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Samedi 21 avril 2007

Je ne suis pas un afficionado des peintures urbaines qui trop souvent confinent au jet d'urine pour marquer un prétendu territoire. Pourtant les fresques de la rue Boldoduc d'Hellemes qui s'étendent sur plusieurs dizaines de mètres me plaisent beaucoup. Je n'ai photographié que les fragments qui m'interressaient le plus.

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par christophe fétat publié dans : Expositions

Samedi 21 avril 2007

Au moment où le libéralisme triomphe et à la veille d'une élection présidentielle et surtout du 1er mai qui avant d'être mué en jour férié par Pétain était un jour de grève et de luttes, le rappel de ce slogan pourtant ancien ne fait pas de mal ! J'ai pris cette photographie face au square de l'Internationale à Hellemes ! Ce qui renforce son message, non ?

 

 

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par christophe fétat publié dans : Lire l'actualité

Jeudi 19 avril 2007
Affiches de cinéma

Erotamanie : illusion délirante d'être aimé par quelqu'un, qui conduit à la poursuite incessante de l'objet aimé.

 

L'inquiétante étrangeté du personnage d'Anna M réside dans le fait que nous avons été, nous sommes ou nous serons tous amoureux. Nous avons tous subi tantôt les âffres tantôt l'exaltation de l'amour. Par conséquent, nous connaissons tous ces instants où le doute nous tenaille et nous fait osciller entre le réflexe protecteur de ne pas prendre nos désirs pour des réalités afin de ne pas surestimer des marques d'attention de l'être aimé et la joie de supposer que notre amour est payé de retour. Dans la majorité des cas l'individu est à même après quelques temps de vérifier si cette attirance est réciproque et sait composer avec la réalité, bon gré mal gré, dans le cas d'une déception.

 

Mais le personnage incarné par Isabelle Carré n'en est pas capable, loin s'en faut. Etiolée par l'ennui d'une vie morose où sa profession de restauratrice de manuscrits à la BNF et sa cohabitation avec une mère qui n'a pas l'air d'être au mieux non plus ne lui offrent guère de perspectives alors elle en vient à tenter de se suicider. Opérée par le docteur Zanevsky qui lui rend l'usage de ses jambes, elle finit par le suivre à son insu jusque dans une librairie et voir dans le fait qu'il tousse lorsqu'il dépose un exemplaire du Cantique des cantiques qu'il vient de feuilleter le signe qu'il l'a vue et qu'il lui indique qu'il aime.

 

S'en suit une montée en puissance de l'aggressivité d'Anna qui bascule dans la folie inéluctablement en dépit des tentatives du médecin de la tenir à distance. Torturée par sa jalousie vis à vis de la femme du chirurgien, elle passe graduellement des points de non retour qui l'emmène à aggraver crescendo son harcèlement.

 

Michel Spinosa accroit la tension de son film en évitant le manichéisme et en montrant la difficulté de déterminer qui est victime en dépit de la violence de son personnage. Il montre comment elle s'efforce d'échapper à l'attraction qu'elle éprouve en se donnant au premier venu, comment dans un premier temps elle obtempère à l'injonction d'arrêter ses appels sous la menace d'un dépôt de plainte, l'ampleur de ses regrets lorsqu'elle lui écrit. De même, il nous expose la faiblesse de la réaction du docteur et de sa femme puis des institutions lorsqu'il cherche de l'aide ce qui contribue à la pousser à aller plus loin faute d'entrâve à sa soif de se rapprocher de lui. Comme elle le dit « aimer n'est pas un crime » et lorsque nous nous retrouvons face à quelqu'un qui dit nous aimer et que nous ne partageons pas ses sentiments nous éprouvons de la gêne car sans vouloir bercer l'autre d'illusions nous ne voulons pas le blesser car nous savons bien combien l'amour peut faire mal.

 

Mais l'amour peut virer à la psychose et comme le précise Daniel Lagache dans La jalousie amoureuse au travers d'études cliniques la frontière est mince entre la jalousie dans sa dimension maladive et l'érotomanie : «Dans la psychose le passage de la jalousie à l'érotomanie peut être interprété comme passage du conflit avec la réalité à une satisfaction déréelle. ». J'avais lu ce pensum de psychologie du temps où j'étudiais l'oeuvre d'Emmanuèle Bernheim qui présente son lot de femmes torturées par l'amour qui pourraient être les soeurs d'Anna M.

 

Anna M fait peur car elle nous montre un visage humain. Un peu comme le Frankestein de Mary Sheilley qui nous trouble moins par ses excés que par les points de similitudes qu'il partage avec nous. Isabelle Carré que j'avais d'ores et déjà adorée dans La femme défendue a su montrer à merveille cet aspect de son personnage. Je vous invite au travers des interviews vidéos à écouter ce qu'elle dit d'Anna M.


Interview vidéo d'isabelle Carré avec des images du film :
http://www.premiere.fr/premiere/cinema/magazine-et-exclus/interviews/anna-m-l-interview-d-isabelle-carre

Interview de Michel Spinosa et Isabelle Carré en vidéo : http://allochats.blogs.allocine.fr/index.blog?blog=allochats&themeID=13051

Interview d'Isabelle Carré retranscrit à l'écrit: http://www.dvdrama.com/news.php?19748

Une chronique sur le film qui m'a plue : http://www.fluctuat.net/4195-
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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Mercredi 18 avril 2007

Ces derniers temps je peinais pour  lire ne serait-ce que quelques lignes. Je suis arrivé au  bout  de deux livres cultes de Van Vogt mais sans réel enthousiasme.  Aussi ai-je été agréablemnt surpris de la rapidité avec laquelle j'ai terminé L'hippopotame de Stephen Fry. Je ne suis pas de l'avis de ceux et celles qui regrettent les longueurs de la première partie qui tarde à amorcer le vif du sujet car on y trouve quelques réflexions sur les rapports hommes-femmes et en particulier la sexualité, la littérature et le snobisme,  l'antisémitisme rampant de certaines parties de la société anglaise, les travers du monde des affaires et surtout le besoin irrépressible des hommes et des femmes à croire en quelque chose qui les dépasseraient pour donner un sens à leur vie.

Toutes ces remarques faites sur un ton provocateur qui ne doit pas masquer leur invitation à aller au-delà des apparences du politiquement correct, ne susciteront pas forcément votre adhésion mais sont exprimées dans une prose d'une drôlerie époustouflante.

La prose de Stefen Fry oscille à merveille entre le langage ampoulé et la grossièreté et démontre une habilité à manier tous les registres mais ne peut être soupçonnée  de masquer quoi que ce soit car soulève allégrement toutes les poubelles des interdits et  autres tabous.

L'hippopotame c'est Ted Wallace, poète alcoolique sur le déclin, récemment remercié par le journal où il publiait des chroniques théâtrales qui avaient tout du pamphlet. Il se voit  confier contre une généreuse rémunération  une mission insolite d'espionnage dans la famille de sa filleule Jane miraculeusement  remise d'une leucémie.

Ce qu'il doit découvrir, elle ne lui dit pas. Aussi le voilà attentif aux faits et gestes de cette a famille bigarrée  et de ses invités sous le prétexte fallacieux de venir rédiger la biographie de son patriarche Michael Logan récemment annobli après avoir réussi à bâtir une fortune colossale.

Bientôt, le pochard s'achète une conduite et en vient à découvrir que son autre  filleul, David Logan, ce jeune adolescent coincé qui s'inquiète de ses pollutions nocturnes, serait peut-être à l'origine de guérisons improbables.

Cette enquête qui à plusieurs reprises m'a fait pensé à la verve et aux thématiques de La possibilité d'une île de Michel Houellebecq, m'a arrâché bon  nombre de fous rires, ce qui n'étaient pas une chose si facile en ce moment. Alors quand je lis sur la toîle que ce deuxième roman serait moins bon que le premier, je me dis qu'il va falloir que je me le dégote pour continuer à faire travailler mes zygomatiques !
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par christophe fétat publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Samedi 14 avril 2007

Les blagues de l'humoriste Kad Merad et de son compère ne m'avaient jamais vraiment convaincues. C'est dire, si j'appréhendais de le voir interpréter le rôle du père dans Je vais bien, ne t'en fais pas. Et bien j'avais tort car il joue à la perfection ce rôle difficile d'homme meutri par la disparition de son fils mais qui donne des preuves d'amour à sa fille par des gestes qui confinent à la poésie.  

La tête de maman  donne l'occasion de vérifier que cette prestation dans l'adaptation du roman d'Olivier Adam était bien les prémisses de la mise à jour d'un réel talent. 

Le film de Carine Tardieu s'articule autour des affres d'une jeune adolescente fan de Jane Birkin coincée entre d'une part une mère omnibulée par son transit intestinal et ses rêveries et d'autre part son ingénieur de père qui n'est pour ainsi dire jamais là et qui sorti de ses calculs est bien incapable de comprendre les réelles préoccupations de sa fille.

Kad Mérad interprète l'ancien amant de la mère qui, lui, savait la faire rire et la rendre si pimpante au vu de la photo puis du film retrouvés dans le grenier. Son jeu là encore s'appuie surtout sur sa capacité à dire un maximum de choses avec un texte minimaliste grâce à des postures non verbales qui en disent long sur les qualités humaines de son personnage.

Franchement, je ne m'attendais pas à trouver un film qui équilibre aussi bien l'humour, l'émotion et la poésie tout en donnant un portrait crédible d'une partie de la jeunesse. Alors je n'en dirai pas plus long en vous invitant à aller voir ce petit bijou pour vous laisser la surprise de ces mouvements de bascule entre présent et passé, secrets de famille et révélations imprévisibles, réalisme et onirisme.
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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Lundi 9 avril 2007

La mise en parallèle des relations amoureuses avec les relations marchandes est un poncif on ne peut plus éculé. Néanmoins, pour mémoire rappelons quelques-unes des expressions de la langue française qui ne tourne pas toujours sept fois dans la bouche : payer en nature, rendre des comptes, faire le bilan, mon trésor.

Le film Le prix à payer sous des allures de comédie à la française traite du délicat sujet de la dépendance économique dans une société qui continue de précariser les femmes qui lorsqu'elles ont un emploi restent à ce jour toujours maintenues dans des salaires plus bas que les hommes à qualification égale voire supérieure ou qui se voient contraintes à accepter des contrats de travail à temps partiel ou précaire plus souvent qu'eux sans que cela soit un choix véritable.

Il va sans dire mais cela va mieux en le disant qu'il existe des couples qui décident d'un commun accord que l'un des deux ne travaillera pas pour qu'il puisse poursuivre des études, aller au bout d'un projet individuel mais cela reste somme toute assez rare. Alors aborder le sujet permet de mettre à jour quelques uns des non dits hypocrites de notre société qui cantonnent la femme soit dans un rôle de faire-valoir soit dans celui de femme de ménage et/ou de nurse selon le porte-monnaie du mari ou du compagnon.

Le prix à payer mine de rien aborde nombre de thématiques sensibles (nouvelle parentalité, violence conjugale, crise du logement, lutte de classe) mais à force de trop vouloir montrer les conflits d'intérêt entre le patron et sa dépensière de femme pour les besoins de la comédie il ne fait que glisser dessus sans réellement s'y attarder et risque de masquer que bon nombre de femmes peinent à trouver un emploi qui leur permettrait de s'affranchir de ces chantages au quotidien.

Certes quelque soit le milieu social il est vrai que le réflexe masculin de mesurer la qualité de son "investissement" dans le couple en fonction de la feuille de paye et non à ce qu'il partage avec sa compagne perdure trop souvent et on ne peut constester l'idée principale du film qui rappelle que le désir ne se marchande pas et qu'il vaut mieux mettre un terme à une relation où il est à sens unique. Néanmoins, la fin du film ne souligne pas assez à mon goût que ce qui est difficile dans les milieux où il y a de l'argent à ne plus savoir qu'en faire l'est bien plus dans un milieu où l'argent n'est pas une question de shopping mais de survie. Le patron nous attendrit parfois mais il reste un patron qui peut licencier sans crier gare celle qui lui prépare ses repas et fait son ménage. Il fraternise avec son chauffeur mais derrière une fausse universalité on gomme maladroitement  les relations de domination qui subsistent.

Mais bon si vous parvenez à mettre toutes ces questions un temps de côté, le film fourmille de gags désopilants et de répliques cinglantes qui devraient vous permettre d'en rire en dépit de la gravité du sujet comme ces chirurgiens qui s'échangent des blagues outrancières avant de rentrer dans le bloc opératoire. Je reconnais sans vergogne avoir ri lundi mais assez souvent d'un éclat de rire jaunâtre.

Pour la bande annonce cliquez sur ce lien :
http://www.cinemovies.tv/fiche.php?IDfilm=13077

 

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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Vendredi 6 avril 2007

J attends quelqu un

Attendre quelque chose, quelqu'un... le train, son tour, un invité, une occasion favorable, un coup de fil, un enfant. S'attendre à tout, au pire  ou ne rien attendre.

Oui  J'attends quelqu'un de jérôme Bonnell joue sur tous les registres de l'attente sur un nuancier qui va de l'attention à l'attentat aux bonnes moeurs pour nous montrer combien elle peut être prégnante, poignante. Comme dans la nouvelle permission d'Anna Gavalda dans le recueil J'aimerais que quelqu'un m'attende quelque part.

Louis vivote dans un quotidien ponctué par les coups de feu de sa brasserie qu'il peine à maintenir à flot, les visites à sa mère qui ne le reconnaît plus, les passages de son jeune fils dont il n'a pas la garde, les repas dominicaux avec sa soeur et son mari , les relectures de Flaubert. Il attend son tour pour son rendez-vous hebdomadaire avec Sabine qui se prostitue à ses risques et périls car elle n'attend plus rien. Il entretient avec elle une relation ambiguë pétrie de tendresses. Il aimerait bien qu'elle abandonne ses activités lucratives mais parfois dangereuses pour vivre avec lui mais il ravale ses espoirs, ses envies car il préfère se cacher pour pleurer. Quand elle disparaît sans crier gare, il attend dans l'inquiétude, fébrilement mais sans aller jusqu'à tout chambouler dans sa vie car il y a quelque chose de brisé en lui.

Stéphane a longtemps attendu avant de revenir dans sa ville natale, préférant bourlinguer d'une ville à l'autre en attendant le pouce levé sur le bord de la route plutôt que d'assumer une paternité à laquelle il ne s'attendait pas. Maintenant, il attend une occasion favorable pour pouvoir enfin rencontrer sa fille Margot qu'il n'a jamais vue. Le stratagème qu'il a imaginé pour ce faire va prendre du temps alors il va devoir prendre son mal en patience et attendre, filer, attendre, filer, pour enfin prendre dans ses filets les bonnes informations, les bons contacts. Mais tout cela ne se fait pas sans mal et sans souffrance tenaillé tantôt par la faim, tantôt par le désir, tantôt par les remords.

La soeur de Louis attend elle aussi quelque chose sans vraiment le savoir. Son mari journaliste est gentil mais on sent bien qu'elle aspire à changer autre chose que la place des ses meubles. L'arrivée de Stéphane lui permettra-t-elle de trouver comment y parvenir ?

Ne vous attendez pas à un rythme endiablé, à des rebondissements incessants puisque le film est une mise en abîme de l'attente qui nous ronge. Ce film est à l'instar de la vie souvent jalonné de périodes d'ennui ou plus exactement d'espoirs qui peinent à se réaliser (Camille Laurens rappelle dans Le grain des mots la proximité entre attendre et espérer) mais cela ne le rend que plus crédible à mon sens. Bon sang que le jeu de Jean-Pierre Darroussin est touchant !

Pour voir la bande annonce et une galerie de photos du film : http://www.bacfilms.com/fichesalles.php?id=194

Pour lire une autre chronique d'un bloggeur qui a été moins enthousiasmé par le film et s'en explique de façon argumentée ce qui vous permettra de confronter plusieurs points de vue : http://critiques.over-blog.com/article-6160772.html

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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Lundi 2 avril 2007

Ensemble, c'est tout

 

 

 

 

 

 

Lorsque Ensemble c'est tout  d'Anna Gavalda a été publié, Fabienne, ma frangine d'adoption, a été une des premières à le lire et ensuite le livre  est passé de main en main dans le cercle de ses proches gagné par son enthousiasme pour ce roman.  Que de discussions autour de ce livre qui semblait être l'incarnation de ce cri d'espoir des bras cassés auquel nous voulions tous croire.

Par la suite j'ai lu d'autres textes d'Anna Gavalda et je n'ai jamais été déçu. J'ai adoré Je l'aimais (sans doute parce qu'il me semblait le complément de Passion simple d'Annie Ernaux et de Sa femme d'Emmanuèle Bernheim) qui raconte les discussions entre une femme et le père de son mari lorsque ce dernier s'envole avec une autre la laissant seule avec leurs filles m'a secoué par cette exposition de la difficulté à faire les bons choix pour ne pas rater sa vie avec ce viel homme qui défend l'attitude inacceptable de son fils parce que lui n'a pas osé faire de même et quitter son épouse pour rejoindre celle qu'il aimait ;  L'échappée belle qui narre comment des frères et soeurs s'éclipsent sans crier gare d'un mariage pour rejoindre un des frères absent en faisant fi du qu'en dira-t-on tant ils sont liés ; mais surtout le recueil Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part dont le titre est tiré du texte de ma nouvelle préférée Permission à la chute est aussi romanesque que porteuse des contradictions des sentiments amoureux.

En allant voir l'adaptation cinématographique qu'en a fait Claude Berri, je ne m'attendais pas au chef d'oeuvre mais je voulais renouer avec le réconfort que m'avait procuré il y a près de trois ans la lecture du roman à une période si difficile de ma vie. Ce film a au moins un mérite, c'est de mettre un peu plus en lumière le personnage de Philibert que dans le roman grâce à l'interprétation de Laurent Stocker qui dépasse à mes yeux celle d'Audrey Tautou et de Guillaume Canet.

 pour voir la bande annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18722858&cfilm=109636.html

 Je suis ensuite reparti dans la vraie vie pour aller voir l'exposition dont je vous ai parlé hier puis j'ai pris mon vélo pour déambuler dans les rues d'Hellemes à la recherche des fenêtres qui parlent en exposant des créations d'artistes et tomber par hasard sur une maison pleine de silhouettes du personnage clownesque qui revient toujours dans les pochoirs et collages de Miguel Donvez dont j'avais aimé le travail à la braderie de l'art de Roubaix. Le hasard a voulu que je connaisse, pour les avoir croisés à maintes reprises chez des amis, Véronique la propriétaire de la maison et son ami Didier qui ont ouvert la porte lorsque je passais devant la maison . Qui plus est, ils organisaient chez eux une exposition de nouvelles créations de Miguel Donvez autour d'un apéro concert.  De quoi retrouver le sourire car la vie doit rester belle quoiqu'il arrive !

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par christophe fétat publié dans : Chronique de film

Dimanche 1 avril 2007

Douchan : "violence"

Comme beaucoup de Français lorsque l'on me dit Guyane je pense Kourou la base de lancement de la fusée Ariane. Mais la Guyane ne se résume pas à cela loin s'en faut. La Guyane s'étale en fait sur cinq pays : Le Vénézuéla, Le Guyana, le Surinam, la Guyane française et le Brésil et représente 90 000 km2 (un sixième de la France) constitués à 95% de forêt.

Le Colysée de Lambersart héberge jusqu'au 29 avril 2007 une exposition "L'art que cache la forêt" qui regroupe des oeuvres d'artistes contemporains issus de Guyane ou de métropole, de l'artisanat et des projections de documentaires.

On trouve de tout dans cette exposition éclectique : de la vannerie, de la poterie, des arcs et des flèches finement ciselées suspendues en l'air,  des bancs sculptés zoomorphes, des peintures inspirées des motifs yembés, une pirogue bushinenguée ornementée de peintures, de plaques de fer savamment découpées et surmontées de gros clous, des têtes de pirhanas que l'artiste à retravailler pour y faire apparaître des guerriers casquées aux allures d'aliens ou associées à des plumes ou des becs pour créer des créatures hybrides mi poissons mi oiseaux, des photographies ethnographiques anciennes et modernes, des mixtes de produits manufacturés et de scupltures sur bois dont de magnifiques bouilloires érotiques, une salle pourvue de chaises longues et de hamacs où l'on peut aller se reposer ou bavarder tout en écoutant un document sonore, un espace de projection sur des pratiques culturelles tribales aujourd'hui disparues, etc.

Pour ma part, je retiendrai surtout de cette exposition les trois  photographies de Rémy Auburtin (cf la photo ci-dessus) où on le voit prendre des postures des plus expressives couvert de la tête aux pieds de la glaise verte devant un fond coloré à la latérite (terre de Guyane) et la robe en fibre de coco réalisée par Patrick Lafrontière qui sembre tout droit sortie d'un conte de fée. Que de souffrances exprimées dans les premières et que de rêves sousjacents dans la seconde qui pourraient les soulager !

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par christophe fétat publié dans : Expositions

Samedi 31 mars 2007

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JH, 29 cherche JF vite, très vite. Au vu du titre, j'appréhendais un peu le contenu dans les deux acceptions du terme et je craignais soit de voir une succession de poncifs sur le genre soit, ce qui est pire, d'avoir les larmes aux yeux à un moment ou à un autre du spectacle par quelques résonnances sournoises ! Je le reconnais sans fausse honte, j'ai beaucoup pleuré durant ces heures passées à la Ferme Dupire de Villeneuve d'Ascq. Mais finalement c'est de rire et ce sans discontinuer qui plus est !

 Quel phénomène ! Ce type sait tout faire ! Ma ceinture abdominale et mes zygomatiques ont souffert le martyre tant les trouvailles de ce comique soit disant amateur m'ont plongé dans une hilarité irrépressible ! Jeux de mots, gestuelle, argumentaires pertinents et/ou absurdes, caricatures de quelques tendances lourdes des relations hommes/femmes actuelles, improvisations en interactivité avec le public se succèdent à un ryhtme complètement dingue.

Ce one man show truculent décline les unes après les autres les hésitations de ce trentenaire dans un franc parlé cru mais crédible. Doit-il rappeler Lisa qu'il a rencontrée lors d'une soirée chez des amis alors qu'il comblait son manque affectif en se gavant méthodiquement de smarties (mais pas les bleus parce que...) ? Que devra-t-il lui poser comme questions ?

Après avoir passer en revue les différents lieux et les techniques de drague  corollaires (draguer n'est-ce pas toucher le fond du lit) de la traditionnelle boîte de nuit au speed dating (ce qui au passage vous permettra de parfaire vos aptitudes à la danse et au décryptage de nombre de situations clefs) sans omettre les inévitables bévues et risques de l'exercice périlleux, Yohann Métay invite les spectateurs à expliquer s'ils ont trouvé le grand amour et rebondit sur leur intervention avec une inventivité déconcertante, sollicite une spectatrice pour lui servir de cobaye en tout bien tout honneur pour préparer son rendez-vous avec Lisa.

Viennent se greffer au fil du spectacle une galerie de personnage désopilants : sa mère qui s'inquiète de savoir si elle pourrait avoir un jour ou non des petits enfants, la féministe pour qui la psyché masculine n'a plus de secrets, son singe en peluche très utile pour attendrir la gente féminine, son copain bourré de testostérones qui n'est pas sans rappeler Jack dans le film Sideways et même carrément Dieu qui se lamente sur deux mille ans de frustrations judéochrétiennes suite à un impair avec Marie alors qu'il aspire à développer un nouveau produit qui devrait révolutionner les relations amoureuses !

Yohann Métay doit encore présenter son spectacle dans la région alors si vous avez envie de mettre à distance les affres de votre célibat ou vos problèmes de couple(s) ou  si vous êtes heureux en amour de découvrir celles des autres, n'hésitez pas une seconde allez le voir. Vous ne le regretterez pas  mais pensez à passer aux toilettes avant d'entrer dans la salle sinon votre vessie risque d'être soumise à rude épreuve !

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par christophe fétat publié dans : Chronique de spectacle

Mercredi 28 mars 2007

Cinq conteurs de Bagdad (Les) - Couverture - © Dargaud - 2006

A vrai dire, si j'avais croisé du regard cette BD chez un libraire je ne l'aurai sans doute jamais lue car le graphisme du dessinateur n'est pas ma tasse de café et une lecture superficielle ne m'aurait pas permis de me rendre compte de l'ingéniosité de sa construction. D'où l'importance d'avoir autour de soi un réseau de lecteurs et de lectrices qui nous conduisent à sortir de nos sentiers battus. Les cinq conteurs de Bagdad de Fabien Vehlmann et de Frantz Duchazeau est ..... Hmmmmmmmm

Réunis pour préparer le concours de conteurs organisé par le Calife de Badgad qui se tiendra dans trois ans, cinq personnages hauts en couleur vont partir par monts et par vaux pour réunir la matière d'une histoire "si incroyable, si merveilleuse, si généreuse qu'elle ébranlera le coeur des gens qui l'entendront et qu'elle rendra le monde un peu meilleur." : Ahmed est le propre fils du Calife et en dépit de son jeune âge il financera le périple du groupe et n'aura de cesse d'assener mine de rien quelques vérités à ses compagnons de route ; Wahid a un genre particulier comme la suite le prouvera ; Nazim raconte des histoires qui ne sont pas de haute volée mais il fait la joie des chalands du marché de fruits et légumes fourbus par leur journée de travail et en quête de divertissement facile ; Tarek pour être mufle n'en est pas moins fort séduisant et manie l'art de captiver ses auditeurs et surtout ses auditrices par un geste, une intonation; Anouar le doyen du groupe est de loin le plus subversif ce qui lui vaudra d'être à couteau tiré avec les uns et les autres.

Quelques lignes ne suffiront pas à amorcer un descriptif des histoires qu'ils vont entendre au fil des rencontres, que ce soit celle que leur livrera la devineresse qui conditionnera leur voyage et leur participation à ce voyage initiatique; celle de l'idiot du village qui a préféré rester au village détruit par le séisme pour remodeler à sa façon la fresque d'un monastère ; celle du maître des assassins (ou des hachichins comme dirait Baudelaire) et des illusions ; celle sans fin mais très fine des anthropophages ; celle des lampions qui apportent une lumière étonnante ; celle du coffre à jouet qui n'est pas sans rappeler celle de Pandore ; celles de l'île et de son arbre aux oiseaux dont celle sur les idéalistes qui m'a beaucoup plue ; celle qui est impossible d'oublier ; celle des djinns dont j'ai fait mon miel ; celle de l'alchimiste qui loin de plomber l'ambiance permet de changer de regard de ceux qui l'entendent.

Je vous laisse découvrir qui gagnera le concours en riant par avance à votre surprise sur son identité et sur la façon dont il parvient à l'emporter car comme le dit Anouar "il est nécessaire de toujours bousculer les histoires [...] Malheur à ceux qui ne toléreront plus cette dérision ! Ceux-là verront leurs contes se transformer en un marbre monumental qui les écrasera sous son poids".

merci Reynald pour m'avoir permis de découvrir une si belle histoire

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par christophe fétat publié dans : Chronique de bande dessinée

Lundi 26 mars 2007

Le hasard veut que comme le précédent spectacle de théâtre chroniqué (Blanche neige de Robert Walser mis en scène par Nicolas Luçon), le spectacle autobiographique écrit et joué par Minoun El Barouni la thématique expose le conflit  de ses identités multiples et complexes au moyen d'un mode d'expression qui n'est pas sans rappeler la schizophrénie.

Une ampoule unique au-dessus d'une table des plus simples, une chaise. C'est dans ce décor minimaliste que Mimoun El Barouni est installé silencieux, raide, attendant que les spectateurs se figent à leur tour.

La raideur c'est aussi le quotient de la force agissant par traction ou par compression sur un ressort par l'allongement ou le raccourcissement qu'il subit. De cette immobilité l'auteur/acteur sort à la façon d'un diable de sa boîte par un poème scandée en arabe d'une voix puissante, rauque presque rogommeuse. Puis suit le récit d'une enfance berbère, premier fils de la deuxième femme de son père qui attire sur lui l'opprobe en épousant ensuite une Arabe ce qui lui vaut d'être marginalisé par sa propre communauté. Mal aimé, il ne trouve pas sa place dans cette fratrie complexe où il finit par simuler la folie pour gagner un peu de répit. Rapidement, il quitte Casablanca illégalement pour vivre de trafics divers et avariés en France puis en Italie où il pense un temps gagner les Etats-unis. Interpellé, il ne se sentira paradoxalement jamais aussi libre que dans l'enceinte du centre de détention de Volterra où il purge une peine de six ans pour avoir fait le commerce de stupéfiants.

Ce périple hors norme qui le mène à devenir un des acteurs de la compagnia della Fortezza créée par Amando Punzo au sein de la prison de Volterra pour y mêler des jeunes acteurs, des aspirants acteurs et des détenus afin de rompre avec une forme académique, Mimoun El Barrouni nous le livre en alternant sans crier gare narration surnormée et poésie, voix posée et éructations qui confinent aux hurlements de colère, le tout successivement scandé en arabe, français et italien.

Après un spectacle qui laisse pantois par la violence du récit, l'auteur/acteur se lève et invite les spectateurs à lui poser des questions sur l'ovni théâtral auquel ils viennent d'assister. Du monologue on passe au dialogue intéractif puisque les propos tenus ont pour vocation de nourrir la réflexion de la troupe et faire évoluer leur jeu.

Longtemps encore je serai hanté par ces voix multiples qui s'efforçaient de donner à entendre un homme qui ne sait pas qui il est vraiment.

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par christophe fétat publié dans : Chronique de pièce de théâtre

Dimanche 25 mars 2007

La Blanche-neige  de Robert Walser est loin de l'image lisse où Walt Disney l'a confinée. Loin du simple pastiche la pièce de théâtre offre une suite à l'histoire traditionnelle qui donne à voir les non-dits des relations entre les différents personnages dans l'esprit de la Psychanalyse des contes de fée de Bettheleim. Si le chasseur a dans un premier temps obéi à l'ordre de la reine de tuer Blanche neige, Walser nous explique que c'est parce qu'il était son amant pour oublier le roi effacé, ce père absent. Néanmoins ramenée à la vie par le baiser du prince, Blanche-neige entend régler ses comptes avec cette femme infidèle qui l'a empoisonnée et lui dire ses quatre vérités.

La reine nie tout en bloc pour ensuite revendiquer ses crimes avec passion puis les nier de nouveau. Sa fille va pour sa part basculer elle-aussi entre le désir de pousser dans ses derniers retranchements et l'envie de céder à ses cajôleries au point de vouloir effacer de sa mémoire les ébats entre sa mère et le chasseur.

La schizophrénie semble posséder tous les personnages qui sans crier gare ne cessent de changer de discours, d'attitude. Faut-il voir dans l'enfermement pendant 27 ans de Wasler pour cette même maladie, l'explication de cette interprétation irrévérencieuse mais si déstabilisante du conte ? Mais Wasler était-il vraiment schizophrène ou a-t-il été interné trop hâtivement pour ses lettres d'amour à ses voisines qui n'étaient pas du goût de tous ? Patient modèle, il n'en a pas moins continué d'écrire.

En tous cas, Nicolas Luçon a su dans sa mise en scène donner toute l'ampleur de ces voltes faces animées par des sentiments contradictoires. Ses acteurs semblent complètement décalés. Le prince charmant a pris un coup de vieux et est quelque peu dégarni et passablement attiré par la sensualité de la reine, la reine est certes très accorte mais son cynisme dissimule mal sa fragilité et ressemble peu à la femme cruelle que nous décrit la tradition, Blanche-neige s'avère bien moins douce et beaucoup plus complexe que la jeune princesse de notre enfance, le roi est comme dans le conte peu présent dans le jeu mais est omniprésent en dépit de son silence sur la scène, le chasseur avec sa tenue tyrolienne chapeau à plume est-il niais ou roué ?

Comme dans Bettheleim, les personnages du conte semblent ambivalents, représenter des aspirations antagonistes qui broient les individus entre les non-dits et les mots de trop. La dialectique entre la haine et l'amour, entre l'envie d'aimer ses parents et la rage de ne pas en être aimé, entre le désir d'un amour pur et celui d'un amour sensuel va faire passer d'un état à un autre en un instant. Comme dans la vie en somme mais en plus dense !

En lisant le quatre pages mis à disposition des spectateurs venus voir cette pièce à la Ferme d'en Haut de Villeneuve d'Ascq dans le cadre du Labomatic je découvre que Nicolas Luçon a travaillé par le passé avec Olivier Py. Je n'ai jamais eu l'occasion de voir les mises en scène de ce dernier mais c'est on ne peut plus baroque et détonnant si j'en crois ceux qui m'en ont parlé. Par contre j'ai lu une de ces adaptations d'un conte de Grimm et on y retrouve cette complexité de l'individu qui ne se résume pas si facilement. De là à penser à une influence, il n'y a qu'un pas de bottes de sept lieue.

Par association d'idée je repense au film Some voices de Simon Cellan Jones avec Daniel Craig et Julie Graham que j'ai vu récemment qui montre un schizophrène qui s'efforce de trouver le bonheur en s'arrachant à sa camisole chimique et qui dans un premier temps permet à son frère de reconsidérer ses choix de vie et amène de la magie et de l'amour dans la vie d'une jeune écossaise  avant de recommencer à entendre des voix et de se mettre à se livrer à des actes de plus en plus incompréhensibles qui pourtant font sens.

Pour un résumé plus complet et quelques extraits vous pouvez consulter : http://www.jose-corti.fr/titresmerveilleux/blanche-neige.html

Pour lire un entretien avec le metteur en scène Nicolas Luçon : http://www.theatredelaplace.be/fr/MinisiteSpectacles/49/Blanche-Neige.rvb

Patrick Léonard, le prince de la pièce, anime un site   http://ornythorinque.spaces.live.com/

Pour une biographie de Robert Wasler : http://www.europe-revue.info/2003/walserbio.htm


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par christophe fétat publié dans : Chronique de pièce de théâtre

Dimanche 18 mars 2007

Le tableau du Maître flamand

Si vous aimez les mises en abîmes vous serez sans doute intéressé par ce polar qui prend un malin plaisir et un plaisir malin à brouiller non pas les cartes mais les parties d'échec.

En effet toute l'histoire tourne autour de l'énigme dissimulée au sein d'un tableau vieux de 500 ans qui demande qui a tué le chevalier Roger d'Arras représenté en train de jouer aux échecs avec son seigneur Fernand Altenhoffen Duc de l'Ostenbourg. Pour restaurer le tableau et la vérité, Julia devra demander de l'aide à Alvaro son ex-amant universitaire, à César antiquaire interlope et surtout à Munoz ce joueur d'échec étrange qui est reconnu comme le meilleur joueur de son club alors qu'il ne gagne jamais la moindre partie. 

La spéculation autour de ce pur Quattrocento va bon train que ce soit d'un point de vue financier pour les héritiers de Belmonte propriétaire pas si heureux que ça du tableau et les propriétaires de galeries qui cherchent à en tirer le meilleur prix ou d'un point de vue intellectuel et émotionnel pour Julia qui voit ses amis assassinés les uns après les autres depuis qu'elle a compris qu'elle trouverait qui a tué le chevalier en découvrant qui a pris le cavalier blanc lors de la partie immortalisée par le peintre puis en décryptant les intentions du tueur qui communique avec elle au moyen d'une partie où les pièces sont remplacées par les acteurs de ce polar.

Ces jeux de miroir entre le présent et le passé, entre la partie d'échec du tableau et celle qui se joue pendant l'enquête, entre les amours d'une époque et d'une l'autre donnent le vertige au point que parfois la forme du récit prend le dessus sur le fond de l'histoire. Néanmoins même si je préfère la plume de Jonquet qui cherche à promovoir un regard critique sur notre société ou de Rendell qui présente des personnages plus complexes cela reste un bon polar.

Pour quelques données biographiques sur l'auteur et un autre avis sur le livre allez voir :http://laculturesepartage.over-blog.com/article-5785269.html

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par christophe fétat publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Dimanche 11 mars 2007

 

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L'an dernier mon plus grand coup de cœur en littérature de jeunesse avait été Le Géranium sur la fenêtre vient de mourir mais toi, maîtresse, tu ne t’en es pas aperçue, aux éditions Harlin Quist qui s'interrogeait sur la place de l'élève à l'école (attention il existe deux éditions de cet album dont la deuxième fait plus la part plus belle hélas au politiquement correct).


 

En 2007, l’album de littérature de jeunesse qui m’a le plus touché pour l'instant est Ulysse au pays des fous de Marjane Satrapi & Jean-Pierre Duffour aux éditions Nathan qui est comme le titre l’indique, à mi chemin entre Alice au pays des merveilles et le sonnet de Du Bellay à l’heureux Ulysse qui après avoir fait un long voyage a le mal du pays.

 Il n'est sans doute pas un hasard que celle qui a écrit Persépolis , l'une des BD les plus importantes  des dernières annés, soit à l'origine de ce texte. En effet, les amis d’Ulysse ont tous un comportement pour le moins étrange qui va à l’encontre du bon sens. Renonçant à comprendre quelle mouche les a piqué pour avoir de telles araignées au plafond, Ulysse préfère prendre la poudre d’escampette et aller à la recherche d’individus à l’esprit plus saint

 Mais durant son périple, il va de surprise en surprise et découvre que le grain de folie de son village natal n’est rien en comparaison de l’épi qui pousse chez bien d’autres. Dans un premier village tout est percé, dans le second plutôt que de se pencher pour rentrer par une porte trop basse on envisage de démolir aussi bien la porte que le mur, dans un troisième les reliefs du terrain mettent à plat les habitants, et enfin l'absurde est à son comble dans le château où la coutume veut que l’on s’enferme chaque soir pour  se sentir libre le lendemain matin.

 Finalement Zoé qui se pavane avec ses chaussettes dans les oreilles et sa jupe sur la tête lui semble moins folle et Ulysse finira par rentrer !

S’il fallait donner une morale à cette jolie fable, on pourrait dire qu’il faut toujours se désaltérer à l’altérité pour mieux se connaître.

Pour en savoir plus sur Marjane Satrapi

 http://legenepietlargousier.over-blog.com/article-4349951.html







 

 

 

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par christophe fétat publié dans : Chronique de littérature de jeunesse

Jeudi 8 mars 2007

Au regard de la carte publiée par le monde diplomatique le droit à l'avortement et à la contraception est encore loin d'être acquis dans le monde entier et si vous lisez l'article qui est mis en lien sous cette carte vous verrez qu'il est même menacé aux états-unis. http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/avortement

 

La France a mis longtemps avant de légaliser l'avortement qui fut même considéré par le régime de Vichy comme un crime contre l'état et passible de la peine de mort. La suppression de l'accord parental pour les mineures et la suppresssion de l'obligation de l'entretien préliminaire avec un psychologue n'ont été votée qu'en juillet 2001. Le site du credof est à ce titre très riche en informations et fournit au delà d'un historique facile d'accès un guide pratique de l'avortement pour les mineures comme pour les majeures. La contraception n'a été légalisée en France qu'en 1967 et encore la loi ne fut appliquée qu'en 1972 en maintenant une situation ubuesque où la contraception n'était plus illégale mais le fait d'en parler si !

http://credof.u-paris10.fr/spip.php?article46

 

Quand au choix de la date du 8 mars comme journée de mobilisation, il faut remonter à une grève d'ouvrières russes au début du 20ème siècle pour en trouver l'origine. Car le féminisme ce n'est pas que la lutte pour le droit à l'avortement et à la contraception, c'est aussi la lutte pour le droit de vote et pour de meilleures conditions de travail.

http://www.femmes-egalite.gouv.fr/se_documenter/les_reperes/accueil/8_mars_historique.htm

 

Je ne sais pas si le prochain président sera une femme mais il est certain que les femmes n'ont obtenu de nouveaux droits qu'en luttant et ce de tous temps !

 

PS : deux sites pour découvrir deux femmes qui ont marqué le féminisme

http://fr.wikipedia.org/wiki/Emma_Goldman

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_Michel

 

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par christophe fétat publié dans : Lire l'actualité

Mardi 6 mars 2007

Franck qui va bientôt exposer avec Nathalie leurs oeuvres communes qui mêlent les calligraphies de l'un et les peintures d'orchidées de la seconde au Palais Rihour de Lille du 15 au 31 mars 2007 dans le cadre du salon des artistes indépendants cherchait une idée pour réaliser une nouvelle composition autour de l'idée de vertige et de perte de repères. L'idée d'utiliser un palindrome, cette figure de style qui peut se lire dans un sens comme dans l'autre est vite venue dans notre conversation mais encore faut-il en trouver un qui tombe dans le domaine public ou en rédiger un soi-même. Mais l'exercice est difficile et tout le monde ne peut pas spontanément rivaliser avec Georges Pérec qui en a écrit un de plusieurs pages que l'on peut entre autres retrouver dans le folio essais consacré à la littérature potentielle.

Je ne sais pas encore quelle idée retiendra finalement notre motard à plumes mais du coup cela m'a donné l'envie de recenser tout ce qui pouvait avoir attrait à cette idée de confusion, d'état transitoire ou intermédiaire, cette idée de contradictoire ou au contraire d'infini. La liste est loin d'être exhaustive et libre à vous de m'aider à la compléter !

En géométrie, en physique ou en mathématiques : un noeud gordien ; 8 ; 69 ; un anneau de moebius ; un mouvement perpétuel

Expressions évoquant des propos ou des attitudes contradictoires  : tirer à hue et à dia ; double contrainte ; souffler le chaud et le froid ; dire tout et son contraire ; une histoire sans queue ni tête

Des phénomènes naturels ou des expressions les désignant : équinoxe ; éclipse ; clair obscur ; entre chien et loup ; à potron minet

Des figures de style : fondu enchaîné ; oxymoron ; paradoxe ; palindrome ; mise en abîme

Des expressions désignant une perte de repères : être sens dessus dessous ; tomber cul par dessus tête;  être en déséquilibre

Des objets qui produisent des mouvements renversants au sens propre ou au figuré : une vis sans fin ;  roue de la fortune