête-à-tête
Avoir la tête sur les épaules
Une tête bien faite
repose-tête
tête de delco
chanter à tue tête
tête de gland
chasseur de têtes
avoir la tête de l'emploi
Mettre son poing dans la figure de quelqu’un
Faire bonne figure
Un visage d’ange
Se composer un visage
Cracher au visage
Cracher à la figure
faire grise mine
faire pâle figure
faire, tirer la gueule
pousser un coup de gueule
une gueule noire (mineur)
une gueule de loup (fleur)
casser la gueule
foutre sur la gueule
délit de faciès
contrôle au faciès
avoir un joli minois


Langue
Avoir un cheveu sur la langue
Langue de chat (outil)
Donner sa langue au chat
Tenir sa langue
Langue de bois
Avoir la langue bien pendue
Une langue de vipère
ne pas avoir sa langue dans sa poche
se mordre la langue
maîtriser, posséder la langue française
Tourner sa langue sept fois dans sa bouche
Langue fourchue
Tirer la langue
prendre langue
Langue maternelle
La langue de bois
Langue de pute
Posséder la langue française
Tu as avalé ta langue
la langue chargée
une langue vivante / une langue morte

Oreilles portugaises feuille ouïe
Se faire tirer l’oreille
Etre tout yeux, tout oreille
Avoir les oreilles décollées
Dormir sur ses deux oreilles
De bouche à oreille
Oreille en feuille de chou
Oreille en chou-fleur
Dormir sur ses deux oreilles
être tout ouie
oyez, oyez braves gens
Avoir une oreille attentive
Les murs ont des oreilles
Les oreilles ça se lavent
Faire la sourde oreille
Ça rentre par une oreille et ça ressort par l’autre
Ça n’est pas tomber dans l’oreille d’un sourd
Des oreilles d’âne
Chuchoter à l’oreille
Ouvrez grand les oreilles
l’oreille interne
l’oreille absolue
un régal pour les oreilles
être dur de la feuille
tendre l'oreille
ventre affamé n'a pas d'oreilles
Il nous en rabat les oreilles
Les grandes oreilles (services de renseignement)
les portugaises
(Marteau, enclume, étrier sont  les noms des petits os situés derrière le tympan. Ce qui donne un éclairage nouveau aux expressions" se retrouver entre le marteau et l'enclume" et "mettre le pied à l'étrier" )


Joues
Avoir de bonnes joues
Avoir les joues en feu
tendre la joue droite
mettre en joue
avoir les joues rouges

Menton
Menton en galoche
Menton volontaire
Avoir du poil au menton
avoir les mâchoires serrées

Cou
Se faire passer la corde au cou
Avoir un cou de taureau
un ras du cou
Sauter au cou de quelqu’un
Prendre ses jambes à son cou
Attraper quelqu’un par la peau du cou
la nuque dégagée
briser la nuque
recevoir un coup sur la nuque

Gorge
Avoir la gorge serrée
Rire à gorge déployée
Faire des gorges chaudes
Un rouge gorge
Un soutien-gorge
Avoir le couteau sur la gorge
les gorges du Verdon
ça m’est resté au fond de la gorge
rendre gorge
avoir un chat dans la gorge

Epaules
Avoir les épaules larges
avoir la tête sur les épaules
Carré d’épaule
taper sur l'épaule
rechercher (avoir besoin d') une épaule
des épaulettes
hausser les épaules

Bras
Un bras droit
Prendre par le bras
prendre quelqu'un dans ses bras
Prendre un problème à bras le corps
Faire les gros bras
jouer les gros bras
Bras dessus bras dessous
Avoir les bras ballants
En avoir les bras qui tombent
Avoir le bras long
le bras armé de quelqu'un, d'une organisation
Tomber à bras raccourci
Faire un bras d’honneur
un avant bras
jouer petits bras
grande gueule petits bras
ne pas rester sans rien faire face à une situation plus ou moins difficile : ne pas rester les bras croisés
croiser les bras
les bras d'un fauteuil
tomber dans, rejoindre les bras de Morphée

Coude
Se serrer les coudes
Jouer des coudes
De l’huile de coude
se mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude
donner un coup de coude
avoir les coudées franches
être au coude à coude

Poing poignet
Taper du poing sur la table
Coup de poing
casser le poignet (terme sportif)
Mettre son poing dans la figure de quelqu’un
les poignées d’amour
Dormir à poings fermés
Veuve poignet
à la force du poignet
Homme/femme à poigne
Avoir de la poigne
Une poignée de main
Une poignée de porte
serrer les poings
mange ton poing et garde l’autre pour demain
avoir poings et mains liés
vipère au poing (roman d'Hervé Bazin)

Main
la main courante
une poignée de main
Serrer la main
le dos de la main
se servir à pleine main
La paume de la main
Avoir des mains en or
se prendre par la main (faire un effort)
Tendre la main
avoir poings et mains liés
Tenir la main
Prendre ses affaires en mains
Remettre en mains propres
Traiter une affaire de la main à la main
Prier les mains jointes
Ne pas y aller de main morte
Prendre en main
Avoir la main qui démange
En mettre sa main au feu
Se faire la main
S’en laver les mains comme Ponce Pilate
Avoir deux mains gauches
Prêter main forte
Main tendue
Main crochue
Une main de fer dans un gant de velours
Avoir la main verte
Main baladeuse
Avoir la main heureuse
De main de maître
Avoir un poil dans la main
Avoir la main (jeu de carte)
Avoir une bonne ou une mauvaise main
Faire main basse
Avoir les mains moites
Avoir la main lourde
Avoir un poil dans la main
Prendre par la main
Passer la main
Faire tirer au sort par une main innocente
Quelque chose à ne pas mettre entre toutes les mains
Avoir le cœur sur la main
Avoir un poil dans la main
Faire des pieds et des mains
Donner en mains propres
Faire manger quelqu’un dans sa main
Main froide cœur chaud
Avoir le cœur sur la main
Mettre la main au collet
La main au panier
Tu veux ma main sur la figure ?
Jeu de main, jeu de vilain
Etre pris la main dans le sac
Demander la main de quelqu’un
Un coup de main, de pouce
Travailler la main dans la main
Les mains jointes
Mettre les mains dans le cambouis
prêter main forte

Doigt
Passer la bague aux doigts
Croiser les doigts
Des doigts de fée
Etre à deux doigts de réussir, de l'accident etc.
Juste un doigt
Donner un coup de pouce
Pouce on arrête !
Se tourner les pouces
Un doigt accusateur
Lever le doigt
Un doigt de porto
Etre montré du doigt
Obéir au doigt et à l’œil
Mettre à l’index
Ne pas lever le petit doigt pour quelqu’un
Mon petit doigt m’a dit
Un index
Toucher du doigt une vérité
Faire un doigt d’honneur
se mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude
la pulpe des doigts
mettre le doigt sur quelque chose d’important
lorsque le sage montre la lune du doigt, l’idiot regarde le doigt
mettre ses doigts dans le nez
réussir quelque chose les doigts dans le nez
se faire taper sur les doigts
connaître sa leçon sur le bout des doigts
lorsque l’on s’endort avec le cul qui gratte on se réveille avec le doigt qui pue
ëtre à l'index
se lêcher les quatre doigts et le pouce (apprécier un plat)

Ongle
Payer rubis sur ongle
Se casser un ongle
Un ongle incarné
Du rouge à ongle
se limer les ongles
se défendre bec et ongles
se ronger les ongles

Moustache Barbe barbichette poil
Se lécher les moustaches
Rire dans sa barbe
Faire quelque chose au nez et à la barbe de quelqu’un
Barbe bleue
Parler dans sa barbe
tirer la barbichette
Etre à poil
un poil plus haut
avoir du poil au menton
poil de carotte
le poil dru
barbe à papa
j'en ai eu le poil hérissé
poil au nez
avoir du poil aux pattes
ne plus avoir un poil de sec
à un poil près
pile poil

Ventre panse
Ventre rond
Ventre gonflé
Avoir le ventre vide
Avoir les yeux plus gros que le ventre
Courir ventre à terre
Avoir le ventre plein
plat ventre
avoir le ventre plat
danse du ventre
le ventre de la terre
e ventre de Paris
courir ventre à terre
le ventre mou de la politique
la peur au ventre
avoir les yeux plus gros que le ventre
avoir le ventre noué
avoir des noeuds dans le ventre
avoir le ventre plein
avoir la peau du ventre bien tendue
ventre affamé n'a pas d'oreilles
se remplir la panse
poignées d'amour

Tripes
les tripes en folie de l'ouvrier partant chier (contrepèterie de la philantropie de l'ouvrier charpentier)
cela secoue les tripes
avoir les tripes à l'air
avoir des tripes
les tripes à la mode de Caen
pris aux tripes
par les tripes du diable (vieux juron)

Foie
Crise de foie
foie gras
Avoir le foie fragile (à ne pas confondre avec avoir la foi fragile)

Poitrine giron poitrail sein
angine de poitrine
une belle poitrine
poitrine de porc
cacher ce sein que je ne saurais voir
le giron
au sein de quelque chose
large poitrail

Poumon
respirer à plein poumon
le poumon de la terre
elle a de sacrés poumons
avoir un troisième poumon
s'époumoner


Estomac
Avoir l’estomac dans les talons
Avoir de l’estomac
avoir l"estomac retourné

Vessie
Prendre des vessies pour des lanternes
soulager la vessie

Reins
Avoir les reins solides
un coup de rein
une chute de reins

Sang veine artère
sang coagulé
droit du sang droit du sol
se faire un sang d’encre
se faire du mauvais sang
avoir le sang bleu
avoir du sang froid
il est de mon sang
se saigner aux quatre veines
mon sang n’a fait qu’un tour
faire tourner les sangs
prise de sang
pur-sang
prendre le pouls
verser le sang
pisser le sang
verser le premier sang
sans effusion de sang
suer sang et eau
bon sang ne saurait mentir
avoir de la veine
une veine aurifère
une artère urbaine

Coeur
avoir le cœur en berne
cœur gros
en avoir gros sur la patate
mettre du cœur à l'ouvrage
tout contre mon cœur
un cœur à prendre
manquer de cœur
affaire de cœur
mon cœur
aller au cœur des choses
peine de cœur
avoir le cœur peiné
main sur le cœur
restau du cœur
le cœur qui bat la chamade
avoir du cœur
roi / dame / valet de cœur
haut-le-cœur
Haut les cœurs
Avoir le cœur vaillant
A cœur vaillant rien d’impossible
Cœur tendre
touché en plein cœur
cœur d'artichaut
petit cœur
cœur de glace
sans cœur

Bile intestins flanc
se faire de la bile
intestins grêles
luttes intestines
prêter le flanc

Dos
Avoir bon dos
Faire le dos rond
En voir plein le dos
La bête à deux dos
Faire le gros dos
Faire quelque dans le dos de quelqu’un
Etre dos au mur
Toujours être sur son dos
Mettre dos à dos
Se mettre à dos quelqu’un
le dos d'un livre
tourner le dos au passé
le dos de la main
courber le dos, l’échine
Dou cuou o de l'esquine, ressemblen touyou o païrïn o la la maïrine" (expression méridionale "Du cul ou de l'échine, on ressemble toujours au parrain ou à la marraine)
l'endroit où le dos ressemble à la lune (Brassens)

Taille
Taille de guêpe
Taille mannequin

Cul fesses popotin
En avoir plein le cul
Un pied au cul
Avoir du cul
Cul par-dessus tête
Péter plus haut que son cul
Avoir le cul entre deux chaises
Cul de sac
Cul de basse fosse
Trou du cul
être cul et chemise
Brun à tin cul merde dint’noeul
fesses pommelées
avoir le feu aux fesses
tomber sur le cul
cul de jatte
la raie du cul
avoir le cul bordé de nouilles
avoir du poil aux fesses
marcher en roulant des fesses
coûter la peau des fesses
coûter la peau des fesses
pose tes fesses 5 mn
mettre le cul en buse
lorsque l’on s’endort avec le cul qui gratte on se réveille avec le doigt qui pue
mettre la main aux fesses, au panier
être cul nu
être faux-cul
aimer le cul
Dou cuou o de l'esquine, ressemblen touyou o païrïn o la la maïrine" (expression méridionale "Du cul ou de l'échine, on ressemble toujours au parrain ou à la marraine)
remuer du popotin

Couille gland bite glandes
avoir les couilles de faire quelque chose
se faire des couilles en or
il y a une couille dans le potage
t'es con comme une bite
être un gland
ça me fout les glandes !
couille-molle
être couillu
s'en battre les couilles
une bite au cirage



Jambe patte fuseaux
Faire un croc en jambe
avoir la jambe légère
Etre en jambe
Etre tout en jambe
Tenir la jambe à quelqu’un
Jambe de bois
Croiser/décroiser les jambes
Etendre les jambes
Prendre ses jambes à son cou
Avoir des fourmis dans les jambes
Faire des ronds de jambe
Avoir les jambes lourdes
Fuir à toutes jambes
En avoir plein les pattes
une patte de velours
quand on n'a pas de tête on a des jambes (si on oublie de prendre quelque chose on doit retourner le chercher)
Avoir les jambes coupées
avoir les jambes à l'air
être en jambe
être tout en jambes
enlève tes pattes de là
jambes arquées
un vin qui a de la jambe
avoir du poil aux pattes
montrer patte blanche
en avoir plein les pattes
une patte folle
faire feu des deux fuseaux

Cuisse mollets avoir la cuisse/jambe leste
des mollets de coq
Sortir de la cuisse de Jupiter
Cuisses de grenouille
Ecarter les cuisses
un vin qui a de la cuisse
se taper sur la cuisse
des cuisses de poulets
des cuisses de mouches

Genou rotule
Etre/monter sur les genoux
Etre à genoux
mettre quelqu'un à genoux
Les genoux cagneux
se mettre à genoux
être mou du genou
rotule de voiture
Etre sur les rotules

Talon
Avoir l’estomac dans les talons
Avoir un talon d’Achille
talon de chèque
talon aiguille

Orteils
Mettre les orteils en éventails
l'étymologie du mot article est orteil

Cheville
Avoir les chevilles qui enflent, qui gonflent
cheville d’assemblage
être la cheville ouvrière d’un projet, d’une action
être en cheville avec quelqu’un
Ne pas arriver à la cheville de quelqu’un
Se tordre la cheville
Une poésie bourrée de cheville

Pied
Oedipe = pied percé
Tirer une épingle/épine du pied
Remettre quelqu’un sur pied
Faire du pied à quelqu’un
Marcher sur la pointe des pieds
Prendre son pied
Mettre pied à terre
avoir un pied dans la tombe
Un pied de table / de chaise
Une mise à pied
Prendre quelque chose au pied de la lettre
Mettre quelqu’un au pied du mur
Sauter à pieds joints
A cloche pied
Pied de poule
La plante des pieds
Avoir les pieds plats
avoir pied
pied de biche
être au pied de quelque chose de haut
Etre pieds et mains liés
Avoir les deux pieds sur terre
Se lever du pied gauche
Un pied au cul
De pied en cap
Faire des pieds et des mains
Etre à pied d’œuvre
Le coup de pied de l’âne
Faire une tête de six pieds de long
Etre enterré six pieds sous terre
bon pied bon œil
avoir des ampoules aux pieds
un plain-pied
mettre sur un piédestal
des pieds à la dix heures dix
mettre sur le même pied
marche à pied
se lever du bon ou du mauvais pied
un pied tendre
un pied-à-terre
être sur un pied d’égalité
partir d’un mauvais pied
pieds nickelés
être à pied de chaussette
faire un pied de nez
être sur le pied de guerre
mettre les pieds dans le plat
coup de pied arrêté
arriver à pied par la Chine
pieds nickelés
trouver chaussure à son pied
faire un croche-pied
avoir les pieds carrés
un colosse aux pieds d'argile
pied de chaises
aller quelque part avec des pieds de plomb
mettre le pied à l'étrier


Queue
Faire la queue
queue de peloton
queue de cheval
à la queue leu leu
faire une queu de poisson
jeu de la queue de l'âne

Nombril
se prendre pour le nombril du monde
se regarder le nombril
l'ombilic des limbes

Colonne os abattis moelle vertèbre cage thoracique échine bassin
colonne vertébrale
en chair et en os
trempé jusqu'aux os
N’avoir que la peau sur les os
donner un os à ronger
tas d'os
tomber sur un os
ne pas faire de vieux os
être gelé jusqu'aux os
compter ses abattis
un os à moelle
se faire avoir jusqu'à l'os
la substantifique moelle
la moelle épinière
moelle osseuse
vertébrés/invertébrés
cage thoracique
bassin parisien
courber  l'échine
plier l'échine
s'échiner à faire quelque chose
jouer aux osselets
ne pas confondre les aulx de mon grand-père avec les os de mon grand-père

Chair
avoir la chaire de poule
de la chair fraîche
la chair est cendres, l'âme est flamme (Victor Hugo)
La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres (Mallarmé)
Vendredi chair ne mangeras
en faire de la chair à pâté
chair délicate, parfumée, tendre
de la bonne chère
être bien en chair
en chair et en os
faire bonne chère
la chair de ma chair
chair à canon

Pour tous ceux et toutes celles qui pensent que les fleurs de peau sont les plus belles le blog riendetout met en ligne une très belle vidéo : http://riendetout.over-blog.org/article-10642357.html

Pour lire une étude sur le langage autour du corps menée à Rennes : http://www.med.univ-rennes1.fr/section_rachis/cedra01.htm

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par christophe fétat publié dans : Divers et variés

Lundi 28 mai 2007
Irina Palm
Olly est gravement malade et malheureusement le dernier traitement qu'ont tenté les médecins de l'hôpital pour le sauver s'est avéré un échec. Reste l'ultime chance d'un dernier protocole mais qui nécessite le départ pour l'Australie. Ses parents sont sans le sou et sa grand-mère Maggie a d'ores et déjà vendu pour une bouchée de pain sa maison pour financer le dernier traitement.

La situation est d'autant plus inextricable queles banques refusent un nouveau prêt, l'ensemble du village a déjà mis la main à la poche et qui plus est l'état de santé d'Olly sera bientôt incompatible avec tout transport si rien n'est fait rapidement.

Aussi Maggie interprêtée par Marianne Faithfull, ex-égérie des Rolling Stones, cherche une solution en essayant de décrocher un emploi à Londres mais son manque de qualification et son âge ne lui laissent guère d'espoir. En désespoir de cause, pour l'espoir d'une bonne cause mais non sans avoir dû passer outre ses premières réticences, elle finit par postuler pour l'annonce d'un club du quartier de Soho qui recherche une hôtesse.

Elle y gagnera l'argent nécessaire à la force du poignet au sens propre du terme puisqu'elle devient contre mauvaise fortune bon coeur la veuve poignet du Sexy World sous le nom d'Irina Palm.


Bientôt les clients attirés par la douceur de ses prestations affluent et Maggie peut réunir l'argent au prix d'une humilation quotidienne dans une cabine qu'elle s'éfforce d'humaniser. Sam Garbarski a eu l'intelligence de ne rien montrer mais de suggérer dans les scènes équivoques, ce qui renforce le malaise du spectateur qui comme la mère de Olly se rappelle que nous jurons tous les grands dieux que nous ferions tout pour nos enfants. Maggie elle, se retrouve au pied du mur et ce de façon on ne peut plus concrête.

L'ingratitude de son fils lorsqu'il découvre le secret de sa mère, l'égoïsme de ses prétendues amies, ses relations avec son "employeur" et l'une de ses "collègues", l'avidité d'un des concurrents du propriétaire du club et bientôt la révélation d'un autre secret viendront ajouter aux difficultés de cette femme que le sacrifice met déjà à la torture mais Irina Palm a la main heureuse et finit par surmonter toutes les épreuves et retrouver confiance en elle.


Kevin Bishop que l'on avait pu voir dans l'auberge espagnole de Cédric Klapisch dans le rôle du jeune Anglais insouciant et pour le dire benêt interprête ici un rôle touchant de père pétri dans la douleur mais son jeu est éclipsé par la performance du tandem formé par Marianne Faithfull et Miki Manojlovic qui développent un panel d'attitudes toutes plus justes les unes que les autres.
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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Dimanche 27 mai 2007


L'auteur multiplie les références politiques qui vont de Lénine à Chevenement en passant par le nihilisme qui sèment le trouble chez le lecteur et chez ses critiques qui ont parfois été jusqu'à le qualifier au mieux d'anar de droite au pire de rouge-brun.

Aussi faut-il pour lire Jérôme Leroy garder une bonne dose d'esprit critique pour voir que derrière ces provocations se cachent un humanisme qui si'nterroge sur un présent des plus inquiétants qui provoque sa colère pour en tirer la substantifique moelle sans tomber dans l'éceuil de la désespérance (lire à ce propos la chronique qu'en fait Eric Vial).

Le titre du roman vaut à lui seul un commentaire. Dans un épigraphe qui sonne comme une épitaphe, Jérôme Leroy cite Baudoin de Bodinat et ses réflexions sur le peu d'avenir que contient le temps où nous sommes dans les tomes de La vie sur terre.

Ce philosophe méconnu, que certains rattachent au dadaïsme et aux situationnistes, émet des critiques sévères sur notre modernité et sur le rétrécissement de notre horizon voulue par notre monde industriel et marchand. Quelques clics sur votre moteur de recherche vous en diront plus sur sa pensée sombre mais décapante qui sans provoquer nécessairement l'adhésion pose question.

Toujours est-il que la "passante, très fugitive beauté, enfin aperçue mêlée aux fuyards d'un convoi de la déroute bactériologique" dont parle Baudouin de Bodinat s'inspire elle-même à mon avis de la passante de Charles Baudelaire que Jérôme Leroy connaît bien.

A une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.

Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

Une femme passa, d’une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.

Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,

Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,

La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit! - Fugitive beauté

Dont le regard m’a fait soudainement renaître,

Ne te verrai-je plus que dans l’éternité?

Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!

Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

O toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!

Jérome Leroy, de livre en livre continue à peaufiner le descriptif de cet avenir inquiétant qui se profile si nous n'y prenons garde. Un monde où les territoires nationaux ont fait place à des eurorégions qui font la part belle à un capitalisme triomphant et condamnent de plus en plus d'invidus à vivre dans une précarité et un chaos innommables à la périphérie des villes sous la surveillance d'une police dont le budget dépasse de loin celui de la santé et de l'éducation.

Mais au sein même des villes qui échappent aux émeutes de l'eau des Outers, l'écart se creuse entre l'hyperclasse qui vit recluse dans ses lotissements luxueux surprotégés et le reste de la population. La tension monte à tel point dans ce monde sinistre que les autorités ont du se doter d'un service chargé de lutter contre les crimes aberrants qui se multiplient dans des proportions effrayantes.

Rien d'étonnant à cela si l'on considère que la fréquence et l'ampleur des pics de pollution ne cessent de croître, que les relations sociales se sont délitées à mesure que les ordinateurs et les robots sont devenus les compagnons ordinaires du quotidien des citadins, que la crainte de la maladie a confiné la libido à l'usage massif de sex-simulateurs et l'absorption obligatoire de pilules prophylactiques à chaque rapport, que fumer une cigarette ou boire un millésime sont devenus des actes de résistance à l'ordre établi pétri de puritanisme et de restriction des libertés individuelles.

Aussi lorsque l'épidémie de fièvre hémorragique va se déclarer chez les Outers comme dans les villes tout va aller très vite. D'ailleurs une des trouvailles de Jérôme Leroy dans ce Bref rapport sur une très fugitive beauté est de faire parler le virus lui-même : "Finalement, nous sommes à votre image, à moins ce ne soit le contraire. Nous vous habitons comme vous habitez la Terre, épuisant des régions entières et passant à une autre pour ne pas mourir. Vos corps sont nos provinces."

L'écriture dense, stylée de Jérôme Leroy nous fait suivre les témoins de cette apocalypse qui s'efforcent tous de se focaliser non pas sur le fléau que les Outers ont baptisé "La rouge" mais sur leur quête individuelle. L'arrestation d'un serial killer qui écorche ses victimes pour l'agent Canche membre de la police fédérale européenne, l'écriture pour l'écrivain atypique Raphaël Villars, l'assassinat de ce dernier pour Régis Roux membre d'une secte survivaliste qui attend la fin du monde, le sexe et la philosophie pour une tribu de jeunes de l'hyper-classe façonnés dans des éprouvettes mais rétifs à l'uniformité ambiante, la préparation d'une performance autour d'hologrammes tridimensionnels des tableaux surréalistes de Paul Delvaux pour Juliette.


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Un été à Capone-les-bains
Comme dans un fauteuil Voltaire dans une bibliothèque en ruine
Le cimetière des plaisirs

rendez-vous rue de la monnaie
Rêves de cristal, Arques 2064
Départementales
La grâce efficace
Une si douce apocalypse
Bref rapport sur une fugitive beautée
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par christophe fétat publié dans : Chroniques sur Jérôme Leroy

Mercredi 23 mai 2007

Une fois n'est pas coutume je vais sans doute regarder TF1 dans les semaines à venir. En effet, la chaîne privée qui en temps normal diffuse des programmes pour le moins discutables s'apprête à proposer cet été la première saison de la série américaine Heroes crée par Tim Kring qui a fait un tabac aux USA.

Avec finalement très peu d'effets spéciaux, les vingt-trois épisodes développent un scénario qui n'a rien à envier aux meilleurs auteurs de science-fiction qui se sont penchés sur le voyage dans le temps et proposent de suivre la saga de quelques mutants dont les doutes, les réflexions, les craintes, les espoirs donnent du grain à moudre pour réfléchir sur notre quotidien.

Hybrides réussis entre les bandes-dessinées d'Alan Moore (Watchmen, V comme vendetta), de la belle époque des comics de Marvels (X-men, X-factor, les nouveaux mutants) et de la nouvelle vague des séries qui donnent l'envie à Phiippe Djan de changer sa façon d'écrire, les personnages de Heroes évitent le manichéisme et le ridicule des porteurs de collants pour s'interroger sur les tenants et les aboutissants du pouvoir.

Que le pouvoir soit issu d'une mutation génétique, d'un mandat politique ou de l'appartenance à des sphères financières plus ou moins maffieuses, il est source de convoitises, de responsabilités et de risques majeurs. Alors imaginez si quelques individus étaient au carrefour des trois !

La prévision d'une explosion nucléaire en plein New York faite par un précog qui ne sait utiliser ses pouvoirs de divinations que sous l'influence d'une drogue dure et un pinceau à la main sans être toujours capable de saisir la signification exacte de ses toiles, l'invulnérabilité d'une jeune adolescente paradoxalement si fragile qui n'aspire qu'à être comme tout le monde et à comprendre pourquoi elle a été adoptée, les difficultés d'un flic qui découvre qu'il peut lire les pensées mais également que cela ne suffit pas pour sauver son couple ou à devenir inspecteur, celles d'un généticien indien qui se débat avec les implications des découvertes de son père qui ne s'est jamais remis de la mort de son premier enfant, les relations de deux frères qui tiennent beaucoup l'un à l'autre mais qui ont choisi des voies qui semblent diamétralement opposée puisque l'un est devenu infirmier et l'autre brigue l'élection au congrès mais qui s'avèrent être deux des mutants clefs de la série, le syndrome de double personnalité d'une jeune femme qui gagne sa vie en animant un site de charme sur le net pour nourrir son fils depuis que son compagnon est en cavale, une organisation secrète dont les objectifs restent par définition longtemps mystérieux, un japonais chevaleresque et touchant mais dont les rêves collent mal avec la réalité, un sérial killer qui vous prendra la tête surtout si vous êtes un mutant, sont quelques-uns des ingrédients de cette série étonnante.
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par christophe fétat publié dans : Divers et variés

Dimanche 13 mai 2007

Une si douce apocalypse

Quatre scientifiques de renom se voient confier la synthèse de tous les travaux menés sur le réchauffement de la planète par le secrétariat de l'ONU. Quoique prévisible la conclusion de leurs études à partir des sources fragmentaires que l'on leur fournies est de nature à poser problème. Andreï Stepanovitch Tarentiev, 75 ans, spécialiste en climatologie, Christine Stowe, 34 ans et pourtant d'ores et déjà nobelisable en physique, François Marceau de l'Institut de physique du globe et Ekofo Biyenga, chercheur en biologie moléculaire de l'université de Kinshasa, ces quatre cavaliers de l'apocalypse, vont devoir vivre avec ce lourd secret. Ce qui risque de s'avérer une gageure au vu de ce qu'ils savent. Néanmoins, en attendant les puissants de ce monde ont trouvé un moyen de détourner la presse et donc l'opinion de ce qu'ils ont découvert : un rideau de fumée princier !

Aphrodite, jeune chômeuse de 19 ans est tombée amoureuse de Karim, ce Kabyle à l'allure nonchalante qui manie le subjonctif imparfait à la perfection. Ce gardien de nuit au supermarché voisin a sans doute sauvé son petit frère des affres de la toxicomanie d'une manière qui fait partie de la légende dorée du quartier. Du coup ils vivent désormais ensemble.
"Ce n'est pas là un des moindres paradoxes de la crise que d'avoir accordé aux pauvresn aux chômeurs, aux travailleurs précaires cet immense privilègequ'elle réservait jusque-là aux rentiers, aux bourgeois ou aux dandys oisifs : l'amour l'après-midi". Ces ébats en pleine journée sont qui plus est mâtinés d'une perversion inhabituelle qui consiste à faire partager leur bonheur en appellant un inconnu au téléphone. De ces appels peut découler le meilleur comme le pire.

Le ministre de l'intérieur et des cultes a des états d'âme. "Quand ses préfets lui demandaient l'autorisation de faire donner les CRS dans une banlieue quasi insurgée ou sur le site d'une usine promise à la délocalisation, il acceptait. tout en sachant que si on l'avait laissé faire, ce n'est pas là qu'il aurait envoyé ses flics". Mais pour l'heure, il a d'autres chats à fouetter. Ses services l'informent de faits énigmatiques. Une fillette lévite et guérit miraculeusement plusieurs personnes sérieusement atteintes. Un policier de la BAC démissionne et se met à errer en mendiant dans la cité pour demander pardon tandis que son collègue prêche pour une police au service des pauvres après une intervention qui a mal tournée chez la soeur d'un dealer notoire.

Bénédicte s'inquiète pour son amie Sophie au chômage et aux moeurs un peu trop délurés à son goût. Cette dernière la rassure en lui affirmant que les sadiques et les tordus c'est surtout au travail qu'elle les rencontre, ces "petits chefs qui te proposent la botte en t'expliquant qu'ils peuvent prolonger ton contrat". Bénédicte se laissera-t-elle convaincre par son amie qui veut lui faire vivre une expérience décalée?

Un ancien barbouze prend sous son aile une jeune collégienne destinée à vivre de grandes choses et peut-être permettre ainsi le renversement du gouvernement de la coalition Alliance libérale-parti national.

Un professeur de littérature apprend lors d'un entretien avec le manager du département culture générale de l'université Carrefour-Auchan d'EuraLille que son poste ne sera pas renouvelé à la rentrée prochaine car l'entreprise doit se concentrer sur l'effort de guerre. A la recherche d'un peu de sérénité, il rencontre à Eura-Roubaix-Wattrelos, une jeune femme qui travaille à l'hôpitalSony-Hitachi dans le service réservé aux enfants de cadres cyberautistes. Qu'adviendra-t-il de ce couple atypique?

N'en déplaise à ses détracteurs, la plume de Jérôme Leroy excelle à nous montrer dans Une si douce apocalypse la monstruosité de notre présent comme l'indique la postface au travers de ses nouvelles de politique fiction à la croisée de l'anticipation et du fantastique, de la politique et de la poésie.

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par christophe fétat publié dans : Chroniques sur Jérôme Leroy

Dimanche 13 mai 2007
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