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Lundi 2 avril 2007

Ensemble, c'est tout

 

 

 

 

 

 

Lorsque Ensemble c'est tout  d'Anna Gavalda a été publié, Fabienne, ma frangine d'adoption, a été une des premières à le lire et ensuite le livre  est passé de main en main dans le cercle de ses proches gagné par son enthousiasme pour ce roman.  Que de discussions autour de ce livre qui semblait être l'incarnation de ce cri d'espoir des bras cassés auquel nous voulions tous croire.

Par la suite j'ai lu d'autres textes d'Anna Gavalda et je n'ai jamais été déçu. J'ai adoré Je l'aimais (sans doute parce qu'il me semblait le complément de Passion simple d'Annie Ernaux et de Sa femme d'Emmanuèle Bernheim) qui raconte les discussions entre une femme et le père de son mari lorsque ce dernier s'envole avec une autre la laissant seule avec leurs filles m'a secoué par cette exposition de la difficulté à faire les bons choix pour ne pas rater sa vie avec ce viel homme qui défend l'attitude inacceptable de son fils parce que lui n'a pas osé faire de même et quitter son épouse pour rejoindre celle qu'il aimait ;  L'échappée belle qui narre comment des frères et soeurs s'éclipsent sans crier gare d'un mariage pour rejoindre un des frères absent en faisant fi du qu'en dira-t-on tant ils sont liés ; mais surtout le recueil Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part dont le titre est tiré du texte de ma nouvelle préférée Permission à la chute est aussi romanesque que porteuse des contradictions des sentiments amoureux.

En allant voir l'adaptation cinématographique qu'en a fait Claude Berri, je ne m'attendais pas au chef d'oeuvre mais je voulais renouer avec le réconfort que m'avait procuré il y a près de trois ans la lecture du roman à une période si difficile de ma vie. Ce film a au moins un mérite, c'est de mettre un peu plus en lumière le personnage de Philibert que dans le roman grâce à l'interprétation de Laurent Stocker qui dépasse à mes yeux celle d'Audrey Tautou et de Guillaume Canet.

 pour voir la bande annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18722858&cfilm=109636.html

 Je suis ensuite reparti dans la vraie vie pour aller voir l'exposition dont je vous ai parlé hier puis j'ai pris mon vélo pour déambuler dans les rues d'Hellemes à la recherche des fenêtres qui parlent en exposant des créations d'artistes et tomber par hasard sur une maison pleine de silhouettes du personnage clownesque qui revient toujours dans les pochoirs et collages de Miguel Donvez dont j'avais aimé le travail à la braderie de l'art de Roubaix. Le hasard a voulu que je connaisse, pour les avoir croisés à maintes reprises chez des amis, Véronique la propriétaire de la maison et son ami Didier qui ont ouvert la porte lorsque je passais devant la maison . Qui plus est, ils organisaient chez eux une exposition de nouvelles créations de Miguel Donvez autour d'un apéro concert.  De quoi retrouver le sourire car la vie doit rester belle quoiqu'il arrive !

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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Mardi 6 mars 2007

Entre adultes

Ne vous laissez pas abusez par l'affiche qui nous montre complaisamment un décolleté généreux.. C'est l'arbre qui cache une forêt luxuriante et inquiétante ou pour le dire autrement c'est le sein rongé par le cancer d'un désir protéiforme qui conduit à tous les écarts, à toutes les bassesses, à toutes les humiliations, à toutes les audaces. Entre adultes de Stéphane Brizé se regarde entre rires et larmes. De cette chaîne humaine, où l'on passe d'un couple à l'autre par l'un des deux membres, il ressort que vivre une relation amoureuse ou plus prosaïquement une partie de jambes en l'air est beaucoup plus compliqué qu'il n'y paraît. Ce film ne nous épargne rien.

Le mari qui s'offre une aventure de ci de là sans vergogne en abusant du manque de confiance en elle de sa femme au chômage. Femme qui pour retrouver du travail en vient à accepter de céder aux injonctions salaces d'un chefaillon commercial. La même crapule qui se fait malmener à son tour par une prostituée qui se fout royalement de son désarroi sentimental. On la retrouve en train de donner la réplique lors d'une remise de cadeau un peu spéciale à un autre homme dont la propre femme s'offre au premier venu par dépit acr il ne la touche plus. Un de ses amants est en quête narcissique et faute de se voir rassuré sur ses qualités viriles retourne chez son ex qui ne veut plus de lui, et on la comprend aisément,  mais elle-même attend désespéremment que l'homme marié avec qui elle a désormais une liaison ouvre la boîte de Pandore et quitte sa femme.  Une femme qui s'interroge sur le passage à vide de leur couple sans en comprendre et compulse les magazines féminins et ses articles psychologiques pour comprendre pourquoi elle fait des rêves érotiques où un de ses amis dont le couple bat de l'aile joue un rôle très particulier. Etc.

C'est intimiste et pourtant cela touche à l'universel voire au banal néanmoins au final cela en dit long sur cette époque où la quête de tendresse en dépit des miroirs aux allouettes qui scintillent de mille feux sur les sites de rencontres reste toujours aussi ardue. Dans la foulée de ce film relisez Houellebecq ou tombez amoureux en connaissance de cause !

http://www.entreadultes-lefilm.com/

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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Mardi 20 février 2007

L'image “http://eklectik.info/images/2007/0701/InlandEmpire.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Les créateurs de tout poil et surtout les créateurs de poil à gratter sont parfois durs à suivre. Le dernier film de David Lynch est alambiqué au possible car comme dans Mulholland road , il multiplie les mises en abîme qui confinent aux mises en péril.

Le fil conducteur d'Inland Empire est le tournage d'un long métrage sur un thème archi rabattu : l'adultère et le crime passionnel. On suit les comédiens dans leurs déambulations dans l'envers du décors du studio en ne sachant plus où se situe la fiction et la réalité, l'onirisme et le cauchemar, le bien et le mal. La tyrannie du désir de comprendre mise en exergue dans le spectacle de Julien Bouffier (cf article sur Remenber the Misfits) met à mal le spectateur qui comme les personnages perd ses repères spatiaux et temporels dans cette déconstruction progressive du récit par déclinaisons successives de quelques leitmotivs aussi hermétiques les uns que les autres.

Tout est dérangeant : les gros plans sur des visages qui révèlent chaque imperfection grumeleuse de la peau des acteurs vedettes, le passage récurrent par le salon d'une famille de lapins qui semblent sortis du haut de forme du chapelier fou d'Alice au pays des merveilles, le climat fantastique créé par cette kyrielle de personnages aux gueules troublantes et ces passages d'un lieu à un autre par des couloirs et des escaliers qui finissent par faire penser aux réseaux neuronaux qui établissent des connections selon un hasard qui n'en est pas un à mi chemin entre les romans noirs d'un Gustav Meyrink ou d'un E.T.A. Hoffmann qui met la malédiction à chaque coin de rue et les nouvelles diaboliques d'un Barbey d'Aurevilly avec ses lampes rouges et ses rassemblements improblables de femmes ayant aimé le même homme mystérieux, les délires humoristiques au moment où l'angoisse est à son comble qui offre un répit de courte durée avant une nouvelle plongée en apnée dans l'horreur qui prend de l'ampleur, la durée interminable du film qui vous arrache inéluctablement des baillements d'ennui et vous tiraille entre l'envie de lâcher prise et celle de tenir vaille que vaille jusqu'au bout en sachant qu'il vous laisse encore plus dépourvu qu'au départ du film.

Je suis ressorti de ce film nauséeux, courbaturé, déstabilisé en me demandant comment Lynch réussissait à nous entraîner dans un monde aussi tarabiscoté. Mon snobisme rampant me pousse-t-il  à apprécier tout ce qui est complexe et hermétique simplement parce que c'est complexe et hermétique ? Ou Lynch montre -t-il d'un doigt accusateur des universaux que nous voudrions tous oublier qui pourtant nous fascinent autant que nous les rejettons ? A vous de voir ou de ne pas voir !

http://www.inlandempire-leblog.com/

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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

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