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Jeudi 29 octobre 2009
http://img.ozap.com/02521078-photo-la-mise-a-mort-du-travail.jpgIl y a quelques temps j'évoquais Putain d'usine, un reportage d'Alain Pitten et Rémy Ricordeau tiré du livre de Jean-Pierre Levaray, ouvrier dans une usine de produits chimiques Jusqu'ici c'était un des rares reportages qui osait décrire les souffrances générées par le salariat.

La chape de plomb de l'omerta et de la peur du chômage semble commencer à s'entrebailler telle une boîte de Pandore.  Avec le nombre de suicides dans les grandes entreprises qui  ne cesse d'augmenter, ceux qui préféraient parler de fragilité d'individus et se refusaient à entrevoir une quelconque responsabilité du management doivent revoir leur copie. N'en déplaise à certains ce n'est pas une "mode" mais l'expression d'une réelle souffrance. La série documentaire de Jean-Robert Viallet donne à voir ce que beaucoup pour ne pas dire tous subissent peu ou prou au quotidien.

Ceux qui auraient raté ces reportages peuvent en revoir quelques extraits sur le site de France 3 ou sur le site sur videoaujourdhui.com. Par ailleurs, sur le site de l'Humanité on trouve un entretien avec le réalisateur qui donne quelques clés pour comprendre la série documentaire : la volonté des managers de mettre en place un simulacre d'esprit collectif pour mieux assoir l'individualisation du personnel. Chacun devenant, de fait , le capot de ses collègues. Tout est fait pour que le collectif ne soit pas dangereux pour l'entreprise et pour  que l'individu reste soumls aux desideratas des dirigeants. Sur le site de Télérama on trouve une vidéo où le réalisateur décortique trois scènes du documentaire dont celle de la formation des cadres où pour augmenter la productivité on les enjoint à jouer sur les sentiments, sur la prescription des rapports sociaux au sein de l'entreprise. Autant d'éléments pour appréhender la violence discrète, diffuse dénoncée par Jean-Robert Viallet.

Pour conclure ce qu'il dit au journal Libération «Ce ne sont pas pas les êtres humains qu’on accuse, mais les systèmes auxquels les humains collaborent.» est une invitation à chercher comment nous pourrions travailler tous, moins et autrement.


Résumé de la première partie

En France, 3 salariés sur 4 travaillent dans les services. S’il  y a une crise du travail, c’est donc de là qu’il faut l’observer. Nous nous sommes installés dans une entreprise anodine, une entreprise comme il en existe aujourd’hui des dizaines de milliers dans le monde : Carglass. Mondialisée, standardisée, Carglass est une filiale du groupe anglais Belron présent dans plus de 30 pays du monde. Ici, deux credo : une productivité maximale et un client roi totalement satisfait… Deux notions qui, aujourd’hui, dans toutes les entreprises de services du monde, imposent la mise en place d’un management de la manipulation..
 

Résumé de la deuxième partie

Alors que la crise fait vaciller le capitalisme financier, La Dépossession raconte l’extraordinaire pouvoir des actionnaires sur le travail et les travailleurs. L’histoire nous transporte d’une usine Fenwick – un fabricant industriel de matériel de manutention implanté dans le centre de la France – jusqu’aux arcanes de la finance new-yorkaise. Petite entreprise française née il y a 150 ans, Fenwick est racheté en 2006 par l’un des financiers les plus redoutés des États-Unis, Henry Kravis. Un homme à la tête du fonds d’investissement KKR, dont les ventes annuelles dépassent celles de Coca-cola, Disney et Microsoft cumulées. Avec ce rachat, pour les salariés français de Fenwick, la donne va radicalement changer. Cette même histoire se déroule dans des dizaines de milliers d’entreprises à travers le monde…

Pour compléter cette approche du travail de Jean-Robert Vaillet on pourra visionner le reportage un peu plus ancien de Jean-Michel Carré "J'ai (très) mal au travail" que l'on peut trouver sur Dailymotion. Ci-dessous une interview de Jean-Michel Carré et le début de son documentaire :



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Par christophe fétat - Publié dans : Lire l'actualité

Dimanche 4 octobre 2009
http://www.radins.com/troc/photos/754228.jpghttp://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/4/8/1/9782070309184.jpgCe n'est un secret pour personne, la population veillit du fait des progrès de la médecine et de l'amélioration relative des conditions de vie.

En sera-t-il toujours de même dans quelques années au vu des effets de la crise qui touche de façon particulièrement cruelle nos aînés les plus démunis ?

En effet de plus en plus d'entre eux sont contraints de renoncer à se chauffer ou à se soigner pour garder de quoi se nourrir ou se loger. Quand ils ne doivent pas soutenir financièrement leur famille avec leur maigre retraite.

Depuis longtemps la littérature s'interroge sur la place des séniors dans notre société. En voici quelques exemples :

Dans le recueil de nouvelles K de Dino Buzzati, on trouve une nouvelle Les chasseurs de vieux où les jeunes gens font la chasse aux séniors. Sachant que les jeunes considèrent dans ce texte qu'une personne est vieille au-delà de quarante ans ! La chute est intéressante puisque l'un des chasseurs prenant de l'âge à son tour, de chasseur devient chassé et partant devra mesurer l'imbécilté de ses choix passés !

http://a10.idata.over-blog.com/223x333/1/60/43/21/Affiches--couvertures/jonquet_mon_vieux.jpgBernard Werber a repris ce thème de la nouvelle de Buzzati dans La dernière révolte, une de ses nouvelles du recueil L'arbre des possibles, Le centre de détente Paix et douceur (CDPD) venant chercher les retraités dénoncés par la vindicte populaire soucieuse d'égaliser les comptes de la sécurité sociale qui peu à peu supprime tous les soins pour les plus de soixante-dix ans. De quoi faire frémir à l'heure où la classe politique cherche à diminuer par tous les moyens le déficit de la sécurité sociale en déremboursant de plus en plus de médicaments et en augmentant le forfait hospitalier !

Les personnes âgées y sont purement et simplement euthanisiés par injection létale au prétexte d'un vaccin contre la grippe après un léger temps de latence au cas où la famille changerait d'avis. Aussi certaines prennent-elles le maquis pour résister à cette société eugéniste.

http://genma.free.fr/IMG/jpg/ArbrePossibleWerber.jpgA contrario, on pourra lire Globalia de Jean-Christophe Ruffin qui montre une société gérontocrate décidée à limiter de manière drastique les naissances.  De plus pour légitimer ses lois liberticides.elle n'hésite pas à faire d'un jeune homme l'ennemi intérieur.

Mon vieux du regretté Thierry Jonquet ne remet pas en cause la nécessité de prendre en charge les plus vieux d'entre nous. Néanmoins ce roman sombre et pourtant brillant pose la difficile question du bienfondé du devoir filial pour les personnes qui ont été  maltraitées ou abandonnées par l'un ou l'autre de leurs parents.

http://www.decitre.fr/gi/09/9782844203809FS.gifAlain Colmont, l'un des personnages principaux, est d'autant moins enclin à répondre à l'injonction qui lui est faite par l'administration de subvenir aux frais de santé de son père amnésique que ce dernier l'a abandonné à la naissance et qu'il doit d'ores et déjà financer les opérations de chirurgie pour sa fille défigurée dans un accident de scooter.

Dans un registre plus humoristique mais qui n'est pas sans poser là aussi des questions de fond sur les relations intergénérationnelles, on pourra lire le succulent petit roman de Thomas Scotto Ma grand-mère en container publié aux éditions Thierry Magniez où un enfant veut faire avaler à sa soeur que leur grand-mère qui sera bientôt retraitée sera à n'en pas douter recyclée.

Le bobard basé sur un calembour va provoquer pas mal de quiproquos et de situations imprévues difficilement contrôlables par le petit menteur.

Recto LA BALLADE DE NARAYAMA (51Ko)Jo me signale dans les commentaires la référence cinématographique suivante :

 Dans le même genre, quoique d'une autre lignée, j'ai été très marqué par la Ballade de Narayama, film japonais de Shōhei Imamura, Palme d'Or du festival de Cannes en 1983, où, lorsqu'ils sont devenus une charge improductive, les plus vieux du village se font porter en haut de la montagne par leurs enfants pour y mourir. Chaque famille s'emploie, selon les liens affectifs qui l'unissent, à convaincre ses parents,
soit qu'ils ne servent plus à rien, soit qu'ils sont encore nécessaires. Un film très troublant, parce que chacun se retrouve dans l'une ou l'autre des attitudes, et se demande s'il est plutôt du genre à laisser ses parents crever ou à les y pousser…
 
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Par christophe fétat - Publié dans : Chronique de roman ou de recueil de nouvelles

Mercredi 9 septembre 2009
http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/5/0/2/9782849901205.jpg http://www.librairiepantoute.com/img/couvertures_300/a-vos-marx-prety.jpgJ'ai appris trop tard que Jérôme Leroy dédicaçait ses deux derniers livres sur le stand du PCF de la braderie de Lille le samedi 5 septembre dernier. Rien d'étonnant pour ce romancier qui n'a jamais fait mystère de ses engagements politiques.

Tant pis pour moi, cela m'apprendra à ne pas aller sur son blog Feu sur le quartier général assez régulièrement ces derniers temps.

Néanmoins, j'ai pu m'y rendre le lendemain pour acheter son hommage romanesque à Frédéric Fajardie. Tous les exemplaires de sa version des frasques de Gabriel Lecouvreur, alias le Poulpe, créé par Jean-Bernard Pouy étaient d'ores et déjà vendus ! Mais depuis j'ai réussi à m'en procurer un ailleurs.

Avec la reprise du travail, il va me falloir lutter contre le sommeil après les heures nocturnes de préparation et/ou de correction pour parvenir à les lire. Mais cette lutte sera à n'en pas douter plaisante à mener.

Par contre j'ignore quand je vais réussir à trouver le temps de les chroniquer !
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Par christophe fétat - Publié dans : Chroniques sur Jérôme Leroy

Vendredi 28 août 2009
http://www.culture-cafe.net/images/medium_qui_est_vivant.jpgAu fil de mes lectures je trouve parfois un passage qui évoque explicitement  le pouvoir, le mystère et la magie des mots.

Pour compléter cette liste voici un extrait de la contribution de Fady Stephan au recueil Qui est vivant ? célébrant en 2007  les dix ans des éditions Verticales qui ont publié entre autres l'Entre les murs de François Bégaudeau.

A l'intérieur des lettres de l'alphabet gît également une puissance de feu et de mort. Un revolver silencieux. La plupart des hommes manient avec extrême prudence cet instrument comme une harpe de lettres éoliennes poussant des murmures, de peur de s'y brûler les doigts.

Fady Stephan, Ombre et forme in Qui est vivant ? Ed. Verticales, 2007
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Par christophe fétat - Publié dans : Divers et variés

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