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Samedi 4 juillet 2009
http://accel6.mettre-put-idata.over-blog.com/204x299/1/80/58/62//sur-la-plage-du-chesil.jpgEdward Mayhew et Florence Ponting se rencontrent par hasard ou par nécessité à l'occasion d'un rassemblement contre la prolifération nucléaire. Dans l'Angleterre pudibonde du début des années 60, "leur cour ressemblait à une pavane, à une manifestation solennelle, ralentie par un protocole jamais signé ni mentionné, mais généralement observé".

Dans ces conditions leur lune de miel est moins un aboutissement qu'une ultime épreuve pour dépasser les inhibitions et les craintes que suscite une première fois. Au fil des pages, Ian McEwan nous convie  à prendre connaissance du récit de vie des deux jeunes mariés afin de comprendre les raisons du trac d'Edward et celles de la terreur viscérale de Florence.

La mère d'Edward a des facultés mentales diminuées à la suite d'un accident. Ce qui a contraint son père, directeur d'école primaire à composer un modus vivandi hors norme autour de ses trois enfants. Florence si déterminée lorsqu'il s'agit de gérer sa carrière de musicienne, peine à trouver le bon tempo pour parler sincérement avec ses parents ou avec sa soeur. Avec eux comme avec Edward, elle va chercher à éviter les conflits en taisant ses aspirations sur fond de culpabilité latente.

Au final, dans cette relation, on peut entrevoir les prolégomènes de la révolution des moeurs qui suivra à la fin des années soixante. La pression sociétale se reportant sur les individus est telle à l'époque qu'il faudra bien créer une soupape en faisant évoluer les choses.

Mais combien de personnes auront été brisées au cours de cette nécessaire évolution ?
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Par christophe fétat - Publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Dimanche 14 juin 2009
http://www.decitre.fr/gi/36/9782253055136FS.gifQu'est-ce que l'art ?

Il y a quelques année j'avais répondu à cette question par un calembour en affirmant que c'était la couenne qui nous protégeait du froid de l'existence.

C'est d'ailleurs, à mon sens, le thème d'une  nouvelle de Stefan Zweig intitulée La collection invisible que je résumais ainsi dans une ancienne chronique :

Un marchand d'art va à la rencontre d'un collectionneur d'estampes avec lequel traitaient déjà son père et son grand-père. Il espère pouvoir lui acheter quelques-unes de ses pièces majeures pour satisfaire la demande sans cesse plus pressante des nouveaux riches qui investissent massivement dans l'art.

L'homme devenu aveugle parle avec passion de ses estampes sans se douter une seconde que sa collection a depuis longtemps été disséminée aux quatre coins du monde et donc dissimulée.

En effet, peu à peu, sa femme et sa fille ont du revendre à son insu les oeuvres de maîtres les unes après les autres pour faire face à l'augmentation démentielle du coût de la vie dans le contexte de l'inflation allemande d'après-guerre.

Les feuilles que manipule le vieil homme sont donc vierges et pourtant il continue à les décrire avec passion et précision.

Les estampes n'en sont pour autant pas moins réelles pour cet homme qui y trouve toujours matière à s'enthousiasmer. A l'instar de ce personnage de Stefan Zweig le souvenir des oeuvres d'art que vous aimez conitinue de vous émouvoir sans qu'il soit besoin de les avoir en permanence sous les yeux. L'important serait donc moins la permanence matérielle des oeuvres que les émotions ressenties à leur contact.

Chacun forge sa culture personnelle au fil de ces échos mémoriels qui tissent des liens entre les méandres de notre récit de vie et les différentes oeuvres d'art rencontrées et ce  quelles que soient leur forme. A ce processus individuel s'ajoute bien entendu le dialogue plus ou moins explicite, plus ou moins hermétique, qui existe entre les artistes. En effet, ils ne cessenr d'évoquer, d'invoquer, de provoquer les productions de leurs pairs.

http://images.amazon.com/images/P/2070366685.01._SX140_SY225_SCLZZZZZZZ_.jpgDans sa nouvelle Le faux Romain Gary semble en apparence prendre le contre-pied de cet angle de vue. Dans ce texte, on découvre un riche collectionneur pour qui établir l'authencité d'une oeuvre est indispensable. Il estime que "dans un monde où le truquage et les fausses valeurs triomphent partout, la seule certitude qui nous reste est celle des chefs-d'oeuvre." Pour se venger de lui un autre collectionneur qu'il avait ridiculisé en prouvant que son Van Gogh était un faux va retourner contre lui ce culte pour l'authencité.

Pour ce faire, il  va lui faire parvenir la preuve que la beauté rare de sa femme que tout un chacun estime être un chef-d'oeuvre de la nature est également factice.,En effet, le nez de cette jeune femme "dont la finesse n'excluait pas la le caractère ni la fermeté" et qui donnait à son visage "une touche de légèreté qui le sauvait de cette froideur qui va presque toujours de pair avec la recherche trop délibérée d'une perfection que seule la nature, dans ses grands moments d'inspiration ou dans les mystérieux jeux du hasard, parvient à atteindre, ou peut-être à éviter" est en fait le fruit du travail d'un chirurgien esthétique qui a remodelé un apendice nasal fort disgracieux.

Le propre d'une oeuvre littéraire est justement de ne pouvoir être réduite à une seule interprétation. Alors peu importe que cette nouvelle extraite du recueil Gloire à nos illustres pionners. Les oiseaux vont mourir au Pérou soit lue comme une critique des faux-semblants du snobisme qui n'ont plus grand chose à voir avec l'émotion suscitée par une oeuvre d'art ou la mise en exergue des mécanismes amoureux où chacun projette sur l'être aimé ce qu'il a envie d'y voir, ou quoi que ce soit d'autre. L'essentiel est qu'elle nous pose question et nous invite à dialoguer, à échanger.


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Par christophe fétat - Publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Samedi 30 mai 2009
http://www.bibliosurf.com/IMG/arton11995.jpghttp://ecx.images-amazon.com/images/I/51QT18DJANL.jpgJ'avais d'ores et déjà abordé la question du thème de l'oeuvre d'art qui s'anime dans la littérature lorsque j'avais chroniqué une nouvelle de Greg Egan où un esthète donne vie à une femme léopard identique à celle d'un tableau de Fernand Khnopff à partir de manipulation génétique.

A priori le thème de La maison des lumières de Didier Van Cauwelaert avait donc de quoi me séduire puisque le narrateur découvre qu'il lui est possible de pénétrer à l'intérieur d'un tableau de René Magritte pour y retrouver la femme de sa vie aux plus belles heures de leur passion.

http://www.sciences-po.fr/librairie/News/images_NL5/casares.jpgSi les premiers chapitres du roman m'ont captivé car j'y voyais une sorte de réécriture de L'invention de Morel de Bioy Casares ou du Château des Carpathes de Jules Verne où un homme amoureux cherche à rester auprès d'une femme tout en sachant qu'elle n'est pas réelle, le livre m'est peu à peu tombé des mains car la description des différents procédés utilisés pour provoquer un retour dans le tableau n'avaient pas le charme et la force de la première aspiration dans cette toile  troublante où un ciel bleu surplombe une demeure plongée dans la nuit.

Il ne faudrait néanmoins pas jeter le bébé avec l'eau du bain. En effet, quelques gemmes jalonnent le texte. Cette mère volage qui donne des noms de prophètes à ses fils, le mystère qui entoure la femme qui le guide dans la toile. Dommage que ces gemmes ne soient pas serties à leur avantage car le surnaturel si attractif tout d'abord finit par devenir, de mon point de vue, surfait, hypertrophié. Un peu comme si un prestidigitateur dévoilait par une maladresse involontaire le fondement de son tour. Autant l'explication a posteriori de l'astuce peut renforcer l'engouement pour l'illusion qui nous a fait rêver autant sa mise à jour immédiate est frustrante et décevante.

Cependant, cette déception relative ne m'empêchera pas de continuer à observer les fenêtres allumées de L'empire des lumières du peintre surréaliste sur la reproduction qui orne l'un de mes murs depuis si longtemps.

Qui sait ce que je finirai par y voir...

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Par christophe fétat - Publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Samedi 16 mai 2009
http://accel6.mettre-put-idata.over-blog.com/0/04/70/51/lectures/l-elegance-du-herisson.jpgQu'est-ce qui nous décide à lire un livre ? La lecture d'une chronique sur quelque support que ce soit du moment qu'il ait nos faveurs plus ou moins snobinardes ? La recommandation enthousiaste d'un proche dont l'avis compte et la vie conte ?
Le souvenir ému de la lecture des autres livres d'un auteur qui nous a touché ? La quatrième de couverture qui nous a mis en appétit comme le fumet d'un plat nous invite à le déguster sans plus attendre  ?

Lorsque je suis tombé sur L'élégance du hérisson de Muriel Barbery dans les rayonnages de la médiathèque de mon quartier, j'ignorais que c'était un best-seller faute de lire les revues spécialisées idoines,

Pour tout dire,  j'ai d'abord cru que le nom de l'auteur était Bartleby comme ce scribe de Melville à l'inquiétante étrangeté qui ne cesse de répéter qu'il ne ne préfèrerait pas  sans jamais commenter le pourquoi du comment de sa démarche

Cette confusion levée, c'est le titre en forme d'oxymoron qui a suscité mon intérêt et m'a donné envie d'en savoir plus. Comme quoi parfois...

Toute l'histoire se déroule dans un seul bâtiment à la manière de La vie mode d'emploi de Georges Pérec. On découvre les habitants de cet immeuble cossu de la rue de Grenelle où les chats portent le nom de personnages de Tolstoï ou celui d'un grammairien censé distiller le bon usage.

Au travers du regard croisé d'une adolescente surdouée suicidaire et d'une concierge autodidacte on passe en revue les différentes familles bourgeoises qui l'occupent. Au fil des pages, Paloma et Renée louvoient entre la critique haineuse à la compassion fraternelle.

Les deux narratrices partagent une langue châtiée parfois plaisante parfois irritante, des lectures érudites parfois pédantes parfois pertinentes, mais aussi le désir viscéral de masquer à leur entourage bourgeois bourré de préjugés et de stéréoptypes leur for intérieur.

Leurs réflexions oscillent entre l'humour glacial et le propos philosophique entre deux diatribes sur la vacuité de l'existence de leurs voisins . Chacune à sa manière cherche à donner du sens à sa vie, à dépasser le cynisme qui la ronge ce qui néanmoins ne la rend pas forcément sympathique pour autant.

Elles" supplie[nt]"le sort de [leur] accorder la chance de voir au-delà [d'elles-mêmes] et de rencontrer quelqu'un".

http://www.gech.ch/Livres_LET_Images/ldi1542p-let-perec.jpgMais y parviennent-elles vraiment ? On est en droit d'en douter.

Peut-on appliquer au livre de Muriel Barbery l'analyse de la jeune Paloma sur Renée sa concierge ? : "Mme Michel, elle a l'élégance du hérisson : à l'extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j'ai l'intuition qu'à l'intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes."

J'avoue rester indécis. Il y aurait beaucoup à dire et à redire sur ce qui est affirmé en plein ou en creux sur les différentes classes sociales dans ce livre. Le deus ex machina  que représente l'arrivée dans l'immeuble d'un riche Japonais m'a laissé perplexe car on passe du pamphlet au conte de fée moderne avant de retomber dans le pathos.

Il me faudra donc le relire dans quelques temps pour me faire une opinion plus construite.

NB du 18 juin 2009 :

J'avais eu vent qu'une adaptation à l'écran du roman était prévue avec Josiane Belasko dans le rôle de la concierge, c'est confirmé mais pour l'heure je n'ai pas encore eu l'occasion de voir le film et partant de juger de sa fidélité avec l'esprit du livre. En attendant voici la bande annonce :








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Par christophe fétat - Publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Jeudi 30 avril 2009
http://www.culture-sf.com/forum/critiques/couvertures/Bref-rapport-sur-une-tres-fugitive-beaute.jpgL'actualité autour de la pandémie imminente de grippe H1N1 annoncée par la phase 5 déclarée par l'OMS me fait penser à Bref rapport sur une très fugitive beauté de Jérôme Leroy.

Allez savoir pourquoi !
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Par christophe fétat - Publié dans : Lire l'actualité

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