La littérature policière fut
longtemps dépréciée comme un genre mineur. Pourtant depuis longtemps bon nombre d’auteurs depuis Simenon ont prouvé qu’il n’en était rien. Fred Vargas, médiéviste et archéologue, propose avec
L’homme à l’envers une magnifique transposition de la légende du loup garou dans notre époque.
Les personnages de ce roman sont pour le moins surprenant.
Camille, jeune fille indépendante, plombier et compositrice qui dans les moments de doute compulse le catalogue de bricolage.
Soliman, jeune africain abandonné dans un village de montagne à sa naissance qui récite les définitions du dictionnaire fort à propos et invente ad hoc des contes plus ou moins hermétiques pour transmettre son point de vue sur les événements.
Le Veilleux berger qui comme son nom l’indique est toujours aux aguets pour protéger son troupeau et ses proches.
Lawrence spécialiste canadien du monde sauvage qui passe plus de temps à observer les loups du Mercantour qu’auprès de Camille avec qui il vit une aventure hors norme.
Lorsque la mère adoptive de Soliman se fait tuer celui que les villageois surnomment le trappeur ne met pas longtemps à leur faire faire le rapprochement entre les brebis égorgées récemment dans la région et les blessures qu’elle porte au cou.
S’en suit une enquête sur la trace de Massart qu’ils soupçonnent tous sinon d’être un véritable loup garou dont les poils resteraient sous la peau pendant la journée du moins un psychopathe sanguinaire. Dans une bétaillère puant le suint de mouton transformée en camping car de fortune, Camille, Soliman et le Veilleux parcourent la France pour retrouver l’assassin. Rapidement rejoints par le commissaire Adamsberg, ancien amant de Camille, aux méthodes d’investigation qui s’appuient plus sur la déambulation rêveuse que sur la recherche d’ADN, ils finiront par découvrir que l’enseignement de la lettre volée d’Edgar Poe reste toujours d’actualité.
Par christophe fétat - Publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles


Commentaires