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Samedi 17 novembre 2007
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"Les livres sont faits pour explorer des moments de bascule, des gouttes d'eau qui font déborder le vase, des failles" Olivier Adam

Sélectionné pour le prix Goncourt, le prix Renaudot et le prix Médicis, Olivier Adam n'aura finalement décroché aucun des trois avec son splendide roman sur les sans-papiers de Calais A l'abri de rien dont je vous avais d'ores et déjà parlé sur Muet comme un carpe diem.

A l'abri de rien, d'Olivier Adam















Est-ce parce qu'il a été adapté à l'écran dans un téléfilm de Jean-Pierre Améris Maman est folle qui doit être diffusé ce jeudi 22 novembre sur France 3 que le roman si sensible d'Olivier Adam a reçu le prix France Télévision ?

Toujours est-il que j'ai hâte de voir comment ce réalisateur qui avait d'ores et déjà adapté Poids léger  a réussi à mettre en image l'histoire de cette femme qui peu à peu va s'investir de plus en plus au côté des Sans-papiers kurdes au point d'en oublier sa famille. Le choix d'Isabelle Carré me ravit car depuis longtemps je trouve que cette actrice a une capacité à incarner des femmes sur le fil du rasoir comme dans le film Anna M.

Peu me chaut l'énertel débat sur le fait de savoir s'il vaut mieux lire un livre ou regarder son adaptation à l'écran puisque de mon point de vue ce téléfilm permettra toujours d'amener un peu plus de personnes à se pencher sur la question du sort des réfugiés et des Sans-papiers en général.

J'aime beaucoup ce que dit à ce sujet le romancier dans une interview accordée au site ww.linternaute.com

Ce téléfilm a été primé lors du festival de la Rochelle le 15 septembre dernier (grand prix du jury, prix du meilleur scénario pour Jean-Pierre Améris et Olivier Adam, coup de coeur pour la meilleure fiction, prix du jury des jeunes du Conseil général de Charente maritime)

Olivier Adam est également l'auteur du roman Je vais bien, ne t’en fais pas, adapté au cinéma par Philippe Lioret avec  une interprétation surprenante de Kad  Mérad.
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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Mercredi 14 novembre 2007

Les journaux télévisés ne cessent de montrer les déboires des usagers dans la panade. Ce service public est vital pour la population et c'est bien pour cela qu'il faut en maintenir la qualité et refuser qu'il soit livré aux spéculateurs tranche par tranche.

Ce train de mesures sur les régimes spéciaux en cache bien d'autres, ne soyons pas dupes !
Cette réforme est un cheval de Troie pour aller encore plus loin ensuite pour le régime général.

Par contre le gouvernement se garde bien de réformer en profondeur le régime spécial des parlementaires qui est des plus avantageux lorsque l'on voit à combien se monte la retraite d'un député (pour vous faire une idée  consultez le site de Rue89 ou du figaro entre autres) qui a exercé un seul mandat de cinq ans. Bien des cheminots qui ont côtisé 37,5 ans aimeraient pouvoir toucher une retraite similaire !

Tandis que les cadeaux fiscaux pleuvent pour les plus riches on ne cesse de demander aux plus pauvres de se serrer la ceinture. L'objectif à terme de cette droite décomplexée est de tendre vers le modèle américain avec les risques que l'on sait au vu de la crise immobilière en vigueur aux Etats unis et autres scandales liés aux fonds de pension.

J'ai reçu récemment un communiqué d'usagers qui soutiennent le mouvement des cheminots. Je pense qu'il est intéressant de le diffuser pour contribuer à contrecarrer la propagande gouvernementale.

Grève des cheminots :

Qui nous prend en otage ?

 

« Pas un jour sans qu'il y ait des retards ou des suppressions de trains ! »

 

Vrai !

98% des retards et des suppressions de trains correspondent à des problèmes techniques induits par les économies effectuées sur l'entretien et la surveillance des trains et du réseau ferré (2% seulement sont dus aux grèves !).

De plus, quand il y a panne ou retard, les informations passent mal depuis l'automatisation de l'accueil et des guichets.

Le désengagement de l'Etat par décentralisation aux régions, avant-goût de la privatisation pur et simple de la SNCF, annonce un désastre digne de celui qui fait, depuis sa privatisation, la réputation du chemin de fer britannique.


Dans ce contexte, les cheminots sont très souvent les premières cibles de la colère légitime des usagers, pendant que les vrais responsables (l'Etat et la direction de la SNCF), saboteurs de ce service public fondamental, organisent la propagande médiatique anti-cheminot, et s'enrichissent à nos dépends des non-remboursements de plus en plus fréquents des billets pour cause de retard…

 


« Les cheminots sont des privilégiés ! »

 

Faux ! Le régime spécial a été créé en 1909 pour tenir compte des contraintes du métier de cheminot : spécificité des tâches, obligations de sécurité, continuité du service public. Nous ne sommes plus au temps de la vapeur, mais ces contraintes existent toujours.

120 000 cheminots ont des horaires atypiques ou décalés (de nuit, les weekends end et jours fériés), des conditions de travail qui n'ont rien à voir avec les « privilèges ». En échange de la possibilité de partir à 55 ou 50 ans, les cheminots touchent de plus petites retraites que les autres salariés à qualification égale.

62 % des pensionnés de la SNCF touchent moins de 1500 euros brut par mois. Or on leur demande maintenant de travailler plus longtemps et de toucher moins encore : L'introduction de la décote va se traduire par une baisse des retraites de près de 30 %.

Chacun peut donc comprendre la légitimité de leur colère et de leur volonté de défense. Il faut défendre l'égalité et l'équité entre régimes de retraites, mais par le haut, pas par le bas. Les salariés qui ont des métiers difficiles, pénibles ou dangereux doivent pouvoir partir à 55 ans.

En 1995, on a parlé de grève par procuration. Aujourd'hui le gouvernement prévoit une nouvelle attaque du système de retraite pour tous les salariés, public et privé, après les municipales de 2008 : entre autres, tous les salariés passeront à 41 puis 42 ans de cotisations.

Il y a aujourd'hui une communauté d'intérêts entre ceux qui défendent les régimes spéciaux et ceux qui refusent une nouvelle remise en cause du régime général… Nous sommes tous concernés, et c'est maintenant qu'il faut être solidaires !

L'ex-numéro 2 du MEDEF l'annonce clairement ( Challenges, 4 octobre 2007) : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance, un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie  ».

Quand tous les acquis sociaux auront été alignés par le bas, le gouvernement et le MEDEF n'auront plus qu'à qualifier de « privilèges » nos retraites et nos congés payés !                         
     

 

Novembre 2007

Collectif Lillois d'Usagers Solidaires des Cheminots en lutte

usagers.solidaires@gmail.com

 
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par christophe fétat publié dans : Lire l'actualité

Dimanche 11 novembre 2007

Edition poche










En attendant de trouver le texte sur Belleville évoqué par YanG et Martine dans les commentaires qu'ils avaient postés à propos de mon article sur Mygale, Mon vieux, Moloch  et Comedia, de Thierry Jonquet j'ai découvert chez les bouquinistes Le bal des débris.

Si l'humour n'est pas totalement absent de ces quatre romans, il va sans dire que c'est loin d'être leur vertu cardinale. Par contre, la lecture du Bal des débris est on ne peut plus désopilante.

Dans la biographie composée par Stéphanie Lagny reproduite sur le site officiel de l'auteur, on apprend qu'après avoir abandonné des études de philosophie, Thierry Jonquet  a papillonné d'un emploi à un autre, puis sur le conseil d'un Kinésithérapeute, qu'il avait rencontré après un accident de voiture, il est devenu ergothérapeute.

En 1976 et 1977,  il côtoie des handicapés et des vieillards grabataires dans un service de gériatrie qui vont lui inspirer Le bal des débris . Pour être son premier roman, Le bal des débris ne sera pourtant pas publié qu'en 1984 alors Mémoire en cage l'avait été en 1982 bien que rédigé plus tard.

Pour mettre à distance le spectacle quotidien de la mort, Thierry Jonquet dresse en une centaine de pages le récit cocasse de la rencontre de Frédo et d'Alphonse Lepointre.

Le premier très jeune travaille bon gré mal gré au service de rééducation et exerce le noble art du pousse-chariot. Avec son collègue Budat, Son boulot huit heures durant : "c'est d'aller dans les étages, de virer les vieux de leur lit douillet, de les hisser sur [ses] chariots, et de les expédier dans les bras des kinés. Dans les gros bras plein de poils des kinés.".

Le second avait avant la guerre une vie de truand spécialisé dans l'ouverture des coffres mais a préféré se ranger des affaires après la libération et user de son chalumeau dans le domaine plus légaliste de la plomberie zinguerie.

Très vite, les deux hommes sympathisent et font le constat que "la plomberie et les chariots, ça va bien un temps, mais faut voir plus large.' Lorsque Frédo et Alphonse découvrent qu'une des patientes est la veuve de l'ancien conseiller général du département et qu'elle conserve jalousement une malette remplie de pierres précieuses dans sa chambre surveillée en permanence par un agent de sécurité, ils décident tout de go de la dérober et de changer de vie.

Au fil de pages dont le ton n'est pas sans rappeler les aventures du Poulpe créé par Jean-Bernard Pouy en 1995, Frédo dresse des portraits hilarants des patients et du personnel de l'hôpital qui ont chacun leurs manies, leurs combines mais aussi de sa compagne Jeannine, militante acharnée mais pas du tout décharnée.

La préparation patiente de ce cambriolage peu ordinaire qui va conduire Alphonse à réactiver ses réseaux dans le milieu, son déroulement à proprement parler le jour du bal costumé qui ne sera pas sans rebondissements et enfin le moyen incongru mis au point par les deux complices pour retirer les diamants au nez et à la barbe des pandores qui ont élu domicile dans l'hôpital sont autant d'occasion de s'offrir de longs fous rires !

Néanmoins en filigrane derrière l'humour se glisse une réflexion sur la fin de la vie qui ne laissera pas indifférent et qui est bien dans la lignée des polars plus sombres que Thierry Jonquet publiera ensuite.

D'autres textes de Thierry Jonquet chroniqués dans Muet comme un carpe diem :

La folle aventure des Bleus.... , DRH

Ils sont votre épouvante vous êtes leur crainte

Comedia, Moloch, Les orpailleurs

Mygale

Jours tranquilles à Belleville


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par christophe fétat publié dans : Chroniques sur Thierry Jonquet

Jeudi 8 novembre 2007


Pour éviter que l'on en vienne à vivre des matins bruns tels que ceux que nous décrit Franck Pavloff on peut lire aux enfants cet album de Tomi Ungerer.

Nuage bleu est l'histoire d'un nuage plutôt mafflu et carrément rebelle qui refuse de pleuvoir et d'une façon générale de se conformer aux us et coutumes de ses pairs. Il préfère voguer au gré du vent tout en bleuissant tout ce qu'il touche.

Néanmoins en survolant le monde il est ému par les guerres fratricides auxquelles se livrent les hommes parce qu'ils ne sont pas de la même couleur de peau. Aussi pour éteindre les incendies et mettre un terme aux carnages, il décide de se sacrifier. Il se vide de sa substance pour répandre une pluie bleue sur les hommes qui les rendra tous bleus. La vie en bleue ramène la paix.

Les cyniques pourraient rappeler la blague de Coluche sur l'apartheid où un chauffeur de bus irrité des disputes entre passagers noirs et passagers blancs,  tempête que désormais ils sont tous bleus pour rajouter ensuite que les bleus clairs doivent s'installer devant et les bleus foncés derrière.

Il va sans dire mais cela va mieux en le disant :  les choses ne changeront pas par le cynisme mais par la solidarité et les mouvements sociaux.

Cela devient de plus en plus urgent dans un pays qui se targue de 18000 expulsions de Sans papiers cette année et qui prévoit d'atteindre l'objectif de 25000 expulsions avant la fin de l'année.

POur lire une chronique sur un autre album autour de la couleur cliquez ICI
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par christophe fétat publié dans : Chronique de littérature de jeunesse

Vendredi 2 novembre 2007


Entamer la lecture d'un polar de Thierry Jonquet expose à des sentiments ambivalents.

Si la qualité des constructions narratives le laissera pantois devant leur densité et leur ciselure, il risque d'avoir du mal à surmonter la nausée que les thèmes abordés vont inéluctablement provoquer.

logo ARTICLE 248

Que l'horreur survienne dès les premières pages comme dans Moloch et dans Mygale ou qu'elle survienne au fil de la découverte des zones sombres de l'histoire comme dans Les orpailleurs ou Comedia, le romancier s'ingénie à retarder la compréhension des tenants et des aboutissants de son récit en dissiminant des éléments qui ne feront sens qu'une fois tous mis bout à bout tout en montrant combien les individus sont complexes et jamais tels qu'on se les représente.

Thierry Jonquet - Mon Vieux

Comme de juste dans les romans noirs c'est souvent dans la marge qu'il va aller chercher ses personnages pour mieux nous donner à voir la face cachée d'une société qui ne parvient pas toujours à donner le change. Sans domicile fixe, enfants roumains, réfugiés politiques, travailleur précaire vivant d'expédients, petites frappes, saltimbanques sont autant de voix qui viennent prendre la parole pour dénoncer les injustices, les barbaries orchestrées par d'autres.

Thierry Jonquet excelle à tisser des histoires qui montrent que les destinées individuelles sont conditionnées par les contextes économiques et sociaux de façon inéluctable poussant des individus à commettre l'irréparable ou au contraire à sortir de la routine du quotidien pour devenir sinon des héros du moins des êtres humains.

Ni angélisme ni désespérance totale mais une furieuse envie de regarder la vie telle qu'elle est quitte à tordre le cou à des idées reçues, quitte à écorner les images d'Epinal et les certitudes. Le Sans domicile fixe peut s'avérer être sous sa plume un proxénète comme dans Mon vieux  ou un sauveur improbable mais réel comme dans Moloch ou tout simplement un homme qui s'efforce de surnager dans l'eau tourmentée de l'économie mondiale comme dans La folle aventure des Bleus....

A y regarder de près on se rend d'ailleurs compte que Charlie de Moloch et Adrien de La folle aventure des Bleus ne sont pas sans similitude puisque tout d'eux vont voir leur destinée bouleversée par le cambriolage d'un chantier où ils avaient l'intention de voler un lot d'outillage mais les quatre ans qui séparent ces deux textes apportent au contexte des ombres et des lumières.

NB du 21 février 2008 : Vinnce m'a communiqué dans un commentaire sur Jours tranquilles à Belleville le lien suivant sur l'action de l'association Don Quichotte en faveur des SDF. C'est un très bon reportage qui ne cache aucune des difficultés de ce mouvement de solidarité et donne la parole aux exclus : http://www.dailymotion.com/video/x4d8j5_poudre-aux-yeux_politics

Autres romans de Jonquet chroniqués sur Muet comme un carpe diem

Jours tranquilles à Belleville

La folle aventure des bleus ...


Le bal des débris

Ils sont votre épouvante vous êtes leur crainte

Mygale

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par christophe fétat publié dans : Chroniques sur Thierry Jonquet

Mardi 23 octobre 2007




Tous ceux qui ont  vécu  leur adolescence dans les années 80  en écoutant à en user le saphir de leur pick-up les vynils de Trisomie  21, Bérurier noir , Ludwig von 88 entre deux morceaux d'Hubert Félix Thiéfaine vont trouver dans le film This is england - dont le titre est d'ailleurs emprunté à un morceau de Clash - l'occasion de se replonger dans leurs souvenirs.

Aujourd'hui comme hier il n'y a a pas foule qui sache que le mouvement skinhead ne se limitait pas et ne se limite toujours pas aux nervis de l'extrême droite européenne qui ont multipliés les exactions racistes et pas seulement en marge des défilés du 1er mai du Front national.

Selon l'article de Wikipédia consacré à ce film   "Shane Meadows ayant appartenu à une bande de skinheads au début des années 1980. Le cinéaste anglais a expliqué qu'il avait voulu faire un film sur cette culture parce que les longs-métrages antérieurement réalisés sur le même sujet, Romper Stomper et American History X n'en montraient que « l'aspect négatif », et omettaient « la vraie culture skinhead, qui est née de l'amour pour la musique reggae".

Sur l'article consacré à This is England sur le site de Rue 89 , les skinheads marxistes  ou anarchistes, Redskins, Sharps et autres Rashs,  n'ont de cesse de clamer leurs différences avec les Boneheads fascistes et racistes et de rappeller les racines du mouvement proche des rudeboys jamaïcains. En effet, en dehors des apolitiques qui naviguent d'un camp à l'autre au gré des opportunités de fêtes, les Redskins militent dans les milieux antifascistes et autonomes ou s'impliquent dans les syndicats révolutionnaires.

Les Boneheads sont apparus plus tard tout en s'inspirant des mêmes codes vestimentaires  bombers, docs marteens coquées, chemisettes Fred Perry, bretelles ce qui rend pour le simple quidam non initié la distinction entre les uns et les autres on ne peut plus difficile.

En Angleterre, le mouvement est à l'origine prolétaire, passionné de foot, de reggae et de ska. Le crâne rasé avait dans les premiers temps du mouvement pour vocation d'éviter aux skinheads d'être attrapés par les cheveux par la police montée anglaise.

Comme dans le film La chute de  Bernd Eichinger qui s'attache à montrer l'entourage d'Hitler dans les dernières semaines avant sa mort, on peut s'interroger sur le risque indéniable de banalisation que représente la mise au second plan des exactions commises pour donner à voir les personnages sous un jour quasiment sympathique. Une banalisation dangereuse à une période où Eva Herman, ancienne présentatrice allemande n'a pas hésité à regretter la politique familiale nazie et à mettre en avant que le réseau autoroutier d'Outre-Rhin avait été voulu par Hitler. Ce qui  a donné lieu à des sondages qui donneraient à entendre que plus de 20% de la population allemande tomberait d'acccord avec l'idée que tout ne serait pas mauvais dans le national socialisme.

Il convient d'être vigilant contre toute véilleité d'instrumentalisation de l'histoire de la lecture de la lettre de Guy Mocquet demandée par Sarkozy à la tentative de mettre en avant de prétendus aspects positifs du colonialisme réclamée entre autres par Christian Vanneste, député du Nord, réélu depuis.

Pour autant, le film a ceci d'intéressant qu'il montre comment dans un climat économique et social tendu tel qu'il l'était durant la période tatchérienne, une jeunesse qui cherche ses marques essaie de trouver dans la marge des repères qu'elle ne trouve plus ailleurs.

Si la mère de Shaun s'inquiète de le voir rentrer tard, rechigne à lui acheter les docs marteens qu'il lui réclame avec insistance ou s'indigne de la boule à zéro que lui ont faite ses nouveaux copains, elle comprend vite que si son fils a rejoint la bande de Woody c'est avant tout parce que ce groupe est le seul à l'accepter, à lui prêter attention, à  lui donner  l'occasion de rire, de  construire des liens sociaux aussi contestables soient-ils. Le père du jeune garçon étant mort durant le conflit des Malouines, elle est elle-même mal en point et délègue à ce groupe de jeunes skinheads la prise en charge de Shaun y compris jusqu'à des heures très tardives.

Le retour de prison de Combo va obliger le groupe à prendre position face à ses déclarations racistes et sa proximité avec le National Front. Mais le réalisateur Shane Meadows a choisi de montrer Combo sous un jour psychologisant qui a tendance à le dédouaner  tandis que l'attitude de Woody se limite à l'évitement du conflit. Au final, ils ne seraient tous que des paumés.

Si le contexte de chômage, de guerre des Malouines est mise en avant pour légitimer les errements de ces skinheads avec une critique à peine voilée du nationalisme d'Etat, il manque une condamnation claire et nette de ce glissement des relations entre jeunes marginaux en quête d'amour et de sens vers des exactions racistes inacceptables qui vont du pillage au meurtre. Il manque une mise en lumière du fait que dans le même contexte des jeunes ont choisi non pas de s'en prendre aux Pakistanais désignés comme des boucs émissaires de la crise mais de construire des solidarités, de s'impliquer dans les luttes sociales qui ont fait rage.

Récemment une amie me disait à propos de mon article sur Matin brun de Franck Pavloff  que "la jeunesse n'est pas une excuse". Des jeunes allemands tels que Sophie Scholl et son frère se sont opposés au nazisme.

A lire sur ce film l'article intéressant de liens socio, le portail francophone des sciences sociales.
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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Lundi 15 octobre 2007

Couverture du livre Matin brun de Franck Pavloff aux Editions Cheyne.

Matin brun
de Franck Pavloff fait partie de ces textes qui vous hantent. Moins de dix pages qui suffisent à l'auteur pour montrer combien la liberté est fragile et combien il faut être vigilant si l'on veut la préserver.

Une fable où le conseil insistant du pouvoir de posséder de préférence un chien brun devient rapidement un ordre avant de devenir une menace.

"Résister davantage, mais comment ? ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non ?"

A une époque où les préfets ont des quotas d'expulsions de sans-papiers à tenir, où l'ADN est débattu à l'assemblée, où il est urgent de faire rimer grève avec rêve, relire ce texte qui date de 1998 mais qui n'a pas pris une ride est nécessaire.

Si l'on préfère on peut aussi écouter des comédiens de la compagnie des Farfadets l'interpréter à la médiathèque A. Malraux de Tourcoing le 26 octobre à 17h (gratuit)

Le texte intégral est disponible sur le site de l'humanité : http://www.humanite.fr/2002-07-27_Cultures_-Matin-brun-Franck-Pavloff

Pour découvrir sur ce blog d'autres textes de littérature qui mettent le chien en avant pour servir une réflexion consulter http://muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com/article-14933770.html

NB : expressions comportant le mot chien

- avoir du chien
- un chien de fusil
- dormir en chien de fusil
- un temps à ne pas mettre un chien dehors
- ne pas être chien avec quelqu'un
- réserver un chien de sa chienne à quelqu'un
- chien perdu sans collier
- chien policier
- chien d'aveugle
- chien gâleux
- chien pelé
- chien d'arrêt
- chien de chasse
- chien meilleur ami de l'homme
- chien méchant
- chien errant
- chien de berger
- chien de traineau
- qui veut tuer, noyer son chien l'accuse de la rage
- chien enragé
- chien de garde
- chien de race
- chien-loup
- meute, harde de chiens
- chien d'appartement
- chien de manchon (petit chien que l'on peut placer dans un manchon)
- pâtée pour chien
- museler un chien
- Combien pour le petit chien dans la vitrine ? (chanson)
- pedigree d'un chien
- les chiens aboient, la caravane passe
- se regarder en chiens de faïence
- recevoir quelqu'un comme un chien dans un jeu de quilles
- les chiens ne font pas des chats
- cela n'est pas fait pour les chiens
- le chien-chien à sa mémère
- ne pas attacher son chioen avec des saucisses
- entre chien et loup
- un chien regarde bien un évêque
- avoir, éprouver un mal de chien
- métier, travail de chien
- chienne de vie
- humeur, caractère de chien
- nom d'un chien
- traiter quelqu'un comme un chien
- ah les chiens !
- quelle bande de chien !
- tuer quelqu'un comme un chien
- le chien du jeu de tarot
- chiendent
- chien-assis (lucarne en charpente pour éclairer un comble)

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par christophe fétat publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Samedi 6 octobre 2007
"Quand on a plus l'immunité de la jeunesse, mais pas encore l'excuse de l'âge... Quand on se retrouve, comme l'adolescent le cul entre deux chaises... Quand un début de fatigue commence à éliminer ce qu'il subsiste d'envie."  



Grâce aux relations de l'un d'entre eux, cinq  amis se retrouvent  quelques jours dans une superbe propriété en passe d'être vendue à un Anglais.  L'objectif prétendu de cette escapade à la campagne est d'attendre  l'arrivée de l'éclipse mais à y regarder de plus près, il s'agit de bien autre chose.

Dominique, Isabelle, Jean-Pierre, Héléna et Hubert  vont profiter de ce séjour pour faire le point sur leur vie respective et réfléchir aux avantages et aux limites de l'amitié.

Jean-Pierre, âgé de trente-neuf ans, aime sa femme Claire et ses deux filles mais pourtant  chatte depuis deux ans avec Jan qui a tout juste la vingtaine et le piercing à l'arcade.  A l'occasion de  cette virée, il  impose sa présence  à  ses potes de toujours et leur demande de couvrir bon gré mal gré son infidélité. Ce qui, on s'en doute,  n'est pas sans susciter quelques grincements de dents tout en renforçant paradoxalement dans le même temps leur complicité  du fait de cette clandestinité partagée.

Jean-Pierre oscille entre la détermination de donner corps à ses envies et le désir de retourner dans le giron de son couple légitime avant de franchir le Rubicon avec la jeune femme qu'il voit en fait pour la première fois. Comme tant d'autres, il se demande si dans une vie de couple " on a une quantité de choses à vivre" et s'il est "possible que tout ça se tarisse comme une source asséchée, un fil déroulé", que l'on soit "usés l'un de l'autre".

Le démon de minuit n'a pas de prise sur Dominique mais pour autant sa vie n'en est pas plus simple car il trompe sa femme avec Héléna  une de ses meilleures amies et n'a rien trouvé de mieux pour se rabibocher avec elle que d'inviter sa maîtresse à cette excursion "amicale" alors qu'Isabelle s'efforçait de tourner tant bien que mal la page pour que son couple perdure.

Hubert assiste à ce charivari amoureux comme un biaffré condamné à observer de loin un festin auquel il n'aurait pas été invité. Fleur bleue, fan des classiques ringards des années 70, Il va permettre au grand dam de ses amis de faire rimer ce huis clos avec Cloclo et Adamo. Hubert qui est un homosexuel désireux de trouver l'âme soeur sur les sites de rencontre, se demande ce qu'il fout là jusqu'à ce qu'il découvre le cyber-café-restaurant-bazar de Marcel.

Qu'est-ce que l'amour, qu'est-ce que l'amitié, quel sens donner à l'existence ? Des questions éculées et qui pourtant n'en ont pas fini de torturer ces personnages hauts en couleurs et en douleurs. Fort heureusement, Ils n'en oublient pas de rire, de picoler, de jouer entre deux engueulades ou coups de blues car c'est ainsi que va la vie clopin clopant, cahin-caha à hue et à dia. Chacun fait comme il peut voilà tout...

Comme vous et moi, non ?

Avec des dessins en nuances de gris comme pour dire que rien n'est manichéen et des dialogues tantôt d'une banalité à faire peur tant ils évoquent notre quotidien tantôt d'une profondeur quasi philosophiques, Fane et Jim réussissent là une merveille à partager entre amis !
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par christophe fétat publié dans : Chronique de bande dessinée

Samedi 6 octobre 2007
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Pour ceux et celles qui veulent en savoir plus au quotidien sur la lutte des Sans papiers  de la métropole lilloise vous pourrez désormais consulter le blog du CSP 59.

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Dans les derniers articles publiés un compte-rendu du concert de soutien du 30 septembre 2007 qui a réuni plusieurs milliers de personnes (voir les photos de Philippe Revelli), un témoignage de Miloud l'un des grévistes de la faim de cet été qui a été expulsé vers le Maroc, la déclaration de plusieurs associations, organisations et syndicats lillois sur cette lutte.
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par christophe fétat publié dans : Lire l'actualité

Dimanche 30 septembre 2007
Lorsque l'on met le holà on ferait bien de se demander où l'on a mis le bas, le vil car si la langue espagnole fait suivre holà de qué tal, la langue française ne le fait pas. A trop regarder de haut la personne à qui l'on met le holà on en oublie de se demander comment elle va.

Le plus souvent définie comme une injonction à l'autre de s'arrêter, de se modérer et une volonté de mettre fin, de mettre bon ordre à quelque chose, l'usage a perdu de vue un des sens figurés de l'expression "mettre le holà" sans qu'il soit suivi de "à" : mettre fin à une querelle, une bataille. D'où l'importance du dialogue.

Pour ce qui est de "Qué tal ?" Les deux vieilles et le temps représentés par Goya rappelleront si besoin était l'importance de cette question.

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par christophe fétat publié dans : Divers et avarié

Samedi 22 septembre 2007

le DVD de 'Déjà Vu'
La sortie du dvd du film Déjà Vu ainsi que la nouvelle Abattez Karl Marx de Jérôme Leroy dans son recueil Comme un fauteuil Voltaire dans une bibliothèque en ruine où un nervi du régime totalitaire voyage dans le temps pour assassiner celui qui est la source de bon nombre des problèmes des dominants du futur pour tenter en vain de stopper les révoltes me conduisent à ressortir une chronique que j'avais écrite à la sortie du film pour un autre site :


L'Invention de Morel


La possibilité d’intervenir sur le passé ou le futur pour les modifier lorsqu’ils sont synonymes de catastrophes individuelles ou collectives est un thème récurrent de la science fiction depuis H. G. Wells. Du château des Carpathes de Jules Vernes à l’invention du docteur Morel de Bioy Casares une autre lignée de romans montrent des personnages qui cherchent à mettre le temps entre parenthèses pour le revivre indéfiniment. On donnera une place à part aux nouvelles concises mais incisives de Frédric Brown sur le paradoxe  temporel dans son recueil Lune de miel en enfer.



Le cinéma n’a pas été avare d’adaptations de ces textes cultes. Vous vous souvenez sans aucun doute du célèbre Dead zone inspiré par le roman du même nom de Stephen King où le personnage cherche à empêcher l’avènement d’un nouvel Hitler ou des maîtres du temps réalisé par René Laloux sur des dessins de Moebius inspiré par L’orphelin de Perdide de Stefan Wul où un vieux loup de l’espace aide un enfant qui s’avère être lui-même perdu sur une planète hostile.

 

Dead Zone


Plus récemment (au risque de tomber dans le Name dropping mais il s’agit de dresser une typologie de films) Total Recall avec Shwarzenegger, Eternal Sunshine avec Jim Carrey, Solaris avec Georges Clooney ou Paycheck avec Ben affleck avaient exploré le rapport avec le passé et la mémoire que l’on en a qu’il est toujours tentant de modifier pour mieux vivre son présent.

A la mi décembre est sorti Déjà vu réalisé par Tony Scott avec pour acteur principal Denzel Washington qui développe comme dans Minority report avec Tom Cruise l’idée que le gouvernement s’est doté d’une brigade policière spécifique pourvu d’un système d’observation du temps. Dans les deux films il s’agit d’arrêter les criminels avant qu’ils ne commettent leur délit en l’occurrence pour Déjà vu empêcher un attentat terroriste d’un extrémiste américain qui pousse le patriotisme jusqu’au délire sanguinaire.

Comme le dit Gérard Klein dans sa préface au volume de son anthologie de SF consacrée à cette thématique du voyage dans le temps (on la trouve encore parfois dans les vides greniers ou chez les bouquinistes). la tâche des réalisateurs ou des écrivains n’est pas simple car il s’agit de faciliter la « suspension volontaire de l’incrédulité » pour rendre ces bonds dans le passé vraisemblables.


Dans un cas comme dans l’autre finalement peu importe la validité des explications scientifiques avancées dans le film la magie de la fiction opère et décline très habilement les différents problèmes du paradoxe temporel. Peut-on changer le passé ? Voyager dans le passé ne revient-il pas à faire en sorte que ce qui est déjà arrivé puisse arriver ? Doit-on le changer lorsqu’on le peut ? Le happy end final inévitable dans une production hollywoodienne ne gâchera pas le plaisir de ce bon film d’action à caractère fantastique doublé d’une belle histoire d’amour où Denzel Washington montre s’il en est encore besoin qu’il est un acteur d’une très grande sensibilité. Ce film n’est certes pas un chef d’œuvre comme Mulholland Drive ou 2046 qui jonglent avec les cycles du temps avec une virtuosité déroutante mais vous passerez le temps de manière très agréable.

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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Jeudi 20 septembre 2007

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Il est rare que la lecture d'une quatrième de couverture suffise en soi à me donner envie de lire un roman. En effet, je considère souvent que le meilleur moyen de rentrer dans un livre est de parcourir au petit bonheur ses pages, quelques paragraphes, pour entendre si une mélodie, des thèmes, des images se dégagent cette lecture kaléïdoscopique.

 

Mais pour avoir lu bon nombre des romans et des recueils de Jérôme Leroy, force est de constater que l'extrait de la nouvelle éponyme de Comme un fauteuil Voltaire dans une bibliothèque en ruine placé au dos du livre a été particulièrement bien choisi. Il est tout à fait représentatif de la substantifique moëlle de la démarche littéraire de l'auteur :


«  - Mais vois-tu, il y a trente ans, quand j'étais petit garçon, si l'on m'avait dit que j'allais vivre dans un monde où l'on risque sa peau en mangeant, en se baignant, en faisant l'amour, un monde où il faut accepter de porter des masques certains jours, où la fête est devenue une obligation, un monde où l'on bombarde ses propres banlieues, où l'eau manque, où l'on ne peut plus jamais être seul sans avoir l'air suspect de maladie mentale, où vouloir faire un enfant à une femme en entrant en elle est devenu obscène, alors, tu vois, j'aurais dit à ce type que j'aimais bien la science-fiction, mais que, là, il y allait tout de même un peu fort. Qu'il n'était pas crédible... On supporte tout ça parce que ce n'est pas arrivé d'un seul coup, mais à doses homéopathiques, mois après mois, année après année. En fait, la catastrophe est lente, Agnès, terriblement lente. C'est une fin du monde au ralenti. Tu comprends ?
- Je crois que oui. Hélas, je crois que oui. »


L'inquiétante étrangeté du futur que nous annonce Jérôme Leroy livre après livre tient à ce que dans notre monde actuel se dégagent indubitablement des tendances lourdes qui vont dans ce sens. S'il n'en fallait que quelques exemples, citons les récentes polémiques autour de la volonté de dépister précocement les comportements asociaux des enfants ou la volonté d'utiliser les tests ADN pour tout et n'importe quoi, l'accentuation du fossé entre une hyperclasse de plus en plus riche et une population qui se paupérise de plus en plus.

 Pour masquer l'horreur du système qui se profile un peu plus près qu'à l'horizon, le romancier à l'instar des philosophes qui n'ont eu de cesse de l'inspirer, rappelle que les tenants du pouvoir falsifient la réalité pour soumettre l'humanité aux nouvelles conditions de vie.

 Ainsi on suivra dans ce recueil les enquêtes du commissaire Borgès qui en bon chien de garde interpelle, rééduque et si besoin élimine toutes les personnes qui sont susceptibles de porter atteinte aux intérêts des dominants : de l'arrestation d'une personne qui a cessé progressivement de consommer à l'assassinat de Karl Marx dans le passé, tous les moyens sont bons pour briser les révoltes et maintenir l'ordre établi.

 Mais le recueil présente également la folie furieuse de quelques individus que ce monde névrosé ne peut qu'engendrer tel ce propriétaire troublant de Flambée immobilière qui recrute ses locataires selon des critères interlopes ainsi que des personnages désinvoltes qui constituent à eux seuls des contrepouvoirs évidents comme ce séducteur d'Une sorcière dans la cuisine qui répète à l'envi qu'il est un vieux con et qu'un jour il faudra qu'il paye.

 Rajoutez à cela quelques anges, quelques fantômes et autres vampires, une énorme dose d'humour mâtinée d'ironie et vous aurez une petite idée de ce qui vous attend dans ce bijou de style d'un auteur au carrefour de Brown et d'Orwel qui ne cache pas ses sympathies pour le monde d'avant la chute du mur de Berlin et son intérêt pour Hugo Chavez sur le blog des moissonneuses à qui il dédicace ce livre.

Autres textes de Jérôme Leroy chroniqués sur Muet comme un carpe diem

Un été à Capone-les-bains

Comme dans un fauteuil Voltaire dans une bibliothèque en ruine
Le cimetière des plaisirs

rendez-vous rue de la monnaie
Rêves de cristal, Arques 2064
Départementales
La grâce efficace
Une si douce apocalypse
Bref rapport sur une fugitive beautée

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par christophe fétat publié dans : Chroniques sur Jérôme Leroy

Jeudi 30 août 2007
A l'abri de rien, d'Olivier Adam



















L'oeuvre d'Olivier Adam est  jalonnée de ces Bras cassés sur lesquels la vie s'acharne encore et encore et qui pourtant continuent à avancer vaille que vaille, foutu pour foutu,quitte à instiller dans leur vie cette poésie dont le quotiden semble manquer si cruellement.

L'héroïne de A l'abri de rien vient de perdre son emploi de caissière car elle a envoyé paître un client qui comme tant d'autres passait ses nerfs sur elle et qui avait tout du petit chef vicieux qui pourrit la vie de tout le monde. Du coup, la voilà confinée entre les quatre murs de cette maison de lotissement où elle vient d'emmenager avec son mari Stéphane et leurs deux enfants Lucas et Lise.

Marie et Stéphane s'aiment mais c'était planqué sous la graisse du quotidien et des emmerdes, une couche comme on en a tous. Marie lui est redevable de l'avoir ramassée à la petite cuiller lorsque sa soeur Clara est morte dans un accident de voiture avec un groupe d'amis mais elle n'en peut plus de cette vie où tout n'est qu'uniformité, où les yeux sont vides, les gestes absents, où ceux qu'elle croise ont l'air tout comme elle d'ailleurs de robots, de créatures déshumanisées à force d'encaisser, de faire face aux fins de mois difficiles et aux soucis en tout genre sans espoir que cela puisse changer ne serait-ce qu'un peu.

Elle s'essaie de s'accrocher à la façon de cette mère dans La petite chartreuse  de Pierre Péju qui chaque jour parcourt un peu plus de kilomètres en voiture en attendant l'heure d'aller chercher sa fille à l'école. Comme elle un jour elle finit par ne pas y aller.

Pourquoi ? Parce qu'en découvrant le centre d'aide qui distribue des repas chauds aux Sans Papiers qui attendent de trouver le moyen de passer en Angleterre, elle a fini par donner un coup de main. Elle y a retrouvé Jallal qui l'avait aidé à changer sa roue sous une pluie battante et qu'elle n'avait pas su remercier parce que comme tout le monde elle avait peur de ces hommes qui luttent contre le froid et errent autour de la ville entre deux rafles et passages à tabac, entre deux bagarres.

Peu à peu, elle délaisse son foyer, ses enfants et son ami pour passer de plus en plus de temps avec Jallal, Drago, Béchir et les autres. Entre deux souvenirs de sa jeunesse insouciante avant la mort de Clara où elle passait son temps à danser, à boire et à se frotter aux jeunes Anglais venus faire la fête sur le littoral français, Marie s'investit de plus en plus aux côtés de Josy et d'Isabelle.

Des distributions devant la mairie, elle en vient à suivre les démarches de demande d'asile, à aider Isabelle qui accueille illégalement mais on ne peut plus humainement quelques Kosovars chez elle tous les soirs pour qu'ils puissent prendre une douche, faire une partie de cartes, danser, rire, boire un peu d'alcool en dépit des interdits religieux, dormir au chaud et oublier un peu leurs infortunes.

Alors forcément cet engagement finit par avoir de plus en plus de répercussions sur son couple, ses enfants, sa vie sociale. Le quartier la montre du doigt, les camarades de son fils aîné qui trouvaient déjà que Lucas était trop couvé par sa mère et ne se privaient pas de lui faire sentir, se déchaînent littéralement lorsqu'elle vient en aide aux réfugiés. Son mari risque de perdre lui aussi son emploi car il commence à péter un plomb devant l'attitude de sa femme.

Marie est-elle comme tous ces gens qui viennent faire un don au centre d'aide plus pour qu'on leur dise qu'ils sont formidables que par réelle solidarité ? Qu'est-ce qui la lie aussi fortement à ce militantisme dont elle ignorait tout hier ? Jusqu'où ira t-elle ? Finira-t-elle par rentrer dans le rang ?

Olivier Adam est passé maître pour mettre à ciel ouvert les failles des individus et de notre société. Ses phrases qui oublient les virgules comme on oublie de respirer sont comme la pluie, elles griffent mais c'est salutaire.


Pour lire la chronique sur le téléfilm tiré de ce roman : http://muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com/article-13864570.html
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par christophe fétat publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Mardi 28 août 2007
http://www.indigenes-republique.org/IMG/cache-146x99/arton704-146x99.jpg

Mercredi 29 aout à partir de 14h sur la place de la République à Lille des groupes locaux s'engagent auprès des sans papiers lillois grévistes de la faim (musique latino, hip hop, slam, capoeira, etc.)

A 18h manifestation et à 20h Concert du groupe Ministère des affaires populaires groupe de Rap, Hip hop musette (si si ça existe et c'est très festif !) dont vous trouverez plusieurs vidéos sur daily motion dont la suivante

http://www.dailymotion.com/relevance/search/minist%C3%A8re+affaires+populaire/video/x1puby_balle-populaire_music


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