Samedi 31 janvier 2009
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Hasard ou nécessité, je constate que Louise Michel semble en inspirer plus d'un en ce moment.Ainsi on pouvait lire lors de la manifestation unitaire lilloise du 29 janvier dernier sur la pancarte d'un membre du RASED (réseau d'aide pour les enfants en difficulté) menacé par les réductions du nombre de postes dans l'éducation nationale, cette citation de l'institutrice anarchiste : "La tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter."
La pancarte était qui plus est surmontée d'une chaussure comme une invitation à botter le train des réformes en cours.
Benoît Délépine et Gustave Kervern ont pour leur part choisi de donner carrément le nom de la révolutionnaire de la Commune à leur dernier film et partant à son personnage principal incarné par Yolande Moreau.
L'ancienne figure phare des Deschiens campe une ouvrière d'un genre particulier (sic) qui se porte volontaire auprès de ses collègues pour recruter avec leurs indemnités de licenciement un tueur à gage.
Leur patron voyou a en effet déménagé les machines de l'entreprise en pleine nuit après avoir organisé une remise de blouses brodées à leur nom et promis monts et merveilles à ses ouvrières dans un discours odieux où il les invitait à encore plus d'abnégation et de résignation pour maintenir à flot l'entreprise qu'il a lui-même ruinée par une gestion calamiteuse.
Aussi, après avoir envisagé un temps d'ouvrir ensemble une pizzéria avant de se rendre compte de l'infaisabilité du projet faute de finances suiffisantes, elles finissent par décider de se venger de ce monstre d'égoïsme, paternaliste en diable et nostalgique du droit de cuissage.
Mais tuer le responsable de leur licenciement va s'avérer plus problématique que prévu, car d'une part l'agent de sécurité qui se propose de mener ce contrat à bien est un huluberlu incompétent et d'autre part chaque fois que tant bien que mal il parvient à ses fins par des moyens détournés dont je vous laisse la surprise, la presse dévoile qu'une autre personne chapeautait celle que ces femmes en colère venaient de faire abattre.
Le film a certes quelques lenteurs et les situations surréalistes qui accompagnent les frasques de ce tueur à gage farfelu virent parfois au joyeux n'importe quoi dans la pure tradition grolandaise et fleurent la condescendance envers les plus humbles mais cela donne néanmoins matière à réfléchir à l'horreur économique qui broie les individus.
Par ailleurs Bouli Lanners - dont j'avais d'ores et déjà adoré l'émouvant road-movie Eldorado qui lui aussi oscille entre surréalisme et absurde décomplexé pour décrire deux paumés attachants - et Yolande Moreau qui n'est plus à présenter forment un couple décapant et atypique qui fonctionne à plein tout au long du film.
Certes la citation finale de Louise Michel a de quoi faire frémir par son radicalisme
mais n'est-elle pas de nature à rendre compte du désespoir de tous ceux et toutes celles qui du jour au lendemain sont jetés à la rue parce que des financiers jouent aux apprentis sorciers sans se
soucier des conséquences sociales ou plus exactement en les organisant de manière cynique.Dans le même ordre idée, lors d'un récent journal télévisé, on entendait un quinquagénaire qui participait à la mobilisation du 29 janvier qui sans être un révolutionnaire exprimait sa colère devant les milliards versés aux banques qui nous ont plongé dans la gabegie actuelle.
La mobilisation fleuve de cette fin janvier demande à être consolidée pour que la précarité change enfin de camp et que tous ceux qui sèment la misère sans vergogne récoltent la colère légitime de la population qui en a plus qu'assez que les élites et les édiles socialisent les pertes et privatisent les bénéfices.
Pour ce faire il faudra donc que la base impose ses vues et qu'elle se réapproprie l'organisation de la lutte sans pour autant tomber dans la barbarie face à des directions syndicales qui cherchent à la museler.
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Par christophe fétat - Publié dans : Chronique de film
Par christophe fétat - Publié dans : Chronique de film

Dans bien des livres qui abordent la question du voyage au travers des époques, la principale motivation pour remonter le temps est de chercher à modifier l'histoire d'un individu voire
l'Histoire tout court. La science-fiction a largement développé l'idée qu'agir sur un fait apparemment insignifiant tel que déplacer une boîte de conserve sur une étagère pouvait avoir des
conséquences terribles selon le principe du battement d'ailes d'un papillon qui déclenche une tempête de l'autre coté du globe.
Je ne remercierai jamais assez Alfredo Smith Garcia et
Jenny Suarez-Amès de m'avoir fait découvrir Donald Westlake, génial créateur de John Dortmunder dont les péripéties m'ont fait hurler de rire à des moments où j'avais plutôt envie d'hurler de
rage tant l'actualité fut anxiogène cette année.
Aujourd'hui je partage leur peine en apprenant sur leur blog que

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